Band 
Tome III.
Seite
336
JPEG-Download
 

zz6 DOR^

lieutenant , qu’il avmt envoyéavec huit galères fur les côtes duroyaume de Naples, pour y favo-riser les opérations de l’arméeFrançoise, commandée par Lautrec,remporta une victoire complettesur l’armée navale de >'empereur àCapo-d’Orso, près du golfe deSalerne. La flotte impériale détrui-te, Naples aíiiégé par Lautrec , r,epou voit plus être secouru par mer :il étoit prêt à succomber, & laprise de la capitale alloit entraînerla conquête de tout le royaume ,lorsque tout-à-coup Dorìa aban-donna la France pour servir l’etn-pereur. Cette défection fit échouerl’entreptise sur Naples, & causala décadence entiere de nos affairescn Italie. Quant aux motifs qui leporterent à ce changement , ilparoît que les ministres de Fran-çois l , jaloux du crédit de cetétranger, qui les traitoit d’ailleursavec la hauteur d’un républicain& la franchise d’un homme de mer,avoient cherché à le perdre dansl’esprit du roi, & y avoient enpartie réussi. Dorìa aigri & indigné,n’attendoit qu’un prétexte pourfaire éclater son dépit -, ses ennemisle firent bientôt naître. Ils persua-dèrent au roi de s’approprier laville dc Savonne , appartenanteaux Génois; d’agrandir son port,& d’en faire une rivale de la métro-pole. En vain , pour l’empêcher,Dorìa fit des représentations aunom de la république-, non-seule-ment elles ne furent point écoutées,mais elles furent mal interprétées;& on le peignit au roi comme unhomme qui s’oppofoit ouverte-ment à ses volontés. On fit plus:on lui persuada de le faire arrêter;& douze galères, fous la conduitec'e Barbe\ieux, eurent ordre dallerd’abord à Genes , pour s’y assurerde fa personne, & de passer ensuiteà Naples pour s’y emparer de ses

DOR

galères, commandées par Philippin,son neveu. Mais Dorìa avoir pré-venu le coup , en se retirant àLe ri ce, dans le golfe de la Spezia,d’où il dépêcha un brigantin àPhilippin , pour le rappeler promp-tement auprès de lui. II se croyoitd'a-utantplus autorisé à se conduireainsi, que le terme de son enga-gement avec le roi venoit d’expirer.De ce moment, Dorìa ne pensaplus qu’à conclure son engagementavecl’erapereur, qui le recherchentdepuis long-temps. On vit alors,par un retour assez ordinaire ,mais dont tout ['honneur fut pourDorìa, François I chercher à leregagner par toutes sortes d’avan-ces -, mais ni les promesses les plusmagnifiques, ni la médiation mêmedu pape C liment VII, ne purentchanger fa résolution. Ce qui doithonorer à jamais la mémoire deDorìa , c’est le refus qu’il fit , estcette occasion , de la souverainetéde Genes, qui lui fut offerte de lapart de ['empereur. Préférant letitre de restaurateur à celui' demaître, il stipula que Genes res-teroit libre sous la protection Im-périale , au cas qu’elle vînt àsecouer le joug de la dominationFrançoise. 11 ne manquoit plus àfa gloire que d’être lui-même I®libérateur de fa patrie. Le malheu-reux succès de l’expédition deNaples I’enhardit , cette mêmeannée (i;z8), à tenter ['entreprise,& s’étant présenté devant Genesavec 13 galères & environ í c ®hommes , il s’en rendit maître estune feule nuit, & fans répands 5une goutte de sang. Cette expém'tion lui mérita'le titre de PercésLibérateur de la Patrie , qui lut > udécerné par un décret du jen 3 *;Le même décret ordonna qu " ^servit érigé une statue, & st u .° rJlui acheteroit un palais des d en,epublics. Un nouveau gouvern