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Tome III.
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d’Efpagne, fille aînée A'Emmanuel,ïoi de Portugal, & de Marie deCastille sa seconde femme, naquità Lisbonne en 1503. fille sut mariéea Séville avec l’empereur Charles-Quint , qui lui donna pour deviseles trois Grâces , dont l'une p or toitdes roses, l’autre une branche dernyrthe , & la troisième une bran-che de chêne avec son fruit. Ceg.-ouppe ingénieux étoit le sym-bole de fa beauté, de l’amourqu’on avoit pour elle , & de fafécondité. On les orna de ces pa-roles , fÎMC HASBT ET SUPE-ïì-AT... Elisabeth mourut en cou-ches à Toiede, en 1338. Françoisde Borgia, duc de Candie, qui eutordre d’accompagner son corps deToiede à Grenade, fut fi touché devoir son visage, autrefois plein d’at-traits , entièrement défiguré par lapâleur de la mort, qu'il quitta lemonde pour se retirer dans la Com-pagnie de Jésus , où il mourut sain-tement.

VI.EL 1 ZABETH à'Autriche, fillede l’cmpereur Maximilien II , &femme de Charles IX , roi de Fran-ce , fut mariée à Meziéres, le 16 no-vembre 1570. C'étoit une des plusbelles personnes de son temps ;mais fa vertu surpaffoit encoresa beauté. La funeste nuit de laSt Barthélemi l’affligea extrême-ment : elle n’en apprit pas plutôtla nouvelle à son réveil, qu’ellese jeta, toute baignée de pleurs,aux pieds de son crucifix , pourdemander à Dieu miséricorde d’uneaction si atroce, & qu’elle détef-toit avec horreur. Elisabeth n’eutque très-peu de part à tout ce quise paffa en France, fous le régnétumultueux de Charles IX. fille"'étoit attentive qu'à régler se•saison , & à y faire régner lesPrincipes de sageffe & d’honneurelle étoit pénétrée. SensibleÎL3£ égarts de son mari, qu’eUe

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aìmoìt &• honoroit extrêmement , ja-mais elle ne lui fit voir de ces cha-grinsjaloux, qui aigrissent souventle mal, & y remédient rarement.Elle étoit douce & patiente ; Char-les étoit vif & emporté; le feu duroi étoit modéré par le flegme d’£-li\abeth : auflì ne perdit - elle jamaisson cœur Sc son estime, & il la re-commanda en mourant à Henri I V ,alors roi de Navarre, avec beau-coup de tendresse : Ayc{ foin de mafille &• de ma femme , lui dit-il ; monfrere, aye^en foin , je vous les re-commande. Pendant sa maladie ,Elisabeth paffoit, en prières pourfa guérison, tout le temps qu’elìen’employoit pas auprès de lui.Lorsqu’elle lalloit voir, elle nese plaçoit pas auprès du chevetdu lit, comme elle avoit droit dele faire ; mais un peu à l’écart,& en perspective. A son silencemodeste, à ses regards tendres &respectueux, on eût dit qu'elle Ucouvrait , dans fan coeur, de l'amourqu'elle lui portait : u puis , ajou-» te Brantôme , on lui voyoit je-» ter des larmes si tendres & fi se-« crettes, que qui ne prenoit pas,» bien garde, n’y eût rien connu;» essuyant ses yeux humides ,» qu'elle en faisoit pitié très-gran-» de à chacun : car, continue-t-il,» je l’ai vu ». fille renfermoit fadouleur ; elle n’osoit pas laisserparoître fa tendresse ; elle crai-gnoit que le roi s’en apperçût.Le prince ne pouvoit s’empêcherde dire , en parlant d’elle : qu’ilpouvoit fe flatter d’avoir dans uneépouse aimable , la femme la plus sage& la plus vertueuse , non de la France ,non pas de l’Europe , mais du mondeentier. Cependant il sut auffi ré-servé avec elle, que la relne mere,qui, craignant qu’elle n'eût quel-que pouvoir sur le roi, détournasans doute ce prince d’avoir pourelle une confiance qui eût déran-

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