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Tome III.
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ïhènt fut formé alors à Gênes P at

fes conseils, & ce gouvernement«ft le même qui subsiste encoreaujourd’hui ; de sorte qu’il furtion-seulement le libérateur, maisencore le légistateur de fa patrie.Doria trouva auprès de l’empereurCharUs.Quint tous les avantagesqu’il pouvoit desirer : ce princelui accorda toute fa confiance ,& le créa général de la mer , avecune autorité entiere St absolue. Uavoit alors en propriété II galères,qui par son traité dévoient êtreentretenues au service de 1 empe-reur ; &ce nombre fut porté depuisjusqu’à -11. Doria continua de sesignaler par plusieurs expéditionsIr >aritimes , & rendit à Tempereurles services les plus importants. Henleva aux Turcs, en 153*' ! es■villes de Coron 8c de Patras, furles côtes de la Grece. La conquête^e Tunis 8c du fort de la Goulette,°ù Charles Ouint voulut se trouveren personne en 1535’ fut prin-cipalement due à la valeur 8c al’habileté de Doria. Ce fut malgrélui, 8c contre son avis, que 1 em-pereur fit en 1541 la malheureuseexpédition d’Alger, où il perditune partie de sa flotte & de sessoldats, 8c Doria 11 de ses galères.La fortune ne le favorisa pas plusà la rencontre de la Preveae enr 5 39. S’étant trouvé avec la flotteimpériale, jointe à celle des Véni-tiens 8c aux galères du pape, enprésence de l’armée Turque, com-mandée par Barberouffe, 8c beau-coup inférieure à la sienne, il évitad’engager le combat sous différentsprétextes, 8c laiffa échapper unevictoire assurée. C’est le reprochequ e lui ont fait plusieurs historiens.Quelques-uns même ont prétenduf , f éto ‘t, dit Brantôme, un bruitpunuc en ce temps-là), qu’il yun accord secret entre Barbe-on Mt 5clui, par lequçlils étoientïom. III.

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convenus d’éviter mutuellement:entr’eux les occasions décisives ,afin de prolonger la guerre qui lesrendoit nécessaires , 8c qui leurfourniffoit les moyens de s’enri-

chir. Les corsaires d’Afrique

n’eurent jamais d’ennemi plus re-doutable que Doria ; il leur enlevades dépouilles immenses, tant parlui-même que par ses lieutenants.Le fameux Dragut , entr’autres »fut pris par Jeannetin Doria , sonneveu , avec 9 de ses bâtiments.Le zele 8c les services rendus par cegrand homme à Charles-Quint, luiméritèrent l’ordre de la toison d’or,l’investiture de la principauté deMelphes 8c du marquisat de Tutsiau royaume de Naples, pour lui 8cses héritiers,&la dignité degrand-chancelier de ce royaume. Ce nefut que vers 1556,8 l’âge de prèsde 90 ans , qu’il cessa de monterses galères 8c de commander en per-sonne. Accablé alors par le poidsdes années , Philippe II, roi d’Espa-gné, lui permit de choisir Jean An-dré Doria , son neveu , ! pour sonlieutenant. ( Voye{ Dragojt-Rais L- LouCHAU). II terminasa longue & glorieuse carrièrele 25 novembre 1560 , à 93 ans,fans postérité, qnoiqu’il eût étémarié, 8c sans laisser à beaucoupprès d’ausii grands biens qu’onpourrait le présumer après lesoccasions qu’il avoit eues de s’en-richir , mais l’excès de fa magni-ficence, 8c son peu d’attentionpour fes affaires domestiques ,avoient bien diminué fa fortune.Peu d’hommes, fans sortir d’unecondition privée, ont joué surla scene du monde un aussi grandrôle que Doria : dans Gênes, ho-noré par ses concitoyens, commele libérateur 8c le génie tutelaire defa patrie; au-dehors, tenant pourainsi dire, avec ses seules galères,le rang d’une puissance maritime,

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