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sciences & pour les lettres, trou-vèrent en lui mi appui & un guide;& l’ingratitude de quelques-uns neptit 1 empêcher de se livrer à soncaractère officieux. Ami ferme 6ccourageux , il sçut parler en faveurde quelques philosophes punis oupersécutés, en homme qui atten-tion peu de la faveur 6c qui fçavoitbraver la malignité. On peut mê-me lui reprocher d'avoir trop favo-rise les entreprises de Voltaír^ con-tre la religion 6c ses défenseurs, Scd’avoir coiicrrbue , peut-être fansle vouloir, a l’anéantilTcment desbons principes & à la corruptiondes moeurs. Sa conversation ctoitinstructive & quelquefois saillante.On lui attribue divers bons-mots:telle est fa réponse à l’abbé de Foi-fe ion , qui se plaignoit qu’on luiprêtoit beaucoup de sottises...
, Monsieur i on nt prête qu’aitx ri-ches. Mais , en plaisantant, il sçutfaire du bien. Abandonné dès saplus tendre enfance, comme nouslavons déjà dit, aux foins d'unefemme qui le nourrit 8cfélevajuf-qu’à l’àge de quatre ans , il conser-va pour elle la sensibilité d’un filstendre 6c reconnoiss.mt. LorsqueMad. de T*** apprit que i'Alemhentrès-jeune encore étoit déjà unaigle en géométrie , elle le fit-ve-nir chez elle , le caressa beaucoup& lui découvrit le mystère de fanaissance. Que medites-v&is-là. Ma-dame, s’écria-t-il ? Ah ! vom rictesqu une marâtre ; c ’est la vitriére qui esti-ma mere. Prefqu’aufortir du collè-ge, il alla demeurer avec cette mered’adoption 6c y resta près de trenteannees.Tl n’cn sortit qu’en 176; ,après une longue maladie, par leconseil de M. Bouvard, qui lui re-présenta la nécessité de chercherun logement plus sain. Ces mêmessentiments de reconnoissance fen-gagerent à dédier ses ouvrages àdeux ministres disgraciés, tandis
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que ceux qui avoient été leurs cour-tisans les plus assidus dans le temsde leur faveur, les oublioient oules dechiroient. Le premier de cesministres étoit le comte d'AigcnJbn ,á qui d’Alcmíert a volt étéredeva-» ble de la pension de douze centslivres que le roi lui accorda en1756. Le second étoit M. le mar-quis d’Arpinson, frété du précédent,qui aimoit son caractère 8c qui esti-moit ses talens. Ce célèbre géomètreétoit encore dans la force de son gé-nie , lorfqu’il mourut à Paris le 29Octobre 1783. 805 principaux ou-vrages sont : I. Ses Mélanges de Lit-térature , d'Histoire £• de Philosophie ,
5 vol. in-12 , plusieursfois réim-primés. Ce recueil est à la portéede tous les lecteurs, quoique lesmatières que fauteur traite parois-sent devoir être quelquefois au-def-sosde leur intelligence. On y trou-ve le Discours préliminaire de l’/ìn-cyc/opédie ; l’Effai fur les Gcns-de-lettres,plein de vérités courageuses;cinq Ei. ges, de Bernoulli , de Tcr-raffon , de Montesquieu , de Mallet ,deDiimarsais-, les Mémoires de Chris-tine ; une Traduction de divers mor-ceaux de Tacite , réimprimée en der-nier lieu séparément en z vol. ìn-tz ; des Elcmens de Philosophie;des petites Dissertations fur diverssujets, fur l'éloqucnce, fur la poésie,sor la latinité des modernes,&c.8cc.Rien de plus satisfaisant en géné-ral que le ton de fauteur, lorsqu’ilprouve ou qu’il discute. C'est i’es-prit , qui parle toujours raison ; í(pense , 6c il fait-penser. Sa philoso-phie ferme 8c pleine de hauteur oseafficher son mépris ou son estime ,mais fans blesser les bienséances ;ôc en ôtant á la vérité ce qu'elle ade révoltant , il lui laisse tout cequ’elle a de noble 8c d’utile. Unèremarque qu’on a faite , c’est que ■ses idées perdent beaucoup , si l’onemploie d’autres termes que ceux