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II. BIRON, (Charles de Gon-raulr, duc de) fils du précédent,pair, amiral & maréchal de Fran-ce , fut confident 8c favori de HenriIV. Ce monarque érigea en fa fa-veur la baronnie de Biron en du-ché-pairie. II fe distingua danstoutes les occasions. A la batailled'Ivri donnée en 1590, il comman-doit le corps de réserve. Borné par
fa position à faire bonne contenan-te , il ne fe battit point , parcequ’il ne devoir pas le faire. Sire ,dìt-il à Henri JV , qui avoit montréla plus grande bravoure dans cettejournée : Vous ave^ fait mon person-nage , & fiai fait le vôtre. Le baronde Biron , son fils , fit ausli des pro-diges de valeur. Henri IV , rrès-touché de preuves qu’il avoir don-nées de son courage , écrivit aumaréchal : Ouoi^uc vous jôye\ le pere,vous n’aime\ pas tant vetre fils puemoi . Je puis dire de lui 6* de moi : TelMaître , tel Valet. Le maréchalne fe signala pas moins aux siègesde l'ans & de Rouen, & au com-bat d'Aumale en 1594. 11 fut blesséla même année au combat de Fontai-ne-Frpnçoife. Le roi le dégagea lui-même , dans cette journée , du mi-I eu des arquebufades, le trouvanttout percé de coups d’épée. II fesignala encore contre l'Efpagneauxlièges d’Amiens , de Bourg - en-Bresse. 11 fut ambassadeur cn An-gleterre , à Bruxelles 8c en Suisse.Le roi le combla de bienfaits tmaisle maréchal eut la lâcheté de cons-pirer contre son maître. II fe liguaavec la Savoie 8t l’Espagne, qui leflrttoiencde la souveraineté du du-ché de Bourgogne & de la Franche-Comtc , q u'on devoit lui donnerpour dot d’une fille du roi d’Espa-gne,qu’oo promettoit de lui faire-epouser.Son dessein fut découvertpar un gentilhomme nommé Lafin ,qui le trahit indignement: (Voyc^y. Fevre. ) Dès que le maréchal
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fut arrêté, il désavoua les projetsqu'on lui prêtoit , 8c s’en déclaracoupable ensuite, avec une faiblessequi ne répondoit guéres au coura-ge qu’il avoir montré. II fut con-damné à avoir la tête tranchée, 8ccet arrêt fut exécuté le 3 1 Juilletlóoi. Les parensde Biron deman-dèrent fa grâce, 8c pour toucher leroi, ils parlèrent de l'ignominieque le supplice du coupable feroit-rejaillir fur eux. Henri IV répon-dit : De pareilles punitions ne désho-norent pas les familles. Je ri ai pashonte d’être descendu des Armagnacsé- ísii comte de Saint-Pol, qui ont périfur r échafaud. Biron fut décapité àla Bastille, parce qu’on redoutoitune émeute. Foible 8c furieux 1 dansles derniers instans, il ne conservapas cette dignité qui rend le mal-heur respectable. Ce maréchal étoicfort gros Sc de taille médiocre. IIavoir une physionomie funeste ,les yeux enfoncés , la tête petite 8cremplie de desseins extravagans.Sa passion pour le jeuétoit extrê-me; il y perdit, dans une année ,plus de 500 mille écus. Jamaishomme ne fut plus vain. II ne cef-foit de dire du bien de lui-même ,8c du mal des autres. II n’avoit pashonte de fe préférer aux plus grandscapitaines de l’antiquité. Henri IVdifoit des deux maréchaux de Biron,qu’íV avoir eu beaucoup à souffrir del’ivrugnerie du pere , & des incarta-des du fils. Celui-ci parloir du roifans aucun ménagement. II difoiten présence de tous les courtisans,qu’il étoit d’une avarice épouvan-table pour les choses nécessaires ,Sc d’une prodigalité fans exemplepour ses amours. Au siège d’A-miens, Biron lui dit tout haut, qu’itavoir grand tort d’y avoir amenéfa maîtresse , 8c que ce scandale fai-soit - murmurer les soldats , 8c lesrendoit moins ardens à le servir.Quelques historiens pensent malgré