BER
çcre spirituel...Revenons à S. Ber-nard , le principal propagateur de lagloire & de la prospérité del'ordre.« H avoit ct é donne à cet homme ex-„ traordinaire , ( dit un auteur célè-bre ) » de dominer les esprits. On le» voyoit d’un moment à l'autre >-> passer du fond de son désert au mi-" lieu des cours, jamais déplacé, fans7? titre, fans caractère, jouissant de» cetle considération personnelle qui» est au-dessus de l’autorité; simple” moine de Clairvaux , plus puissant" que l'abbé Suger, { P oy. son art. )» premier ministre de France; & con-" lervant sur le pape Eugène lll > q 111» avoit été son disciple , un ascendantn quiies honoroit étalement l'un oc» l’autre. Cependát S. Bernard n'etoit" pas un aussi grand politique, qu t" étoit un St homme 8c un bel-esprit. »Uu ecclésiastique qui a traité l’his-toire en orateur , auroit dû se bor-ner à ce portrait fait de main demaître. fans lui donner les épitWè-tes d homme bouillant , inquiet, op 1 'inflexible qui se poru.it nugrand & au ybig,,/«r, A'enthousiaste ,de déclamateur, de prétendu Prophète,«"c. S’il avoit lul’histoire de ce Saintaussi attentivement que nous, >1auroit pu y voir beaucoup de zèle ,mais en même tems beaucoup dedroiture dans ce zèle. Supposé queBernard l’ait pouffé trop loin ,tl faut s’en prendre à l'esptit dutemps , plutôt qu’à son caractère.ï,es grands-hommes ne font jamaisentiérem. au-deffus de leur siécle.{Voir un autre portrait de S .Bernarddans l’£/ûge de Suger par M, Garat •)S. Bernard fut canonisé le 18 Jan-vier H74 p ar pape AlexandreII , tic cette folemnité fut célébréeavec beaucoup pornpe.On gardesacucullea S. Viélor de Paris com-me une precieusej relique. L’Egliseen a'qui sont d’u n p\ US g ran d prixdans les Ouvrages qusi, lui a laiffés.De toutes les éditions que nous enavons , la feule qui soir consultéepar les sçavans est celle de D, Ma-
BER 8;
billon, 1690, en z vol. in-sol. ré-imprimée en 1719. Cette secondeédition est moins estimée que lapremière. L’une 8c l’autre font en-richies de préfaces 8c de notes. Lepremier vol. renferme tous les ou-vrages qui appartiennent véritable-ment à 5 , Bernard. II est divisé enquatre parties : la l" pour les Let-tres , la z', pour les Traités , lapour les Sermons fur différentesmatières, la 4'. pour les Sermons furle Cantique des Cantiques, Le deuxiè-me volume contient les ouvragesattribues à S. Bernard, Sc plusieurspièces curieuses fur fa vie Sc sesmiracles. II y a une autre éditiondu Louvre , en 164a., 6 vol. in-sol.Dom Antoine de S. Gabriel , Feuil-lant, a traduit tout S, Bernard enfrançois, Paris 1678, 1 ; vol. in-8°. La vivacité, la noblesse, l'éner-gie 8c la douceur , caractérisent lestyle de S. Bernard. II est plein deforce, d’onction 8c d agrément. IIsçait donner des louange* fans flat-terie , 8c dire des vérités sans\>f-fenser. Son imagination féconde luifourniffoit , sans effort,les allégo-ries 8c les antithèses dont ses ou-vrages sont semés. Quoique né dansle siécle des scolastiques , il n’enprit ni la méthode ni la sécheresse.II a été regardé comme le dernierdes Peres, Saint Ambroisie 8e SaintAugustin étoient les deux auteursauxquels il s’étoit attaché commeà des colonnes inébranlables.Com-mc S, Augustin il est touchant, lorsmême qu’il est antithétique. SesSermons respirent cette éloquencetendre 8c douce qui pénètre le cœur8c charme l'esprit. Les sentencesmorales qu’on recueille de ses dis-cours 8c de ses autres traités, sontnobles, vives 8c graves, 8c renfer-ment un grand sens en peu de mots.Plein de VEcriture-samte, il l’em-ploie dans piesque toutes ses pé-riodes avec presque autant de jus-: