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gé ses projets. Tant qu'elle futà la cour de France, elle honorad une tendre affection Marguerite ,reine de Navarre, fa belle sœur.quoique d’une conduite bien op-posée á la sienne ; & après sonretour en Allemagne , Elisabeth en-tretint roujours avec elle com-merce de lettres. Elle lui envoyamême, pour gage de son amitié, 2Livres qu 'elle a voit composés : l’un,fur la parole de Dieu; l'autre, furles événements les plus considérablesqui arrivèrent en France de son temps,Cette vertueuse princesse, après lamortdu roi son époux, s'étoitreti-rée á Vienne en Autriche , où ellemourut en 1592, âgée seulementde 3 8 ans, dans un monastère qu’elleavoit fondé.
VII. ELIZABETH, femme à’E-douardlV, roi d’Angleterre, étoitfille du chevalier de WoodviLl & deJacqueline de Luxembourg, qui avoitépousé > en premieres noces, le ducde Bedfort, Elle fut d’abord damed’honneur de Marguerite , femme deHmri IV. Sa beauté étoit frappante,& fa sagesse égaloit sa beauté. Re-cherchée par plusieurs seigneursdistingués, elle fut mariée avec lechevalier Gray , qui,en 145 5, per-dit la vie à la bataille de St-Alban.Eli\nbeth devenue veuve, se retirachez sa mere à Grafron dans lecomté de Northampron. En 1464,Edouard IV, chassant dans ces quar-tiers-lá,fut frappé des attraits dela jeune veuve , qui vint implorerà genoux fa protection pour des en-fants orphelins. Ce monarque passabientôt de la pitié à la plus vivetendresse, & la vertu d 'Elisabethétant inflexible à tous les effortsde fa passion & aux grâces de fapersonne, Edouard lui offrit sacouronne. Un mariage secret lesunit, tandis que le comte de War-wick r.égocioit, par les ordres me-ntes du roi, une alliance plus digne
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de lui avec Bonne de Savoie , sœurde la reine de France. Une prin-cesse auroit peut-être fait son mal-heur ; la fille d’un simple gentil-homme le rendit heureux. Elisa-beth eut sur ['esprit Sc le cœur deson époux un empire qu’elle con-serva jusqu’à sa mort. Elle en pro-fita pour ['élévation de fa famille.Son pere fut fait comte de Ri vers ;ses freres & ses enfants du premierlit furent comblés de biens Std’hon-neurs. En 1470 , Edouard ayantété obligé , par les troubles sus-cités dans son royaume , de feretirer en Flandre, la reine Ren-ferma dans l’asile de Westminster,où elle mit au monde Edouard sonfils aîné. L'année d’après , la for-tune fut plus favorable à sonépoux ; & en remontant fur letrône , il donna de nouvellespreuves de tendresse à Elisabeth.Ce prince étant mort en 148? , leduc de Glocejlre , frere à'EdouarâIV. s'empara de la personne d’£-douard V, pour régner fous sonnom. Elisabeth , voulant sesoustaireà la violence de son beau-frere,s’enferma de nouveau à Westmins-ter avec le duc à'Yorck son fils &les princesses ses filles. Le duc deGlocejlre , qui avoir pris le nom deFrotedeur du Royaume , acquéroistous les jours plus de puissance enAngleterre. 11 la cimenta par lesang: il se défit des trois fils d’ssrdouard IV, pour monter fans obs-tacle fur le trône, fous le nom ejeRichard III. Elisabeth , accabléepar le spectacle de tant d’atroci-tés, fut tirée de son asile par lemeurtrier de ses enfants , 8t forcéede dissimuler. Elle fut depuis con-finée dans le monastère de Ber-mondl'ey par Henri VII , qui avoitépousé l’aînée des filles de cettereine infortunée , nommée EliVbeth, comme fa mere. Richard III ,pour affermir son usurpation »