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Tome dix-neuvième.
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L AN ( .

au commencement du jour suivant. La lin-gue ramollie sans raison & avec dégoût aprèsune diarrhée , & avec une sueur froide ,préjuge des vomiílemens noirs ; pour lors lalassitude est d’un mauvais augure;Hippocra-te coac. prœnot. cap. vij. n°. sj.. Si la lan-gue examinée paroît froide au toucher, c’estun signe irrévocable de mort très-prochai-ne, il n’y a aucune observation du contraire.Riviere en rapporte n ne qui lui a été commu-niquée par Paquet,qui confirme ce que nousavançons. Baglivi aílùre avoir éprouve quel-quefois lui - même la réalité de ce pro-gnostic.

Tels font les signes qu'on peut tirer desdifférer.s états de la langue ; nous n’avonsíìiit pour la plupart que les extraire fidelle-ment des écrits immortels du divin Hippo-crate : cet article n’est presque qu’une expo-sition abrégée & historique de ce qu’il nousapprend là-dessus. Nous nous sommes biengardés d’y mêler aucune explication théo-rique , toujours au moins incertaine ; onpeut , si l’on est curieux d'un peu plus dedétail, consulter un traité particulier fait,ex profeJso,í ur cette matière,par un nomméProthus Casulanus , dans lequel on trou-vera quelques bonnes choses , mêlées &enfouies fous un tas d'inutilités & de ver-biages. Art. de M. Ménuret.

LANGUE , ( Gramm. ) après avoircensuré la définition du mot langue , don-née par Furetiere , Frain du Tremblay ,( Traité des langues , c h. ij. ) dit que « ce« qu’on appelle langue , est une fuite ou unjj amas de certains ions articulés, propres à» s’unir ensemble , dont se sert un peuple« pour signifier les choses , & pour se com-« muniquer ses pensées ; mais qui font in-« différons par eux-mêmes à signifier unew choie ou une pensée plutôt qu’une autre ».Maigre la longue explication qu’il donneensuite des diverses parties qui entrent danscette définition , plutôt que de la défini-tion même & de l’ensemble , on peut direque cet écrivain n’a pas mieux réussi queFurcticrc 3. nous donner une notion précise& complette de ce que c’est qu’une langue.Sa définition n’a m brièveté , ni clarté , nivérité.

Elle pèche contre la bneveté , en ce1.^ A rUtff>lnDner dans un n-nr.

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grand détail l’effence des sons articulés, qutne doit pas être envisagée si explicitementdans une définition dont les sons ne peuventpas être l’objet immédiat.

Elle pèche contre la clarté , en ce qu’ellelaisse dans l’esprit sur la nature de ee qu’onappelle langue> une incertitude que fauteurmême a sentie , & qu’il a voulu dissiper parun ^|| a P* î: J e en rier d’explication.

Elle pèche enfin contre la vérité , en cequ eue presente Pidée d’un vocabulairephitot que d’une langue. Un vocabulaire estvéritablement la suite 011 l’amas des motsdont se sert un peuple , pour signifier leschoses & pour se communiquer ses pensées.Mais ne faut-il que des mots pour constituerune langue ; & pour la savoir , suffit-il d’enavoir appris le vocabulaire ? Ne faut-il pasconnoître le sens principal & les sens acces-soires qui constituent le sens propre queP-usage a attaché à chaque mot ; les diverssens figurés dont il les a rendus susceptibles;îa maniéré dont il veut qu’ils soient modi-fiés , combinés & assortis pour concourir àP expression des pensées ,* jusqu’à quel pointil en assujettit la construction à l’ordre ana-lytique ; comment, en quelles occurrences,&. à quelle fin il les a affranchis de la servi-tude de cette construction ? Tout est usagedans les langues ,• le matériel & la significa-tion des mots , l’analogie & l’anomalie desterminaisons, la servitude ou la liberté desconstructions , le purisme ou le barbarismedes ensembles. C’est une vérité sentie partous ceux qui ont parlé de l’usage ; mais unevente mal présentée , quand on a dit que1 usage étoit Je tyran des langues. L’idée detyrannie emporte chez nous celle d’une usur-pation injuste & d’un gouvernement dérai-sonnable ; & cependant rien de plus justeque l’empire de l’usage sur quelque idiomeque ce soit, puisque lui seul peut donner àla communication des pensées, qut est l’ob-jet de la parole., ^universalité nécessairerien de plus raisonnable que d’obéir à sesdécisions, puisque sans cela on ne seroit pasentendu, ce qui est le plus contraire à la des-tination de la parole.

L’usage n’est donc pas le tyran des lan-gues ; il en est le législateur naturel, né-

- r - - - 1 ceslaire , & exclusif ; ses décisions en font

qu’elle s’attache 3 développer dans un trop j P essence ; & je _dírois,d’après cela, qu’une