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Tome dix-neuvième.
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& de sélection des magistrats. Après lespropositions faites , ceux de ^assemblée quitenoient une opinion , se rangeoient d’uncôté & ceux de l’opinion contraire serangeoient de f autre: ainsi le grand nom-bre étant connu , décidoit la contestation.

Le peuple sedivifoit en tribus ou lignées;les principales étoient celles des Héraclides& des Pitanates , dont sortit Ménélas , &celle des Egides, différente de la tribu dece nom à Athènes.

Les rois des Lacédémoniens s appeîloientarchagètes , d’un nom diffèrent de celui queprenoient les autres rois de la Grece , com-me pour montrer qu’ils n’étoient que lespremiers magistrats à via de la république,semblables aux deux consuls de Rome. Ilsétoient les généraux des armées pendant íaguerre ; présidoient aux assemblées , auxsacrifices publics pendant la paix ; pouvoientproposer tout ce qu’ils croyoient avantageuxà Vêtit , & avoient la liberté de dissoudreles assemblées qu’ils avoient convoquées ,mais non pas de rien conclure fans le con-sentement de la nation ; enfin il ne leurétoit pas permis d’épouser une femme étran-gère. Xénophon vous instruira de leurs au-tres prérogatives ; Hérodote Sc Paufaniasvous donneront la liste de leur successionc’est assez pour moi d’observer , que dans laforme du gouvernement, Lycurgue se pro-posa de fondre les trois pouvoirs en un seul,pour qu’ils se servissent l’un à l’autre de ba-lance & de contrepoids ; & l’événementjustifiera la sublimité de cette idée.

Ce grand homme ne procéda point auxautres changemens qu’il méditoit, par unemarche insensible & lente. Echauffé de lapassion de la vertu , & voulant faire de fapatrie une république de héros, il profitadu premier instant de ferveur de ses con-citoyens a s’y prêter, pour leur inspirer ,par des oracles & par son génie , les mêmesvues dont il etcut enflammé. II sentit " quev les passions font semblables aux volcans,», dont 1 éruption soudaine change tout-à-„ coup le sir d un fleuve , Pie l’art ne„ pourroit détourner qu e n lui creusant un», nouveau lit. II nu t donc en usage des», passions fortes pour produire une révo-», lution subite & porter dans le cœur dut> peuple l'enthousiasme & } fi Ion peut leTmeglg,

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» dire , la fievre de la vertu >,. C’est ainsiqu’il réussit dans son plan de législation ,le plus hardi , le plus beau & le mieuxlié qui ait jamais été conçu par aucunmortel.

Après avoir fondu ensemble les troispouvoirs du gouvernement, afin que l’unne pût pas empiéter fur l’autre , il brisatous les liens de îa parenté , en déclaranttous les citoyens de Lacédémone enfans nésde l’état.C’est,dit un beau génie de ce siecle,Punique moyen d’étoufter les vices qu’au-torise une apparence de vertu , & d’em-pêcher la subdivision d’un peuple en uneinfinité de familles ou de petites sociétés ,dont les intérêts , presque toujours opposésà l’intérêt public , éteindroient à la fin dansles âmes toute espece d’amour de la pa-trie.

Pour détourner encore ce malheur , &créer une vraie république , Lycurgue micen commun toutes les terres du pays , &les divisa en 39 mille portions égales, qn’ildistribua comme à des freres républicainsqui feroient leur partage.

II voulut que les deux sexes eussent leurssacrifices réunis , & joignissent ensembleleurs vœux & leurs offrandes à chaque so-lemnité religieuse. II se persuada, par cecinstitut, que les premiers nœuds de l’ami-tié & de l’union des esprits , feroient lesheureux augures de la fidélité des mariages.

II bannit des funérailles toutes supers-titions ; ordonnant qu’on ne mit rien dansla biere avec le cadavre , & qu’on n’ornâtles cercueils que de simples feuilles d’oli-vier. Mais comme les prétentions de lavanité font fans bornes, il défendit d’écrírele nom du défunt fur son tombeau , hormisqu’il n’eut été tué les armes à la main , ouque ce ne fût une prêtresse de la religion.

I! permit d’enterrer les morts autour destemples, & dans les temples mêmes, pouraccoutumer les jeunes gens à voir souventce.spectacle , & leur apprendre qu’on n’é-toit point impur ni fouillé en passant par-destus des ossemens & des sépulchres.

II abrégea la durée des deuils , & la réglaà onze jours, ne voulant laisser dans les ac-tions de la vie rien d’inutile & d’oiseux.

r sic proposant encore d’abolirles superflui-tés religieuses, il fixa dans tous les rits dtzE ee