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fût entrée. Eli\abeth , aptes avoirfait mourir ces malheureux & leurscoupables associés, pressa le juge-ment de la reine d’Ecoffe , injuste-ment mêlée à leurs conspirations.En vain l’ambassadeur de France& celui d’Ecosse intercédèrent pourelle : Maris eut la tête tranchée,après 18 ans de prison, le 18 fé-vrier 1587. Elisabeth , joignant ladissimulation à la cruauté, affectade plaindre celle qu’elle avoir faitmourir , peut-être autant par ja-lousie que par politique. Elle pré-tendit qu’onavoitpassé ses ordres,St stt mettre en prison le secré-taire d état , qui avoir, disoit elle,fait exécuter trop tôt Tordre signépar elle-même. Cette mascarade,dans une scene si tragique , ne larendit que plus odieuse. Mais ladissimulation étoir à ses yeux laprincipale qualité des souverains.Un é vêque ayant osé lui rappelerque dans une certaine circonstanceel'e avoir agi plus en politiquequ’en chrétienne : Je vois Hen , luirépondit-elle , que vous ave\ lu tousles Livres ie l’Eçriture , excepté celuides Rois... Philippe II avoir préparéune invasion en Angleterre , du vi-
vant de l’iníortunée Eccffoife. 11mit en mer , un an après fa mort,en 1588 , une puissante flotte nom-mée VInvincible , mais les vents &les écueils combattirent pour Eli-\aleth : l'arraée Espagnole péritpresque toute par la tempête, oufut la proie des Anglois. Leur reinetriompha dans la ville de Londres ,à la façon des anciens Romains.On frappa une médaille avec la lé-gende emphatique, Vcr.it , vìdit ,vteit , d'un côté ; & ces mots det autre , Dux femina faft:. Onfr app a une autre médaille, furie^vers de laquelle on voyoit une° tte fracassée par la tempête avec,'egende : Afflavit Dcus , «S -l J.pati s u ,- U ' Le chevalier D rack ,
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& quelques autres capitaines nonmoins heureux que lui, avoientconquis à peu près vers le mêmetemps plusieurs provinces en Amé-rique. La marine, fous son régné,fut dans l’état le plus florissant.Les Irlandois, qui lui avoient te-nu tête en faveur de la religionCatholique, grossirent le nombrede ses conquêtes. Le comte d'EJsex,son favori, nommé viceroi d’Ir-lande , tenta de faire révolter cetteprovince. Ce comte, le plus fier dçshommes , vouloir se venger , dit—on, d’un soufflet que la reine luiavoir donné dans la chaleur d'unedispute. II fut convaincu de hautetrahison , & périr , non pas la vic-time de la jalousie de la reine,comme on le croit communément jmais bien celle de son ambition ,de son ingratitude, & de son hu-meur vindicative : ( Voft\ Essex.)Eliiabeth le pleura, dit-on , en lefaisant punir ; on prétend mêmeque dans le temps de la faveur ducomte , elle lui avoir donné unebague, en lui promettant que, dansquelque circonstance qu’il se trou-vât , Sc quelques efforts que fissentses ennemis pour le perdre, elleseroit toujours prête à l’entendre,lorsqu’il lui produiroit ce gageprécieux. Le favori, condamné àmort, pria la comtesse de Notin-gham de porter la bague à Elisa-beth ; mais le comte de Notingham ,son ennemi , empêcha qu’elle nefût rendue. La reine attendoit ,dit-on, l’anneau fatal avec la plusvive impatience : ne le recevantpoint, elle se crut méprisée , &signa Tordre de l’exécution. Enfinla comtesse de Notingham , déchi-rée de remords dans une maladiemortelle, lui avoua tout , Eli{abeth,furieuse & inconsolable, se livrad’abord à Temportement de la co-lère , ensuite à l’amertume du cha-grin. Sa profonde mélancolie lui