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eondamncit (dit-on) ou les ren-voyoit absous. Son impiété n’estpas moins connue que fa méfiance.Ayant ôté un manteau d or a lastatue de Jupiter, il en substituaun de laine, disant : Qu’un manteauà’or étoit bien pestnt en été, & bien froiden hiver, Cr que le bon fils de Saturnedevoir fe contenter £ un manteau plusfimple. Une autre fois, il arrachaune barbe d’or à Esculape, en ajou-tant , qu’il étoit indécent qu’il es rur-tât une, tandis que son pere Apollonn’en avoit point. II pilla le templede Proserpine à Locres; & commeil eut un vent favorable pour s’enretourner : Vous voyc^ ( dit il ense moquant de ceux qui l’avoientsuivi dans cette expédition) que lesDieux immortels favorisent la naviga-tion des sacrìleges. 11 épousa deuxfemmes dans le même jour : Do-ris de Locres ; & Arifiomaque , filled’un des principaux citoyens de Sy-racuse. 11 eut de la premiere De-nys, qui lui succéda. Nous ajou-terons , en finissant cet article, quenous y avons peint Denys d’aprèsl’idée commune. Mais la vérité del'histoire exige que nous disions,d’après Rollin , que ce tyran tem-péroit les vices de son ambition& de son despotisme par de gran-des qualités. II souffrit souvent lacontradiction sans marquer ni res-sentiment, ni colere. 11 eut en gé-néral pour le peuple de Syracuse,des maniérés gracieuses & popu-laires. « La familiarité avec la-,, quelle il conversoit avec les,, moindre bourgeois , & même„ avec les ouvriers , l’égalité qu’ilgardoit entre ses deux femmes,„ les égards & le respect qu’il avoit„ pour elles ; tout cela marque ,„ selon Rollin , que Denys avoit„ plus d’équité, de modération,de bonté, de générosité qu’on» ne le pense ordinairement ». IIne fut point tyran ni comme Ph«n
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loris, ni comme Néron. Quant àsa manie poétique , Rollin dit en-core qu’il valoit mieux que Denysemployât ses heures de loisir à fairedes vers qu’à la bonne chere & àdes plaisirs non moins pernicieux.Ce fut la réflexion de Denys lejeune, pendant qu’il étoit à Co-rinthe. Philippe de Macedoine lui de-manda , d’un ton ironique : Ettquel temps son pere avoit pu compo-ser ses Odes & ses Tragédies ? Vousvoilà bien embarrassé, réponditDenys ; il les composa a ux heuresque vous 6* moi pajfons à boire Cr ànous divertir. Voy. Damcclès 6>Damon.
XI. DENYS II, surnommé leJeune , successeur & fils du précé-dent , fit venir Platon à fa cour fpar le conseil de Dion son beau-frere.Le philosophe n’adoucit pointle tyran. Denys, séduit par ses flat-teurs , exila Dion, & fit épouser safemme à un autre. Cet affront mitla vengeance dans le cœur de Dion ,qui attaqua Denys, 8c l’obligea d’a-bandonner Syracuse l’an 343 avantJ. C. II rentra dix ans après , 8cen fut encore chassé par Timoléon ,général des Corinthiens. Denys leVieux avoit prédit à son fils ce quidevoir lui arriver. Un jour il luireprochoitla violence qu’il avoitfaite à une dame de Syracuse, 8clui demandoit en colere s’il avoitjamais entendu dire que dans fajeunesse il eût commis de telles ac-tions : C est, lui dit le jeune hom-me emporté , que vous n’étie 3 pas nsfils de roi. — Et toi, tu n’en feras ja-mais pere ! prédiction qui fut accom-plie. En effet, Denis le Jeune, pluscruel encore que son pere , J*moins politique , ayant été chafl*de Syracuse, se réfugia à Corinthe ,où il ouvrit ( dit - on ) une école ,pour se conserver encore, dit Ci-céron , une espece d’empire. On su-rvit pu faite cette plaisanterie a