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Tome Ier.
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À R tt

Errant, pauvre, banni, proscrit, per-t sécuté :

' M mémo par sa mort leur fureur mak»u éteinte ,

N ’en eût jamais laissé les cendres enrepos,

à>D>en Iui-,nêms , ici, de son ouaille

sainte ,

" ees loups dévorans n’avoit cachép es os ‘

^ et somie n’étoit né avecun espritPlus philosophique , ( dit un ecri-^ain célèbre , ) mais fa philosophie’ut corrompue par la faction qui‘^traîna. Cette faction, aussi il-l re que dangereuse , plongea pen-~ ant 60 ans , dans des controver-Í CS toujours longues St souvent'nutsses , & <] a ns i es malheurs at-telles à l’opiniâtreté , un esprittau pour éclairer les hommes. /V -Co * e , son compagnon d ermes , né9v ec un caractère plus doux Lt plus® Cc pmmodant, lui représentant qu'il®‘°st las de se battre la plume à*? main , & qu'il vouloir se repo-

, r: ■*- Vous reposer, répond im-pétueusement Arnauld ! £A ! n’att-r H'Vou s pas pour vous reposer Péter-n,t é entière ? II vécut jusqu'à 8l® ns dans Une retraite ignorée , in-'°nnu, fans fortune , même fansuomestique, lui dont le neveu avoirtte ministre d’ctat, lui qui auroitP u être cardinal. Le plailir d’écrire* n ■iberté lui tint lieu de tout. 11°nna, jusqu'au dernier moment ,‘ Exemple d’une ame forte , iné-"tanlable , & supérieure à la mau-Va ‘fe fortune. Son extérieur n’an-5 °"?oir point ce qu’il étoit. II avoirI e c orps petit & la tête fort grosse.*‘ es traits de son visage auroientan noncé la stupidité plutôt quel’es-P rit , si la vivacité de ses yeux n’a-parlé en faveur de son génie.

S ’exprimoít d'un ton fort haut,, 0r fqu’il sourenoit ses opinions. Il! t0lt cependant plus modeste , quees .ennemis n’ont voulu le faire=sro ‘re. Son frère, l'évêque d'An-

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gérs , l’ayant invité à le venir voir,il se trouva dans une voiture pu-blique où l’on parloir du livre dela Perpétuité de la Foi’, on le van*toit beaucoup : l e docteur lui seulle déprécia. Quelqu’un indigné lui

dît : C est bien à vous de vous érigeren censeur du grand Arnauld ! Et quetrouve^-vous « biámcr dans son li-vre Beaucoup de choses , réponditArnauld. On a manque tel iS* tel en-droit : on eût dû mettre plus d’crdre ,pouffer davantage U raisonnement, líparla de tout en maître, & cepen-dant personne ne fut désabusé. Lecarrosse de son frété étant venu leprendre à quelques lieues d’An-gers, on reconnut que le Zui/ed’Arnauld étoit Arnauld lui-même ;& chacun confus & étonné se ré-pandit en excuses... Arnauld , tou-jours occupé de ses études , avoirtres-peu t’usage du monde. Lors-qu'il fut question de le présenterà Louis XIV après la paix de Clé*ment IX, il alla trouver le confrè-re Bricnnc de l'Oratoire, fils dtiministre , & qui avoir été ministrelui-même. Arnauld lui confia sonignorance extrême des usages dela cour, & le pria de le mettreen état de paroître décemment.Bricnnc se mettant sur un fauteuil:„ Suppose\ , ( lui dìt-il ) , que je foisle Roi, & que vous aye^ à me ha-it rangue . n Arnauld trouva l’expé-dient très-bon$ il ôte son chapeau& sait un discours. — Fort-bien ,reprit Brienne ! Voilà tout ce quevaus avt\ à dire. Le compliment in-promptu est mis par écrit, 8c cefut celui-là même qu’ Arnauld fit auroi... Ce qu’il y a de singulier, c’estque cet homme , qu’on a cru "en-nemi des Papes, avoir de Rome lapermission de dire la messe dansfi- chambre. Ses liaisons avec cettecour étonneront lans doute ; maiselles n’en font pas moins vérita-bles. 11 entretint .{toute fa vie des

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