BER
Sens en 1140 , Sc ftt-condamnerplusieurs propositions d 'Abailard,théologien bel-efptit , qui se stat-toit d’être son rival. ( Voy. son art.tom. s,pag. 6 íi 7. ) Eugène M,son disciple, lui donna bientôt unecommission plus importante : ilécrivit à son maître de prêcher laCroisade. Cet apôtre persuada d’a-bord Louis le Jeune , roi de France.111 'engagea d’aller se battre en Asie,pour expier les barbaries qu'il avoirexercées en France. L’abbe bugers’y opposa vainement : les avis deBernard ètoient des oracles pourles princes 8c pour le peuple. Ondrefla un échafaud en pleine cam-pagne , à Vezelai en Bourgogne,fur lequel le cénobite parut avec leroi. 11 prêcha fortement, échauffales esprits. 8t tout le monde vou-lut être croisé. Quoiqu'il eût saitUne grande provision dé croix , 11fut obligé de mettre son habit enpteces, pour suppléer à l’étoffe quimanquoit. ^enthousiasme que sonéloquence inspira. fut si véhément,que Bernard écrivit au pape Eugè-ne V jus avc{ ordonné ,j’ni obéi , 6-votre autorité a rendu mon obéijfanccsruiiueuse. Les villes (r les châteauxslcviennent déserts , & [on -toit par-tout des veuves dont les maris jbnt vi-vans. On voulut charger le prédi-cateur de la Croisade, d’en être lechef ; mais, soit humilité, soir hor -reur pour le tumulte des armes , ilrefusa le tôle que Pi- r s [Hermiten’avoit pas craint de jouer. DeFrance il passa en Allemagne , dé-termina f'empereur Conrad lil âprendre la croix , 8c promit de lapart de Dieu les plus grands suc-cès. On marche de tous les côtésde l’Europe vers V A fie , &. on en-voie une quenouille 8c un fuseau àtous les princes qui aimoient assezleurs sujets pour ne pas les aban-donner. S. Bernard resté en Occi-dent . tandis q«« guerriers,
Tome II.
BER 81
fur la foi de ses prophéties , aboientchercher la mort en Orient, s’oe-cupa à réfuter les erreurs de Pierrede Bruys , du moine Raoul , qui an-nonçoit , au nom de Dieu, d’allermassacrer tous les Juifs ; à confon-dre Gilbert de la Purée ,Eun de l’£-toilc , 8c les sectateurs d’Arnaud delirejfe. Quelque tems avant fa mort,il publia son Apologie pour la Croi-sade qu’il avo t prôchee: il en re-jetta le mauvais succès ìur les de-réglcmens des soldats 8c des géné-raux qui !a composoient. llne fai-soit pas attention que la premiersCroisade avoit eu plus de succès ,quoique los Croisés eussent étéaussi peu téglés. 11 ne s’appercevoitpas , dit Fleury , qu’une preuve quin'est pas toujours concluante , nerestjamais.il appuya cette raisonpar l'exemple de Moïse ,qui, aprèsavoir tiré d Egypte les Israélites ,ne fit point entrer ces incrédules8c ces rebelles dans la terre qu’illeur avoir promise. 11 parla ensuiteavec beaucoup de modestie des mi-racles quiavoient autorise ses pré-dications 8c ses promesses. En gé-néral, dit M. Macijuer d'après le sageEltury , les avantages que procu-rèrent les Croisades, ne peuventcontrebalancer les inconvéniensqui en résultèrent. On volt par lesrelations de ces voyages, que lesarmées des Croisés ètoient non-seulemenr comme les autres ar-mées, mais encore pires , 8c quetoutes sortes de vices y régnoient,tant ceux qu’ils avoient apportésde leurs pays , que ceux qu’ilsavoient pris dans les pays étran-gers. Grand nombre d’ecclésiasti-ques 8c de moines se croisoient ,quelques-uns poussés d’un vérita-ble zèle, d’autres par l’amour del’indépendance ; tous se croyoientautorisés á porter les armes contreles Infidèles. Ces grandes entrepri-ses ne furent, ni bien concertées ,
F