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Créanciers, maudite canaille,Commis aire, huissiers & recors ,
Vous aurc^ bien le diable au corps,
Si vous emporter, la muraille,
COUVREUR , ( Adrienne le )Comédienne Françoise, née à Fis-mes en Champagne l’an 1690, débu-ta à Paris, le vendredi 14 maii7i7,par le rôle d ’F.leâre dans la tragé-die de ce nom. Elle fut reçue dèsle même mois pour les premiersrôles tragiques Sc comiques, qu’ellea remplis supérieurement. Cettecomédienne, l’une des plus célé-brés que la France ait produites ,abolit les cris , les lamentationsmélodieuses 5 c apprêtées, ressour-ce des actrices médiocres. Son jeufut plein d'expreffion Sc de vérité.Mal partagée, à quelques égards,de la nature, Paine lui tint lieu detout, de voix , de taille, de beauté.C’étoit, disoit-on , une véritablereine qui jouoic avec des comé-diens. C’c-st Factrice qui a le mieuxjoué le rôle de Phèdre, (dit M. dede la Bretonne). « Ce rôle diffici-« le, où les plus grands talents,, échouent', ou Clairon mettoittant„ d’art; que Dumcsnil ne remplis-„ soit pas toujourstmais où le Cou-„ vreur excella , parce qu’elle sem-„ bloit faite pour lui, & le rôle„ pour elle ». Elle mourut le 20mars 1730, à 40 ans. Son esprit& son caractère inspirèrent uneforte passion au comte, depuis ma-réchal de Saxe. Ce héros , nomméduc de Courlande, ayant eu be-soin d’argent, Mil' le Couvreur mitses pierreries en gage pour unesomme de 40 mille livres , qu’ellelui envoya- Malgré ses traits degénérosité , Mll e le Couvreur eut desennemis, parce qu elle avoir ungrand talent. Les mauvais plaisantsl’appeloient la Couleuvre ; surnom
odieux qu’elle ne méritoit point.
C O W
Ses amis la vengerent ; & elle eneut parmi les premiers poètes de lanation. On mit au bas du portraitde cette célébré actrice , peint parCoypel, ces quatre vers :
- Ton art , par un effort heureux ,Transmet mon air, mes traits , magloire à nos neveux.
Ne t 1 enorgueillis pas du talent quiPhonore ,
Coypel ! quand je jouois , je peignoismieux encore.
Voyei Marsais... Aiìainval... &Saxe , u- I.
COWLEY, ( Abraham ) né àLondres en i6iS,mort dans cetteville, le 18 juillet 1667, à 49 ans,montra beaucoup de goût pourtous les genres de poésie , exceptépour le dramatique. Ses maîtres-ses étoient le sujet ordinaire deses vers. II est principalement con-nu par un Poème, en 4 chants,fur les infortunes de David , où ily a de l’imagination. Ses talentslui acquirent l’estime des courti-sans de Charles I, auquel il futtoujours sidele. 11 suivit la veuvede ce prince infortuné , la reineHenriette - Marie obligée de fe re-tirer en France. Charles 11 , qui luiavoir des obligations , l’honora deson estime 8c de ses biens úts. Enapprenant fa mort, ce prince dit :Je viens de perdre l’homme du royau-me , qui m etoit le plus attaché. IIa voit quitté la cour pour vivre dansune retraite agréable , fins autresociété que celle de ses mis 8c desMuses. Les libéralités du duc deBuckingham 8c du comte de St Al-han, qui lui étoient sincèrement at-taches , l’avoient mis dans une hon-nête abondance. Buckingham , Pâ -mant même après fa mort, le fitenterrer à ses frais à Westminster ;8c son buste fut placé entre Chauccr8c Spencer, H orna son tombeau