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Tome III.
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» l'art de se rendre aimable; &» quoiqu’il se fit une gloire d’i-» miter Marc-Aurele , il s’en fallut» beaucoup qu’il représentât sa» bonté. Outre la persécution» cruelle qu’il ordonna contre» les Chrétiens , en général son» gouvernement fut dur & ten-» dant à fouler les peuples. Toute» l’histoire lui a reproché la hau-» teur, le faste, l’arrogance. Sa» prudence même dégénéroit en» finesse, & inspiroit la défiance» & les soupçons. On a remar-» qué que son commerce étoit” peu sûr, & que ceux qu’il ap-» peloit ses amis , ne pouvoient» pas compter fur une affection» véritable & sincère de fa part.» Son caractère ressembioit beau-» coup à celui ft Auguste : l’un &« l’autre, ils rapportoient tout à» eux-mêmes ,& ils ne furent ver-» tueux que par intérêt. Mais la» modestie Sc la douceur établis-« sent une différence bien avanta-55 geuse en faveur du fondateur dela monarchie des Césars , par-n dessus le prince que je lui com->3 pare. En ce qui regarde la guer-3 ) re, le parallèle ne fe dément3 i point. Ils ne l’aimerent níl’un,ii ni l'autre; ils n’y excellèrentn point, quoique l’on ne puisse>i pas dire qu’ils y fussent igno-» rants , ni qu’ils manquassent» de courage dans les occasions» qui en demandoient. Tous deux» ils suppléèrent à ce qu’ils sen-3 i toient que l’on pouvoir de-» sirer en eux à cet égard, par13 le choix de bons & habiles lieu-» tenants ou associés. Dioclétien» n’avoit l’esprit nullement cul-3 i tivé, 8 c je ne vois rien qui nous31 invite à croire qu’il ait favorisé» & protégé les lettres qu’il igno-» roit n. Tel fut ce prince jus-qu’au temps de son abdication.Le 1 3 décembre 304, Dioclétien ,

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attaqué d’une maladie lente ,tomba dans une si grande foi-blesse , qu’on le crut mort. IIrevint ; mais son esprit, totale-ment affoibli, n’eut plus que deslueurs de raison. Cet affoiblisse-ment , joint aux vexations deMaximien-Galere , l’obligea de sedépouiller de la pourpre impé-riale dans Nicomédie , l’an 305de J. C. Ayant recouvré fasanté, il vécut encore 9 ans,dans fa retraite de Salone, quequelques - uns ont cru être fapatrie. II s’amusoit à cultiver sesjardins & ses vergers, disant à sesamis ct qu’il n’avoit commencé à vi-33 vre que du jour de fa renoncia-» tton ». On ajoute même queMaximien ayant voulu l’engager àremonter fur son trône, il répon-dit : Le trône ne vaut pas la tranquil-lité de ma vie ; je prends plus deplaifir à cultiver mon jardin , que jeft en aï eu autrefois ' d gouverner laterre. Les réflexions de fa retraitefurent d’un homme sage. Un Roi ,disoit-il, ne volt jamais la vérité deses yeux. II est obligé de se fier auxy. -X des autres , 6 - il est presque tou-jours trompé. On le porte à comblerde faveurs ceux qui mériteraient deschâtiments , & à punir ceux qu'ìï devroïtrécompenser. II est vrai que cettevie dut être fort douce pour lui,tan t que les Césars , qui lui dévoientla pourpre, vécurent, parce qu ilslui marquoient la plus grande dé-férence. Mais, lorsque Constantin &Licinius furent seuls maîtres dansl’Occident, Dioclétien ne dut pastrouver tant de plaisir à cultiverson jardin. Le premier venoit defaire mourir Maximien & Maxenceson fils, que Dioclétien avoir tou-jours aimés. Constantin lui écrivitmême pour lui reprocher cette ami-tié, 8c le vieillard intimidé résolut( dit-on) de finir sa vie en se refu-santles aliments. II mourut en effet