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Tome Ier.
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toit péché que dans les expres-sions , & que ses intentions pou-voient être bonnes , ii les termesne l’étoient pas. >> Lorsqu 'Abailard( dit M. Pluquet ) » eut embrassé la» vie religieuse, il s’attacha prin-» cipalement à la théologie. Ses», disciples le prièrent de joindre„ aux autorités qui prouvent les» dogmes de la Religion , des ex-» plications qui rendiffët ces dog-» mes intelligibles à la raison. Ils», lui représentèrent, qu'il étoit» inutile de leur donner des pa-ir rôles qu’ilsn’entendoient point;

» qu ’on ne pouvoit rien croire fans»> l’avoir auparavant entendu ; 8c»» qu’il étoit ridicule d’enscigner» une chose dont ni celui qui» parloir, ni ceux qui l’écoutoient« n’avoient point d’idée. Ils ajou-» toient que le Seigneur lui-mê-« me avoir censuré ces maîtres-là,

« comme des aveugles qui con-» duisoient d'autres aveugles... Tel» étoit le goût général de la Na-» tion, & ce goût ne s’étoit pas» toujours contenu dans ses jus-» tes bornes. Quelques philolo-» phes, parce qu’ils sçavoient faire« un syllogisme, se croyoient en» droit d’examiner & de décider« souverainement de tout. Ils» croyoient , en faisant un syllo-» gisme, approfondir tout , éclair-» cirmême tous les Mystères, &

» ils avoient attaqué le dogme de« la Trinité. Abailard , déterminé>> par ces considérations , 8c peut-« être par son propre goût, en-» treprit d’expliquer les Mystères« & les vérités de la Religion ,de» les rendre sensibles pardescom-» paraisons ; de combattre , par» l’autorité des philosophes & par» les principes de la philosophie ,» les difficultés des dialecticiensl’^qui attaquoient la Religion. »Mais ayant plus de sagacité queste clarté dans l’esprit , il se servit

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d expressions qui fournirent à sesennemis des sujets de plainte. Ce-pendant , comme il se croyoit in-nocent , il voulut poursuivre sonappel au saint-siège , & partit pourRome. En passant à Cluni, Pierrele Vénérable , abbé de ce monas-tère, homme éclairé & compatis-sant, le retint dans fa solitude &entreprit la conversion. 11 en vintà bout par fa douceur & f a pié-té il peignit son repentir au pa-pe , 6c obtint son pardon. 11 tra-vailla en mêir.e-tems à le réconci-lier avec S. Bernard , 6c y réussit...Quoiqu 'Abailard fût entré dans lecloître, plutôt par dépit que parpiété, ses Lettres à Hilóise semblentattester qu’il ne tarda pas à pren-dre l’esprit de cet état. Cette ten-dre amante étoit alors auParadet.C’étoit un oratoire que son amantavoir bâti près de Nogent-sur-Sei-ne en i lax, à l’hûnneur de la Tri-nité, Hcloïse y vivoit saintementavec. plusieurs autres religieuses.Abailard , marchant fur les tracesde son épouse , t.ouva dans le mo-nastère de Cluni la paix de l’ame,que les plaisirs 6c la gloire n’a-voient pu lui procurer. Devenutrès-infirme , il fut envoyé au mo-nastère de S. Marcel près de Châ-lons-sur-Saône , & y mourut le 21Avril 1142,à 6} ans. Hcloïse i.e-manda les cendres d 'Abailard , 8cles obtint. Abailard le lui avoitpromis de son vivant, afin qu 'Hc-loïse 8c ses religieuses se crussentplus obligées en recevant ses dé-pouilles mortelles , à prier pour lerepos de son ame. « Alors,(disoit-ilà Hcloïse dans une ses Lettres , )» vous me verrez, nonp r répandre» des larmes; il n’en fera plus tems.» Versez-en aujourd'hui pour étein-» dre desfeux criminels. Vous me» verrez alors pour fortifier votre» piété par l'horreur d’un cada-» vre ; 8c ma mort, plus éloquents;

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