él C O N
çà du port, est l'ancienne Byzancé,dont l’enceinte s’esi conservée jus-qu'à ce jour -, celle qui est au-delà,est la ville de Constantin , dont leplan approche aster d’un triangle.La situation de cette ville , la plusgrande de l’Europe, estenraême-temps la plus agréable & la plusavantageuse; car il semble que lecanal des Dardanelles & celui de lamer noire , aient été faits pour luiapporter les richesses des quatreparties du monde, Byzance devintla rivale de Rome , ou plutôt lui fitperdre tout son éclat ; 8e l’Italietomba dans le dernier abaissement.La misere la plus affreuse y régna,au milieu des maisons de plaisance& des palais à demi ruinés, que lesmaîtres du monde y avoient autre-fois élevés.Toutesles richesses pas-sèrent en Orient ; les peuples yporteront leurs tributs & leur com-merce , 8c l’Occident fut en proieaux barbares. Une fuite encoreplus fâcheuse de la transmigrationde Constantin , ce fut de diviserl’empire. Les empereurs d’Orient,dans la crainte d’irriter les barba-res, 8c de les attirer fur leurs do-maines , n’oserent donner aucunsecours à l’Occident. Us lui susci-tèrent même quelquefois des enne-mis, 8c donnerent une partie deleurs richesses aux Vandales 8c auxGoths, pour acquérir le droit deconsumer l’autre dans les plaisirs.Constantin ne se borna donc pas àcette translation : il changea laconstitution du gouvernement, di-visa l’empire en quatre parties, furlesquelles présidoient quatre prin-cipaux gouverneurs, nommés pré-fets du prétoire. Ces quatre parties,considérées ensemble , compre-noient quatorze diocèses , dontchacun avoit un vicaire,ou lieute-nant, subordonné au préfet, quirésidoit dans la capitale du diocèse.Les diocèses contenoient 120 pro-
CÔN
vinces , régies chacune en partíctl-»lier par un président, donr le séjourordinaire étoit la plus considérableville de la province. Constantin ,après avoir affoibliRome, frappaun autre coup fur les frontières. IIôta les légions qui étoient fur lesbords des grands fleuves, 8c les dis-persa dans les provinces : ce quiproduisit deux maux, dit un hom-me d’el’prit; l’un, que les barrièresfurent ôtées; 8c l’autre, que lessoldats vécurent 8c s’amollirentdans le cirque & fur les théâtres....La gloire que Constantin acquit pafson zele pour la religion chrétien-ne , fut ternie sur la fin de ses jourspar la foiblesse qu’il eut de servirla fureur des Ariens contre leursplus illustres adversaires. Séduitpar Eusebe de Nicomédie , l’un desplus ardents fauteurs de l’Arianis-me, il exila plusieurs saints évê-ques. II tomba malade peu après en3 3 7, près de Nicomédie. II deman-da le baptême, 8c on le lui donna,avec les autres sacrements de l’E-glise. 11 mourut le 22 mai de la mê-me année , jour de la Pentecôte, à65 ans , après en avoir régné 31.Constantin avoit ordonné par forttestament, que ses trois fils, Cons-tantin , Constance 8c Constant , parta-geroier.t l’empire : autre faute quela postérité lui a reprochée. Onpeut y joindre le meurtre de Crispe,son fils du premier lit, que Faustfa seconde femme avoit faussementaccusé d’avoir voulu la séduire ,( Voy. l’art. Fausta ) ; sa lenteur àse faire initier dans les mystères dela religion ; le zele mal-entenduqui le porta à se mêler trop souventdes affaires de l’Eglise, 8c quelque-fois contre ses vrais intérêts. On l’aaccusé encore d’une ambition quine put souffrir de rival ; d’une pro-digalité 8c d’une magnifi eu repous-sées trop loin. II dépensait l’argentdu public à des bâtiments inutiles,
»