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ainsi que le vulgaire a toujours ex-pliqué les oracles. L'empereur Ves-pafien , qui n’auroit pas dù pensercomme le peuple , regardoit pour-tant cet imposteur comme un hom-me divin , St lui demanioit des con-seils. Apollonius lui en donnoit ,avec toute la liberté que pouvoitpermettre fa réputation , fa philo-sophie, & le beau don de lire dansl’avgnir. 11 avoit déja use de cetteJiba t; dans dairres cours, Néronayant un jour cnante en plein théâ-tre dans les jeux publics, Tigcllindemanda à Apollonius , ce qu’il pen-se i t de Ner^n ?- J’en pense beaucoupplus honorablement que vous , répon-dit il ‘ t vous le cr.oye\ digne de chan -ter ,&■ moi de je tare. Le roi de Ba-bylone lui demandoit un moyenpour régner sûrement ; Apolloniuslui répondit : Aye\ beaucoup d'amis,& peu de conjìdens. Un eunuqueayant été surpris avçc une concubi-ne dumàmeroi, le prince voulutsçavoir d ’Apul onias comment il de-voir punir le coupable? En lui lais-sant la vie , répondit Apollonius ; &comme 1^ roi paroilïoit surpris decette reponse , il ajouta : S’il vit,son amour sera son supplice ... Apollo-nius fut accule de magie sous Do-mitien. Ce prince ordonna qu’on luicoupât les cheveux & la barbe : Jen’attendo’.' pas , dit Apollonius enriant, que mes cheveux & les poils dema barbe dussent Courir quelque ri/queeiant cette affaire. L’empereur, irritéde cette raillerie , commanda qu’onlui mit les fers aux pieds & auxmains , & qu’on le menât en prison :Sijesuis magicien, ajouta Apollonius,comment vicndre\-vous à bout deff en-chaîner ? Un espion de l’empereurctant venu le trouver dans la prison& feignant de plaindre son sort, luidemanda comment ses jambes pou-vaient supporter les entraves qui leserroient ? Jc n'en sçais rien , répon-dit Apollonius, Carmen ej'prit ejl ail-
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leurs. Ayant soutenu cette persécu-tion avec beaucoup de courage , ilmourut quelque tems après , vers latin d u premier siécle. On dreffa desstatues & on rendit des honneursdivins a cet homme, qui auroit res-té éternellement dans l’obscurité,s’il ne s'étoit avisé de jouer le rôlede prophète. Un nommé Damis , lefidè'e compagnon des imposturesà’Apollonius , écrivit id Vie , & de-puis 1 il i , l’hilojlrate qui vivoit 200ans après : on la trouve dans lesŒuvres de ce dernier , ainsi quequelques Lettres qu’il donne à sonhéros. Du Pin , dans son Histoired'Apollonius de Tyanes , prouve:i”. Que l’histoire de ce fourbe cé-lèbre est destituée de témoins di-gnes de foi ; 2°. Que PhiLstratc n’afait qu’un roman ; 3". Que les mi-racles attribués à Apollonius , ontdes caractères visibles de fausseté,Si qu’il 11’y en a pas un seul qu’onne puilse attribuer à l’adreíse, auhazard , ou á la supercherie : 4°.Enfin , que la doctrine de ce phi-losophe est^ contraire à la droiteraison ; ce qui doit couvrir de con-fusion les incrédules ignorans , qui,comme Hiérocl'es , oseur comparerle S impostures d 'Apollonius avec lesmiracles de J. C.
V. APOLLONIUS, sophiste,néà Alexandrie, ou qui a vécu dansl’écolede Dydimc , s’est fait-con-noître-vers la tin de la républiqueRomaine, ou fous les premiers em-pereurs , par son Lcxìcon Grcecumíliadis 6- Udyjscx , dont M. de Vil-loij'on 3 donné la première éditionavec la traduction latine, à Paris1773 , 2 vol. in-4° : ouvrage fortutile pour l’intelligence d 'tlomcre ,& qut a beaucoup de rapport à ce-lui d ' JJcjycliius.
VI. APOLLONIUS, philosopheStoïcien , natif de Chalcis , vint àRome à la prière A'Antonìn , pourêtre précepteur de Marc-Aurèle, iils