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Val; on dit que Crébillon lui répon-dit : j'ai été contint du succès de monElectre, /e souhaite que le Frere vousfasse autant d’honneur que la Sœurm'en a fait... La tragédie de Rhada-miste , qu’on représenta 30 fois en1711, eft une des plus belles pie-ces qui soient restées fur notrethéâtre, quoique méprisée par T>efpréaux. Un de ses amis ayant voulului en faire la lecture, lorsqu’il étoitdans son lit, n’attendant plus quel’heure de la mort ; le satyrique l’in-terrompit, après en avoir écoutédeux ou trois scenes: Eh ! mon ami ,lui dit-il , ne mourrai-je pas affe{promptement ? Les Pradons, dont nousnous sommes moqués dans notre jeu-n este , étoient des Soleils auprès deceux-ci. Boileau disoit encore de Cré-bìllon ; « Que c’étoit Racine ivre n.Ce quiindisposoit sur-tr,ut ce poè-te, c’étoh le style. Celui de Crébillonressemble assez à sa maniéré : il estvigoureux & énergique, ce qui en-traîne souvent des incorrections,des tours durs & barbares; maisces fautes de grammaire disparois-sent devant les beautés mâles, lescaractères soutenus & les vers degénie dont ses tragédies étincellent.II y a d’aillcurs dans Rhadamiste dutragique , de l’intérêt, des situa-tions , des vers frappants. La recon-noissance de Rkadamifle 8t de Zéno-bìe plaîtbeaucoup. Le rôle cleZéno-bie est noble; elle est vertueuse& attendrissante. On fit deux édi-tions de cette piece en huit jours.Rhadamiste reçut les plus grandsApplaudissements à Versailles, qui,Po«r cette fois , fut d’accord avec"tis. Crébillon profita de ce succèsP°ur aller solliciter quelque grâce® ' a cour ; il n’y trouva que dea froideur. Quittant, sans regret,séjour fi peu fait pour lui, ilpr-t pour devise : Ne t'attends qu’àU ‘ ^ ìl continua de travail-lé pour le théâtre. Sémiramis, don-
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née au théâtre en 1717, fut beau-coup critiquée, St avec raison. Ledéfaut le plus grand de cette piece,est que Sémiramis » après avoir re-connu Ninias pour son fils, en estencore amoureuse ; St ce qu’il y ad’étrange , c'est que cet amour estsans terreur St fans intérêt. Les versfont mal faits, la conduite très-mauvaise , St nulle beauté n’en ra-cheté les défauts. Le public vitavec plus de plaisir Pyrrhus. II y adu génie dans le plan, quoique tropcompliqué; mais peu d’intérêt dansla piece , 8t trop de langueur St decorrection dans le style. Xerc'es sui-vit Pyrrhus , St n’eut qu'une repré-sentation : on le joua en 1724,mais il n’a été imprimé qu’en 1749.Crébillon travailla pour le théâtrejusqu’à la fin de ses jours. 11 fit re-présenter Catïlina en 1749, à 71ans. II y avoit si long-temps qu’ilavoit promis cette tragédie, que lepublic s’écrioit quelquefois avecCicéron: Jusqu’à quand abusere\-vous ,Catilma, de notre patience ? Cec ou-vrage annoncé, comme le fruitd’un travail de 20 années , futtraité par les critiques commeun ouvrage qui devoir mourirdans un jour. On l’applaudit avectransport à la représentation ; onle jugea sévèrement à la lecture.Le héros de la piece parut uncolosse. Catilina est trop grand „St les autres personnages trop pe-tits; tout est impitoyablement sa-crifié à ce caractère dominant. Ci-céron est moins que rien ; il perdtout. jufqu’au don de la parole. Ostfut sur-tout étonné de la maniérédont ce grand homme est avili. Ci-céron conseillant à sa fille de faire l’a-mourà Catilina, étoit couvert de ri-dicule d’un bout àl’autre de la pie-ce. Lorsque sauteur récita cet en-droit à l’académie dans une séanceordinaire , il s’apperçut que ses au-diteurs , qui connoissoient Cicéron