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rer des différens états_& qualités de la lan-gue beaucoup de lumières pour le diagnos-tic & le prognostic des maladies aiguës ;mais ces signes ne font pas plus certains queles autres qu’on tire du pouls , des urines,&c. Ainsi on auroit tort de s’y arrêter uni-quement. On doit, lorsqu’on veut atteindreau plus haut point de certitude médicinale ,c’eít-à-dire, une grande probabilité, rassem-bler , combiner & consulter tous les difFé-rens signes, encore ne sont-ils pas nécessai-rement infaillibles , mais ils se vérifient leplus ordinairement.
C’est dans la couleur principalement, &dans le mouvement de la langue , que l’onobserve de l’altération dans les maladies ai-guës. i°. La couleur peut varier de bien desfaçons ; la langue peut devenir blanche,pâle , jaune , noire , livide ; d’un rougevif, &c, ou fleurie , comme l'appelle Hip-pocrate. Comme ces couleurs pourroient«dépendre de quelque boisson ou alimentprécédent, il faut avoir attention , lorsquel’on soupçonne pareille cause, de faire laverla bouche au malade ,• & quand on examinela langue, on doit la faire sortir autant qu’ilest possible , afin d’en voir jusqu à la racine;
" il est méme des occasions où il faut regarderpar-destbns , car quelquefois , remarqueHippocrate , lib. II, de morb. la langue estnoire dans cette partie , & les veines qui yfont se tuméfient & noircissent.
i°. La tumeur blanche de la langue pro-vient d’une croûte plus ou moins épaisse ,qui te forme fur la surface ; on peut s’enasturer par la vue & le tact ; cette croûteest quelquefois jaune & noire. Les moder-nes ont regardé cet état de la langue , qu’ilsont appellée chargée , comme un des prin-cipaux signes de pourriture dans les premiè-res voies, & comme une indication assuréede purger \ ils ont cru que Pestomac & lesintestins croient recouverts d’une croûtesemblable. Cette idée n’est pas tout-à-faitfans fondement, elle est vraie jusqu’à uncertain point,mais elle est trop généralisée,car dans presque toutes les maladies inflam-matoires , dans les fièvres simples, ardentes , &c. on observe toujours la langue en-duite d’une croûte blanche ou jaunâtre, fansque pour cela les premières voies soient in
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les indigestions , dans de petites incommo-dités passagères , la langue le charge ; elle’ndique aíìèz sûrement, de concert avec lesautres signes, le mauvais état de Pestomac ;mais encore dans ces circonstances il n’estpas toujours nécessaire de purger , un peude_dicte dissipe souvent tous ces symptômes;í ai même souvent observé dans les maladiesciguës, la croûte de la langue diminuer &disparaître peu a peu pendant des excrétionscritiques, autres que les selles, parl’expec-toration : par exemple , j’ai vu des cas oùes purgatifs donnés fous cette fausse i ìdi-cation , augmentoient & faifoient rembru-nir cette croûte ; enfin , il arrive ordinai-rement dans les convalescences, que cettecroûte subsiste pendant quelques jours , nequ’mfensihlement ; on agiraittrès-mal pour le malade , si on prétendoitP emporter par les purgatifs.
,, Si la langue est enduite d’une humeursemblable à de la salive blanche , vers la,, ligne qui sépare la partie gauche de la,, droite , c’eft un signe que la fièvre dimi-,, nue. Si cette humeur est épaisse, on peut,, espérer la rémission le même jour , sinon,, lo lendemain. Le troisième jour, la croûte,, qu’on observe sur Pextrêmité de la langue,,, indique la méme chose , mais moins sûre-,, ment ,,. Hippocrate , coac. prœn. cap.vij n°. z. Le véritable sens de ce pafíàgeme paraît être celui-ci : lorsque la croûtequi enduisoit toute la langue s’est restreinteà la ligne du milieu ou à Pextrêmité, c’estune marque que la maladie va cesser.
2°. La langue est couverte d’une croûtejaunâtre , bilieuse , & imprime aux alimensun goût amer , dans la jaunisse , les fièvresbilieuses & ardentes, dans quelques affec-tions de poitrine ; si la langue est jaune oubilieuse,remarque Hippocrate dans ses coa-ques , au commencement des pleurésies , lacrise se fait au septième jour.
3°. La noirceur de la langue est un symp-tôme astèz ordinaire aux fièvres putrides ,& sur-tout aux malignes pestilentielles ; lalangue dans celles-ci, noire & seche ou brû-lée adujla, est un très-mauvais signe ; il n’estcependant pas toujours mortel. Quelquefoisil indique une crise pour le quatorzièmejour ; Hippocrate, prœnot. coac. cap. vij ,
sectées, ôc qu’on soit oblige de purger, Dans | U°. z. Mais, cependant, ajoute Hippocrate