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ni bien COnduites.L’induIgence plé-nière, 8c les grands privilèges quel’on accordoit aux Croisés > atti-roient une infinité de personnes. Ilsécoient sous la proteéìion de TE-glife , à couvert des poursuites deleurs créanciers , qui ne pouvoientleur rien demander juíqu a leur re-tour. Ils ëtoient déchargés des usu-res ou intérêts des sommes qu'ilsdévoient. II y avoir excommuni-cation de plein droit contrequicon-que les attaquoìc en leurs person-nes 8c enleurs biens.Mqis commentfaire-obser ver une discipline exacteà tous ces Croisés , rassemblés dedifférentes nations, & conduits pardes chefs indépendans les uns desautres, fans qu’aucun eût le com-mandement général ? 11 est vrai quele Pape y envoypit un légat;maisun eccléiiastique étoit-il capable decontenir de telles troupes? Ce futcependant ce défaut de disciplinequi aliéna totalement les Grecs, 8cles rendit les plus dangereux enne-mis des Croisés. On étoit d’ailleurslî mal instruit de l’état des paysqu’onalioit attaquer , que les Croi-sés étoient obligés de prendre desguides fur les lieux , c’est-à-dire ,de se mettre à la merci de leurs en-nemis , qui souvent les égaroientexprès & les faisoient - périr fanscombat, comme il arriva à la se-conde Croisade. (Kqy. l’art. Gode-ïroi de Bouillon, & le Discoursy P. de l’abbé Flcury )... S. Bernard ,au milieu des agitations que lui cau-sèrent ses voyages , soupiroit aprèsfa chère solitude. >> U se plaignait>» sans cesse à lui-même Sc à les amis,
( a dit Majsilíon dans son panégyri-que , ) », de la dissipation de sa vie. II" regardoit les services qu’il rendoit» au publi c , comme des prévarica-» tions à ses devoirs particuliers,— Je» ne vis plus, difoit-il, ni en ecclé-" liastîque, ni en laie : car il y a long-» tems que j e ne fais plus la vie de re-« ligieux dont je porte l’habít» Que
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» suis-jedonc?Je nefuispIusqii*cOtn :». me le prodige Sc le monstre de mon» siécle.» Enfin l’humble cénobites’étant retiré à Clairvaux, se livraaux exercices de la plus rigoureusepénitence. Son corps déja affoibliy succomba , 6c il mourut le îoAoût 115 3 , dans sa 63'année, enprésence tle beaucoup d’Evêques ôcd’Abbés qui étoient venus recueil-lir ses dernières paroles. 11 y avoit40 ans qu’il avoit fait profession àCiteaux , & 38 qu’il étoit abbé deClairvaux. II fonda ou aggrégea àson ordre, -jx monastères, en Fran-ce, en Espagne, dans les Pays-Bas,en Angleterre , en Irlande, en Sa-voie, en Italie, en Allemagne, enSuède, en Hongrie, en Banemarck,&c. &c. Sc s’H faut y comprendreles fondations faites de son temspar les abbayes dépendantes deClairvaux, on doit en compter tûo8c plus. On y compta de (on temsjufqu’à cent novices.Clairvaux futle séminaire des prélats. S. Bernardvit un de ses religieux assis fur lachaire de 5 . Pierre -, six autres dé-corés de la pourpre , Sc plus detrente de la mitre. Après la mortdu saint fondateur , l’ordre de Ci-teaux donna trois autres papes àT Eglise : Grégoire VIII , Célestm lV tBenoit XII, 8c une foule de cardi-naux & d’évêques. L’abbé de Ci-teaux a la jurifdiction ordinaire furles quatre premières abbayes, ap-pellees ses quatre filles , 8c presquetoutes aussi riches que la mereiZaFerté-sur Grone, Pontigni , Clairvaux8c Morìmont. II est le fupérieur-gé-néral de tous les monastères de sonordre, qui étoient , avant les dé-vastations du Luthéranisme 8c duCalvinisme , au nombre de 1800d'hommes, 8c de 1400 de filles.Les ordres militaires de Calatrava,d’Alcantara 8c de Monteze en EI-pagne, d’Avis 8c de Christ en Por-tugaj, le recennoissent aussi p' leur