Band 
Tome III.
Seite
15
JPEG-Download
 

C O L

t-ls en i;y8,& mourut dans cetteVille, le io fcvrier 1659 , à 61 ans,laissant à peine de quoi se faire en-terrer. Le cardinal de Richelieu, lemit au nombre des cinq auteursqu il avoir choisis pour la compo-sition des pìecesde théâtre. Colletetlit seul Cymindc, & travailla auxcomédies intitulées l’ Aveugle deSmyrne 8c les Tailleries. II lut Jemonologue de cette derniere pieceSu cardinal , & lorsqu’il fut àl’endroit qui commence par cevers :

La Canne s’humectant dans la tourbede Veau...

Richelieu lui fit présent de 600 liv.pour six mauvais vers quisuivoienccelui-là. Sur quoi Colleta fit cc dis-tique :

Armand, qui pour fix rers m asdonné fix cents livres,

Qjis ne puis je à ce prix te vendretous mes Livres !

En lui faisant ce présent, le cardi-nal lui dtt que les 600 francs n’é-toient que pour les six vers , qu’iltrouvoit fi beaux , que le Roi ri étaitpas ajfe{ riche pour payer le refie. Maisil ne renonça pas à son droit deprotecteur 8c de connoisseur -, ilne voulut pas paver ces vers fansles critiquer : au lieu de s 'humecterde la bourbe de Veau , il prétendit queColletée devoit mettre barboter dansla bourbe de Veau... Colletet résista àcette critique; 8c non-content d’a-voir défendu son vers eu présencedu cardinal, il lui écrivit encore àce sujet en rentrant chez lui. Com-me le cardinal achevoit de lire salettre, des courtisans vinrent lecomplimenter fur le succès des ar-mes du roi, en disant que rien nepouvoit résister à son éminence!.. Vousvous trompe leur repondit-il, enriant ; car , même à Paris , je trouvedes perfionnes qui me réfijlent. On luidemanda quels croient ces autla-Csoux J c'est Colletet , dit-il; car,

COL 15

après avoir combattu hier avec moi furun mut, il ne fie rend pas encore, €rvoilà une grande lettre qu’il vient dem’en écrire. Cette opiniâtreté n’ir-rica pas le ministre, qui continuade le protéger. Colletet eut d’au-tres bienfaicteurs. Harlay , arche-vêque de Paris, récompensa géné-reusement son Hymne sur l'Imma-culée-Conception ; il lui envoya unApollon d’argent... Colletet avoirépousé , en secondes noces, Claudi-ne, auparavant fa servante; & pourtâcher de justifier son choix auxyeuxdu public,il fit paroítre,sousson nom, plusieurs pìecesde poésie:mais les honnêtes gens sentirent sapetite ruse, & se moquèrent de laSapho supposée & du dieu mesquinqui l’inspiroit. Ce mariage, joint àdeux autres qui ne furent pas plusavantageux , aux pertes qu’il fitpendant les guerres civiles, & à soncaractère dissipateur, le réduisirentà une extrême pauvreté. Les Œu-vres de Colletet parurent en 1653»in-12 : ce sont des Odes , des Stan-ces , des Sonnets, 8c quelques ou-vrages en proses (tels qu’une tra-duction du roman d ’lfmcnc Sc Ij-menias) qui font depuis long tempsau nombre des Uvres qu’on ne lit-pins. Quelques-unes de ses Poésies,fans être du premier mérite, prou-vent de l’esprit, de la fécondité, &sont quelquefois d’une tournureagréable.

II. COLLETET, ( François) filsdu précédent, n’est gueres connuque par la place que Boileau lui adonnée dans ses Satyres. II fit ,comme son père , des vers 8c delàprose, des Cantiques spirituels, &des Pieces bachiques, amoureuses8c burlesques. Sa Muse coquette esten 4 parties in 12. II vivoit encoreen 1672.

COLLIER, ( Jcrcmie ) né àStowqui dans la province de Cam-bridge en 1656, devint lecteur de