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Tome III.
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s.\, funestes richesses ; jcvous engloutisdc pair que vous ne ni engloutisses.D’autres disent qu’il déposa cet ar-gent chez un banquier, à conditictiqu’il le donnerait à sesenfants, s'ilsétaient insensés , c’est-à-dire, s'ilsnégligeoient la philosophie ; & aupublic , s'ils la cultivaient, car ilsn’auroient besoin de rien. On luiattribue ce tarif de dépense, assezplaisant : Il faut donner à un Ciifinicrdix mines , j un Médecin une dragme,a un flatteur cinq talents , de la fuméed un homme à confeils , un talent àune Courtisane , & trois oboles à unPhilosophe. Lotsqu'on lui deman-dait á quoi lui servait la philoso-phie: — A apprendre ( répondait-il,à' fe contenter de légumes , 6* à vivrefans foins & fans inquiétudes. Habillefort chaudement en été & fort lége •renient en hiver , il se distinguenten tout des autres hommes. 11 etottd une malpropreté insupportable ,&cousoità son manteau des peauxde brebis fans préparation ; singula-rité qui, jointe à fa laideur naturel-le , en faisoit une espece de'monstre.Alexandre , curieux de voir ce Cy-nique , lui offrit de rebâtir Thebesfa patrie. — Pourquoi cela , lut ré-pondit Cratès í Un autre Alexandrela détruirait de nouveau. Le mépris dcla gloire , t amour de la pauvreté tien-nent lieu de patrie : ce font des biensque la fortune ne me ravira jamais. Savertu lui mérita la plus haute con-sidération dans Athènes. 11 connuttoute la force de cette espece d’auto-rité publique , & il s’en servit pourrendre ses compatriotes meilleurs.Patient jusqu’à supporter les coups,il ne se vengea d’un soufflet qu’ilavoitreçu d’un certain Nicodrome,qu’en faisant écrire au bas de fajoue enflée: Nicodrowius f ici t ;C’tfl. de la main de Nicodrome. Quoi-qu’il fût laid & boffu, il inspira lapassion la plus violente à Hippar-dúe, sseur du philosophe AtórvcA,

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II fit tout ce qu’il put pour la dé-tacher d’un goût qui pouvoir pa-roître peu délicat. 11 se présenta unjour tout nu devant son amante:Voilà , dít-ií en lui montrant uncorps hideux, l’époux que vous de-mande{ ; & jetant á terre son bâton& sa besace: Voici , ajouta-r-il, toutfan bien... Hipparchie persistant dansson amour , le Cy nique í’épousa ;mais il est absurde de croire ce querapportent Diogcnc-Laérce , Sextus-Empiricus & Apulée , qu’il proposaà sa femme de consommer le ma-riage sous ie Portique , & qu’elle yconsentit. Craùs eut à.'Hipparchie.deux filles. II les maria à deux deses disciples , 3 c les leur confia 30jours à l’avance, pour essayer s’ilspourroienc vivre avec elles. 11 sto-rissoit vers l’an 328 avant }. C. Ontrouve des Lettres de lui dans lesEpifiola Cyrtittt , imprimées en Sor-bonne, fans date : livre rare.

H. CRATÈS, philosophe acadé-micien d’Athènes , & disciple dePolémon, auquel il succéda dans sonécole vers l’an 272 avant J. C. Cesdeux philosophes s’aiir.erent tou-jours avec une extrême tendresse.Cratès eut pour disciples Arcefilaus ,Bion dc Boristhèr.e , & Théodore,chef d’une secte. 11 fut employé parses compatriotes dans plusieurs am-bassades.,

CRATESIPOLIS , reine de Si-cyone , fe signala par fa valeur :c’est à cette qualité, si rare dansune femme, qu’elle dut la conser-vation de ses états. Après la moreá'Alexandre son époux , s’étancmise à la tête des soldats qui luièto'ient demeurés fideles, cette hé-roïne marcha fièrement contre ceuxde ses sujets qui a voient pris occa-sion de la mort du roi pour fe ré-volter. Elle cn fit pendre 30 ou 40des plus mutins, & rétablit par-tout le calme. Après avoir conquisson royaume, elle sut le gouver-