i 4 5 C RE
& l'histoire Romaine, secouoientla tête. L’auteur s’adreffa à l’abbéA’Olivet , l’er.thousiaste de Cicéron :Je vo is bien, lui dit-il. que cela vousdéplaît. — Point du tout, réponditcet académicien, cet endroit ejl di-gne du rejle. J’ai beaucoup de plaisirà voir Cicéron le complaisant de safille. Une courtisane, nommée Ful-vie, déguisée en homme , étoit en-core une étrange indécence. II y ades défauts de conduite essentielsdans le iv' acte ; le dénouement estétranglé. L’auteur avoit craint dene pouvoir renfermer son sujet enmoins de 7 actes ; il n’en a pas mê-me rempli 4 & demi. La versifica-tion est pleine de termes populaires,de phrases barbares, de construc-tions louches, de tours prosaïques.On trouve au milieu de ces imper-fections quelques vers sublimes , ja-maissixbeaux vers de fuite-, qua-tre ou cinq portraits d’hommes il-lustres, dessinés avec force, maisfans coloris... Crébillon fit le Trium-virat , à l’âge de 80 ans. Un W sesamis le pressant de finir cette tra-gédie, il lui dit : J’ai encore Cen-thousiasme & le feu de mes premièresannées. Le public ne jugea pas demême, lorsque la piece parut, pré-cédée d’une Epître chagrine , danslaquelle il se plaignoit de la plushorrible cabale. II y a quelquefoisdes cabales -, mais quelle intriguedu parterre, ou des loges, peutempêcher le public de revenir en-tendre un ouvrage, s'il en est con-tent? Crébillon ne vouloit ni qu’ons’opposât à ses succès. ni qu’on leslui assurât par des moyens avilis-sants. Un de ses amis lui demandantdes billets pour la premiere repré-sentation de Catilina : Vous saveçbien , lui dit-il, -- --- veux pasqu’il y ait personne dans le Parterre ,qui se croie oblige de m applaudir. —Aujfi , lui répondit son ami, cen’estpas pour vous faire applaudir que je
C R E
vous demande ces billets. Soye ^ surque ceux à qui je les donnerai, serontles premiers à siffler la piece , fi ellele mérite. — En ce cas , dit Crébillon ,vous en aure j... Outre les ouvragesdont nous avons parlé , on a delui quelques Pieces de vers. Le tonboursouflé y domine ; mais on yrencontre des vers heureux. LouisXV, bienfaicteur de Crébillon, &pendant fa vie & après fa mort, luifit élever un tombeau. Ce monu-ment a été exécuté en marbre parle savant ciseau de le Moine dansl’église paroissiale de St.-Gervais,où lfe moderne Eschyle a été inhu-mé. Ses (Euvres ont été impriméesau Louvre, en 2 vol. in-4". On ena trois autres éditions inférieures :la premiere, en 2 vol. grand in-12, 1759 ; l’autre, de 1772, en 3vol. petit in-iî , très - élégante-,& la troisième , de 17S5, en 3 vol.in-8°, avec figures.
II. CREBILLON, ( Claude-Profi-per Jolyot de ) fils du précédent,naquit à Paris le 12 février 1707,& y est mort le 12 avril 1777, à 70ans. Son pere s’étoit fait remar-quer par un pinceau mâle & vi-goureux -, le fils brilla par lesgrâces, la légéreté , la causticitémaligne de fa conversation & deses écrits , 8í pourroit être sur-nommé le Pétrone de notre na-tion , comme son pere en est VEs-chyle. Aussi l’abbé Baudot, qui vi-voit familièrement avec lui, lui ditun jour , pour repousser quelques-unes de ses plaisanteries : Tais-toi...Ton pere étoit un grand-komme ; tun’es , toi, qu’un grand garçon. « Cré-» billon le pere, dit M. A'Alcmbcrt ,„ peint du coloris le plus noir les« crimes & la méchanceté des hom-» mes. Le fils a tracé, du pinceau le» plus délicat & le plus vrai, les» rafinements, les nuances St jus-» qu’aux grâces de nos vices -,cetten légéreté séduisante qui rend le*