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M. Bayle s’est appliqué fur-tout à ruinerFargument pris du sentiment vif que nousavons de notre Liberté. Voici fes raisons :,, Disons atiílì que le sentiment clair Lt net», que nous avons des actes de notre volon-,, té ne peut pas faire discerner si nous», nous les donnons nons-mêmes , ou si», nous les recevons de îa même cause qui», nous donne 1' xistence : il faut recourir», à la réflexion pour faire ce discerne-», ment. Or, je mers en fait que par des mé-», dirations purement philosophiques on ne», peut jamais parvenir à une certitude», bien fondée que nous sommes la cause», efficiente de nos volitions ; car touten personne qui examinera bien les choses,», connoîtra évidemment que si nous n’étions», qu’un sujet purement passif à l’égard de», la volonté , nous aurions les memessen-», timens d’experience que nous avons lors-», que nous croyons être libres. Supposez,», par plaisir, que Dieu ait réglé de tefle» forte les loix de l’union de Pâme & du», corps , que toutes les modalités de Pâme», soient liées nécessairement entr’elles», avec Pinterposition des modalités du cer-», veau , vous comprendrez qu’il ne vous», arrivera que ce que nous éprouvons,- il», y aura dans notre ame la même fuite de», pensées depuis la perception des objets», des sens , qui est la premiers démarche,», jusqu’aux volitions les plus fixées ,», qui font la derniere démarche. 11r> y aura dans cette fuite le sentiment», des idées , celui des affirmations , celui», des irrésolutions , celui des velléités , &», celui des volitions : car soit que Pacte», de vouloir nous soit imprimé par une», cause extérieure, soit que nous le pro-», duisions nous-mêmes , il fera égalementf) vrai que nous voulons, & que nous sen-„ tons ce que nous voulons; & comme», cette cause extérieure peut mêler autant», de plaisir qu’elle veut dans la volition», qu’elle imprime , nous pourrions sentir„ quelquefois que les actes de notre volonté„ nous plaisent infiniment. ... Ne com-», prenez-vous pas clairement qu’une gì-», rouecte à qui l’on imprimerait toujours», tout-à'la-foisle mouvement vers un cer-« tain point de l’horizon, &Penvie de se», tourner de ce cóté-Ià, seroit persuadée
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,, qu’elle se mouvrait d’elle-méme pour„ exécuter les désirs qu'elle formeroit ? Je„ suppose qu’elle ne saurai t point qu’il y» eût des vents, ni qu’une cause extérieure,, fîc changer tout-à-la-sois & fa situation„ & fes désirs. Nous voilà naturellement„ dans cet état , &c. »,
Tous ces raisonnemens de M. Bayle fontfort beaux , mais c’est dommage qu’iìs nesoient pas persuasifs ; ils confondent les nô-tres ; & cependant je ne fais comment ilsne font aucune impression fur nous. Hébien, pourrais-je dire à M. Bayle } vousdites que je ne fuis pas libre : votre propresentiment ne peut vous arracher cet aveu,,Selon vous,il n’efl pas bien décidé qu’il soitau pur choix & au gré de ma volonté de re-muer ma main ou de ne pas la remuer : s’ílen est ainsi, il est donc déterminé nécessai-rement que d’ici à un quart-d’heure je leve-rai trois fois la main c!e fuite , ou que je nela laverai pas ainsi trois fois. Je ne puis doncrien changer à cette détermination néces-saire ? Cela supposé , en cas que je gagepour un parti plutôt que pour l'autre , jene puis gagner que d’un côté. Si c’est sérieu-sement que vous prétendez que je ne suispas libre, vous ne pourrez jamais sensémentrefuser une offre que je vais vous faire : c’estque je gage mille pistoles contre vous une,que je ferai, au sujet du mouvement de mamain , tout le contraire de ce que vous ga-gerez ; & je vous laisserai prendre à votregré l’un ou l’autre parti. Est-st offre plusavantageuse ? Pourquoi donc n’acccpterez-vous jamais la gageure fans passer pour fou& fans l’être en effet ? Que si vous ne la ju-gez pas avantageuse , d’où peut venir ce ju-gement , sinon de celui que vous formeznécessairement & invinciblement que je fuislibreen forte qu’il ne tiendrait qu’à moide vous faire perdre à ce jeu , non - seule-ment mille pistoles la premiere fois quenous les gagerions, maïs encore autant defois que nous recommencerions la gageure,Anx preuves de raison & de sentiment ,nous pouvons joindre celles cjue nous four-nissent la morale & H religion. Otez laliberté , toute la nature humaine est ren-versée, & il n’y a plus aucune trace d’ordredans la société. Si les hommes ne sont paslibres dans ce qu’ils font de bien & de mal,