Band 
Tome III.
Seite
142
JPEG-Download
 

142. C R A

bouche, en disant cesrnots -.Rasa-fit-toi de ct mitai , dont ton cœur a etcinsatiable. Malgré les justes repro-ches que méritoit ce Romain, onest forcé de lui donner quelqueséloges. La fermeté qu’il montra enapprenant la mort de son fils, quiavoit péri dans cette malheureuseexpédition , étoit d’un héros. Lesparoles qu’il adressa à ceux qui l’en-vironnoient, lorsqu’il fut obligéd'aller se mettre entre les mains deSurcr.a, îvhonorent pas moins fa mé-moire. Dans quelque lieu, leur dit-il,que vous conduise la fortune , ditespar-tout que Crassus a péri trompé parses ennemis , & non pas livré par sessoldats. Crajfus étoit, selon Plutar-que ,{avant en histoire, & n’étoitpoint ignorant en philosophie. IIs’étoit attaché aux livres d’ 'Aristote,qu’il étudia fous un maître nomméAlexandre , le seul de ses amis qu’ilmena toujours à la campagne. Dansle chemin, il lui donnoit un cha-peau , pour le garantir de l’ardeurdu soleil, & ne manquoit pas de lelui redemander au retour. Le dis-ciple , tout riche qu’il étoit, ne fitjamais rien pour son maître ;& ilest difficile de dire si celui-ci étoitplus pauvre, dit Plutarque , quandil entra chez Crajfus , que lorsqu’ilen sortit.

III. CRASSUS , ( I. licinius ) ora-teur Romain, dont Cicéron fait sou-vent l’éloge , se distingua autantpar son éloquence que par son ca-ractère ferme.Hrepoussa un licteurdu consul Philippe, qui venoitpourl’arrêtcr, en disant : Je ne reconnoispoint Philippe pour consul , puisqu’ilne me reconnaît pas pour sénateur. IIplaidoit contre Brutus , citoyen dé-bauché , Sc peu digne du ncm qu’ilportoit. Le convoi de Jtmie passepar hasard devant l’endroit où setcnoit le jugement; alors Crajfusapostrophant vivement .Brafas'. Qjiereux-tu , lui dit-il, que }aak annonce

C Ë A

de ta part à tonpere? ... Domitius rC-prochoit à Crajfus qu’il avoit pleuréla mort d’un poisson rare qu’il nour-ri ssoi t da n.s son vivier. — Pour vous,répondit Crassus, vous n'êtes pas fitendre, & vous n ave^pas même pleuréla mort de vos trois femmes,

I. CRATERE , favori A'Alexan-dre le Grand, & rival d 'Antipater,plut au conquérant Macédonien parun air noble Sc majestueux, un es-prit élevé, & un grand courage.C’étoit un courtisan vertueux, quiconserva les moeurs dures des Ma-cédoniens , & qui parloir à sonmaître avec beaucoup de franchise.Aussi ce prince disoit : “Ephestion» aime en moi Alexandre, ct* Cratere» aime le Roi 11 l’employoit pourtraiter avec les Macédoniens , tan-dis qu 'Ephestion traitoit avec lesPerses. Après la mort A'Alexandre ,il fut tué dans un combat contreEumenes , qui le voyant expirer ,descendit de cheval pour lui rendreles derniers devoirs.

II. CRATERE, Athénien, quiavoit recueilli les Décrets de sesconcitoyens, ne doit pas être con-fondu avec le favori éiéAlexandre,Bayle dit avec raison qu’il n’estpas vraisemblable que l’ami de cehéros se fût assujetti à écrire tousles arrêts du sénat de sa patrie ; quece travail demande un greffier , &non un homme de guerre. Les sa-vants regrettent cet ouvrage , quin’est pas venu jusqu’à nous.

I. CRATÈS , fils éé A scande , dis-ciple de Diog'ene le Cynique, naquità Thebes en Eéotie. II se livra debonne heure à la philosophie , &pourn’être pas distrait pas les foinstemporels, il vendit ses biens, &en donna le produit à ses conci-toyens. C’est du moins ce que rap-porte Anthifienes, & d'après lui Dic-gene-Laerce. Philo/lrate, qui racontele même fait, dit qu’il jeta son ar-gent dans la mer, en disant ; Péris-