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», dans l’ombre & fuyant les tè-» gards, & qui ne sorroit de la>, profonde solitude que pour faire» de Rome un désert. Cependant,» dans ses murs même, & dans» ces retraites profondes auxquel-» les il avoir confié fa sûreté , il,, enferma avec lui un Dieu ven-» geur des crimes ». En effet ,toutes les précautions de Domitienne lui servirent de rien. II sut assas-siné le 18 septembre de l’an 96 deJ. C., par Etienne, affranchi de safemme Domitia , étant âgé de 45ans, après en avoir régné 15 & 5jours. Le sénat le priva de tous leshonneurs après fa mort, & mêmede la sépulture. II avoir autrefoisconvoqué ce corps illustre, pourdécider dans quel va se il devoit fai-re cuire un turbot. Une autre fois, ill’aíliégea dans les formes, & le fitenvironner de soldats. Ayant in-vité à manger, un autre jour , lesprincipaux sénateurs, il les fit con-duire en cérémonie dans une gran-de salle tendue de noir,& éclai-rée de quelques flambeaux funè-bres , nui ne servoient qu’à laisservoir différents cercueils, fur les-quels on lisoit les noms des con-vives. On vit, au même instant,entrer dans la salle des hommestout nus , aussi noirs que la ta-pisserie , tenant une épée d’unemain, & une torche allumée del’autre. Ces especes de furies, aprèsavoir quelque temps épouvanté lessénateurs , leur ouvrirent la porte.Domitien mêloit à ces scenes horri-bles des scenes ridicules. II restoitdes jours entiers dans son cabinet,occupé à prendre des mouches avecun poinçon fort aigu. On demandaà un plaisant si l'Empereur étoitseul.— Si bien seul, répondit-il, qu’il71’yapas meme une mouche. (Voyezaussi l’art. AsciItaRION ). II fautconvenir que Domitien n’etoit niaussi fou, ni aussi déréglé, que Ca-
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tigula Sc Néron. Tillemont dit qu’ìlavoitplus de ressemblance avec Ti~bere par l’humeur sombre, parlaméchanceté réfléchie, par une poli-tique aussi artificieuse que cruelle.Au milieu de toutes ses extrava-gances, il eut l’intention de main-tenir la justice dans son empire. 11étoit grand, bien fait; son visageannonçoit la modestie, & il rougis-soit très - aisément. 11 s’en faisoithonneur, & dans un discours ausénat, il s’en vanta en ces ter-mes : « Jusqu’ici, Messieurs, vous» avez approuvé mes sentiments,» & la pudeur qui régné fur mon» visage ». Mais 1 intérieur dé-mentoit bien cette modestie ap-parente. La rougeur habituelle deson visage étoit en lui, dit Ta-cite , un préservatif contre la hon-te , qui n’avoit plus de ligne paròù se manifester. 11 devint chauvede bonne heure , & il en étoit très-mortifié : il s’offensoit même fil’on en faisoit devant lui le re-proche à un autre, soit par rail-lerie , soit sérieusement. C’est pourcela que Juvénal, voulant le dési-gner d’une façon injurieuse & pi-quante, l’appelle Néron le Chauve.Néanmoins Domitien , dans un pe-tit écrit qu’il composa sur le soinque demandent les cheveux , 8cqu’il adressa à un ami chauve com-me lui, le consoloit & se conso-loit lui-même avec assez de cou-rage sur leur commune disgrâce.« Ne voyez-vous pas » , ( lui di-soit il, en Rappliquant les paro-les d ’Achille dans Homère ), « com-» bien je fuis avantagé du côté de» la figure & de la taille? cep en '» dant mes cheveux éprouvent te» même fort que les vôtres, 8c j®» supporte , avec constance, le de-» sagrément de voir ma chevelure» vieillir pendant que je suis en_-» core jeune. C’est une leçon q“*» nous apprend , que rien n e