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calomnies contre ce docteur , quine dédaigna pas d’y répondre ,niais qui n’y fut pas moins sensi-ble. Une nouvelle querelle l’occupabientôt. Le V.Maiebranche y qu\ avoirembrassé des sentimens dífférensfur la grâce , les développa dansun Traite , & le fit-parvenir à Ar-ntiuld , qu’il regardoit comme sonmaître. Ce docteur , sans répondreâ Malebranche , voulut arrcter l'im-presiion de son livre ; mais n’ayautpu en venir à bout, il ne pensaplus qu’à lui déclarer la guerre, IIfit le premier acte d’hostilité en16S3. II y eut plusieurs écrits depart & d’autrc , assaisonnés d ex-pressions piquantes & de reprochestrès-vifs. JmaitlJ n’attaquoit pasle traité De la Nature & de laCrace ; mais /'opinion gîte l'on volttout en Dieu , exposée dans la Re-cherche de la vérité , qu’il avoit lui-même vantée autrefois. II intitulason ouvrage : Des vraies & des faus-ses idées. II prenoit ce chemin,quin’étoit pas le plus court, pour ap-prendre , ( disoit il ) à Malebranche,á sc défier de ses plus cheres spé-culations métaphysiques , Sc le pré-parer par-lá à se laisser plus aisé-ment désabuser sur la grâce. Ma-lebranche se plaignit de ce qu’unematière dont il n’étoit nullementquestion, avoit été malignementchoisie , parce qu’elle étoit la plusmétaphysique , & par conséquentla plus susceptible de ridicule auxyeux de la plupart du monde. Ar-n.udi en vint á des accusationsce. tainement insoutenables : que sonadversaire met une étendue ma-térielle en Dieu, & veut arrifi-cieusement insinuer des dogmesqui corompent la pureté de la re-ligion. On sent que le génie á'Ar-n.inld étoit tout-à-fait guerrier ,Sk celui de Malebranche ion pacisi-
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que. Arnauld avoit un parti nord'breux , qui chantoit victoire poutson chef, dès qu’il paroissoit dansla lice. Ses Réflexions philosophique S& théologiques sur le traité De l*Nature & de la Grâce , publiées c n1685 , le rendirent vainqueur dansl’esprit de ses partisans-, mais Ma'lebranche le fur aussi aux yeux d«ses disciples. Cette dispute dut*jusqu’à la mort A'Arnauld , arrivéeà Bruxelles le 8 Août 1691, à 8Zans. Malebranche lui avoit déclare» qu’il étoit las de donner au mon-„ de un spectacle, 8c de remplis„ le Journal des Sçavans de leurs>, pauvretés ( * ) réciproques. >, Lespartisans de Jansénius perdirent leplus habile défenseur qu’ils aientjamais eu , 8c lés Jésuites leur plusardent adversaire. Son cœur fut por*té à PortRoyal, puis transféré àPalaiseau. Les poètes les plus illus-tres , entr’autres SantcuilSí Boileati,lui firent des Epitaphes, chacundans leur langue favorite. Voictcelle de Boilcau , qui, dans cette oc-calìon , ne craignit pas de déplaireaux ennemis de Port-Royal.
Au pied <le cet autel de structuregrossière ,
Gît fans pompe, enfermé dans unevile bière,
Le plus fçavant mortel qui jamais aitécrit -,
Arnauld, qui fur la grâce instruitpar Jísvs-ChristCombattant pourl’Eglìse, a, dans l’E-glise même,
Souffert plus d’un outrage 8c plusd’un anathème.
Plein du feu qu’en son cœur soufflaI’Esprit divin ,
II terrassa Pélage, il foudroya Calvin tDe tous les faux docteurs confonditla morale ;
Mais , pour fruit de son zèle , on l'avu rebuté,
En cent lieux opprimé par la noirecabale,
(flj Ce senties expressions du P. Mdebrunche'. Yo y. le Journ, des Sfai, 1694*