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Tome dix-neuvième.
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dans le méme article , la langue noire esttrès-dangereuse ; & plus bas il dit : dansquelques-uns la noirceur de la. langue pré-sage une mort prochaine, n°. 5.

4 0 . La pâleur, la rougeur & !a lividité deîa langue dépendent de la lésion qui est dansson tissu même & non de quelque humeurarrêtée à sa surface ; ces caractères de lalangue font d’autant plus mauvais , qu’ilss’éloignent de Eétat naturel. La pâleur esttrès-pernicieuse , sur-tout si elle tire sur leverd , que quelques auteurs mal instruits onttraduit par jaune. 2 0 . Si la langue , dit tou-jours Hippocrate, qui a été au commence-ment seche en gardant sa couleur naturelle,devient ensuite rude & livide , & qu’elle sefende , c’est un signe mortel ; coac.prœnot.cap. vij. Si dans une pleurésie il se formedès le commencement une bulle livide furla langue , semblable a du fer teint dansj’huile , la maladie se résout difficilement,la crise ne se fait que le quatorzième jour,&âls crachent beaucoup de sang. Hippocrate,ibid. cap. xvj, n°. 6.

On a observé que la trop grande rougeurde la langue est quelquefois un mauvais signedans l’angine inflammatoire &. Ia péripneu-m.onie ; cette malignité augmente & se con-firme par d’autres signes. Hippocrate a vucet état de la langue suivi de mort au cin-quième jour, dans une femme attaquée d’an-gine , ( epidem. lib. III ,secl. I. ) , & auneuvieme jour dans le fils de Bilis ( ibid.lib. vij text. z 9.) Cette rougeur est souventaccompagnée d’une augmentation considé-rable dans le volume de la langue ; plusieursmalades qui a voient ce symptôme sontmorts ; cette enflure de la langue , accom-pagnée de fa noirceur , est regardée commeun signe mortel. Tel fut le cas d’une jeunefemme dont Hippocrate donne l’histoire,(.epid. lib. V, text. $3. J, qui mourutquatre jours après avoir pris un remede vio-lent pour fe faire avorter.

2°. Le mouvement de la langue est viciédans les convulrions, tremblemens , para-lysie , incontinence de cette partie : tousces symptômes survenans dans les maladiesaiguës, font d’un mauvais augure ; la con-vulsion de la langue annonce i’aliénationd’esprit ( coac. preen. cap. it. n °. 2.4. )Lorsque le tremblement succédé à la séche-

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resse de la tangue , il est certainement mor-tel. On sobíèrve fréquemment dans lespleurésies qui doivent se terminer par lamort : Hippocrate semble douter s’il n’indi-que pas lui-même une aliénation d’espritj (ibid. cap. vij , n°. $. ) Dans quelques-uns ce tremblement est suivi de quelquesselles liquides. Lorsqu’il se rencontre avecune rougeur aux environs des narines fanssignes ( critiques ) du côté du poumon , ilest mauvais ; il annonce pour lors des pur-gations abondantes & pernicieuses (n°. 3.)Les paralysies de la langue qui surviennentdans les maladies aiguës , font suivies d’ex-tinction de voix : voye\ Voix. Enfin , lesmouvemens de la langue peuvent être gênéslorsqu’elle est seche , rude , âpre, aspera ;* lorsqu'elle est ulcérée, pleine de crevastls.S La sécheresse de la langue est regardée| comme un très-mauvais signe, sur-tout dansj; l’esquinancie ; Hippocrate rapporte qu’unel femme attaquée de cette maladie, qui avoir' la langue seche , mourut le septieme jour,j ( epid. lib. III. ) La soif est une suite ordi-naire de cette sécheresse, & il est bon qu’onl’observe toujours ; car si la langue étoit se-che sans qu’il y eût soif, ce seroit un signeafíùré d’un délire présent ou très-prochain ;le rudesse, l’ápreré de la langue, n’est qu’unf degré plus fort de sécheresse.Hippocrate sur-| nomme phre'ne'tiques les langues qui font; seches & rudes, faisant voir par-là que cetjj état de la langue est ordinaire dans la phré-jj nésie (prorrhet. lib. I , fecí. z. n°. 3.) 11 faut1 prendre garde de ne pas confondre la séche-f reste occasionnée par bienfait immédiat de

Í l’air, dans ceux qui dorment la bouche ou-verte , avec celle qui est vraiment morbifi-que ; & d’aìlleurs,pour en déduire un prog-nostic fâcheux ; il faut que les autres signesconspirent, car sans cela les malades , avecune langue seche & ridée , échappent desmaladies les plus dangereuses , comme il estarrivé à la fille de Laristà ( epid. lib. I,sedl.7.) La langue qui est ulcérée, remplie decrevasses, est un symptôme très-fâcheux Sctrès-ordinaire dans les fievres malignes.Profper Alpin assure avoir vu fréquemmentdes malades guérir parfaitement malgré cesigne pernicieux. Rasis veut cependant queles malades qui ont une fievre violente , âcla langue chargée de ces pustules, meurent