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Tome dix-neuvième.
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H tomme javelines, lesquelles, même du» temps de Froislàrd , les chevaliers étant» descendus à pié , rognoient pour mieux,, s’en aider au pousss. En ce temps-là les„ chevaliers croyoient que les meilleurs fers>, de lances venoient de Bourdeaiix. . . .„ Apres l’envahie, estais ou course du temps« de FroifTard , il falloit mettre pié à terre,», rogner son glaive , c'est-à-dire sa lance ,»> & d’icelui pousser tant qu’on eût renverséw ion ennemi; cependant choiíìfsantlasaute« de son harnois pour le blestèr & tuer. Et», lors ceux qui étoìent plus adroits &avoient», meilleure haleine pour durer à ce pouífis», de lance , étoient estimés les plus experts», hommes d’armes, c’est-à-dire , dextres ,», & rusés, & experts »,.

On ornoit les lances d’une banderole au-près du fer , & cet ornement avoit bonnegrâce ; c’étoit une coutume très-ancienne ,& dès le temps des croisades.

D’ordinaire , dans ces rudes chocs , leslances se fracassoient & sautoient en éclats.C’est pourquoi dans les tournois, pour direfaire un assaut de lances , on disoit rompreune lance ; ainíì le combat de cheval, quandil se faisoit à la lance , ne duroit qu’unmoment. On la j étroit après le premier choc,& on en venoit à l’épée. Guillaume Guiart,en racontant la descente de St. Louis àDamiette , dit :

uiprès le froìjjìs des lances ,

Qui jà font par terre semées yPortent mains à blanches épées ,DeJ'quelles ils s’entre-envahiffentHtaumes , & bacinets ternissent ,

Et plujieurs autres ferrures ,

Coutiaux très-perpans armures.

Quand , dans le combat de deux troupesde gendarmerie , l'une contre l’autre , onvoyoit dans l’une les lances levées , c’étoitun signe d’une prochaine déroute. C’est cequ’observe d Aubigné dans la relation de labataille de Courras. En effet, cela marquoitque les gendarmes ne pouvoient plus faireusage de leurs lances , parce qu’ils étoientserrés de trop près par les ennemis.

L’usage des lances cessa en France beau-coup avant le temps que les compagniesd’ordoiyiance fussent réduites a la gendar-

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i merle d’aujourd’hui. Et le prince Mauricel’abolit entièrement dans les armées de Hol-lande. Il en eut une raison particulière: c’estque les pays où il soutenoit la guerre contreles Espagnols , sont marécageux , coupés decanaux & de rivières, fourrés & inégaux ,& qu’il falloit pour les lanciers des pays platsdt unis , où ils pussent faire un assez grandfront, & courir à bride abattue fur la mêmeligne, des qu ilsavoient pris carrière , c’est-a-dire , des qu ils commençoient à piquer ,ce qu’ils faisoient d’ordinaire à soixante pasde l’ennemi.

Mais il eut encore d’autres raisons qui luifurent communes avec la France. Les lan-ciers , jusques à ce temps-là , étoient pres-que tous gentilshommes ; & même HenriIII, par son ordonnance de x 575 , avoitdéclaré que , non-seulement les lanciers,mais encore les archers des ordonnances ,dévoient être de noble race. Or, les guerresciviles avoient fait périr une infinité de no-blesse en France , auffi-bien que dans lespays-bas , ce qui faisoit qu’on avoit peine àrfournir de gentilshommes les compagniesd’ordonnance.

Secondement, il falloit que les lancierseussent de grands chevaux de bataille très-forts, de même taille , dressés avec grandsoin , & très-maniables pour tous les mou-vemens que demandoit le combat avec lalance. II étoít difficile d’en trouver un grandnombre de cette sorte ; ils coûtoient beau-coup d’argent, & bien des gentilshommesn croient pas en état de faire cette dépense ;les guerres civiles ayant ruiné & désolé laFrance & les Pays-bas.

Troifiomement, le combat de la lancesupposoit une grande habitude pour s’enservir, & un exercice très-írequent où I’orvélevoit les jeunes gentilshommes. L’habiletéà manier cette arme s’acquéroit dans lestournois & dans les académies ; les "lierresciviles ne permettoient plus guere depuislong-temps l’usage des tournois; & la jeunenoblesse, pour la plupart, s’engageoit dansles troupes fans avoir fait d’académie, & parconséquent n’étoit guere habile à se servirde la lance. Toutes ces raisons firent qu’onabandonna la lance peu à peu , & qu’on nes en servoit plus guere sous le régné de Henri' fV.11 ne parole point,par notre histoire,qu’il