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Tome III.
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û jaloux de sa fécondité, qu’aufsi*tôt qu’il voyoit p-roitre quelquenouveau livre d 'Epicure , il en com-pofoic un autre , pour n’ètre pointsurpassé par le nombre des com-positions ; mais l’un ttroit tout deson propre tonds , & l’autre nefaisoìt q u’entasser ce que les au-tres avoient dit avant lui. Epicuredonna beaucoup de covrs au sys-tème des atomes. 11 n’en étoit pasl’inventeur : cette gloire appartienten partie à Leucìppe , & en partieà Dcmocrite, Le principe fondamen-tal de ce système de physique,t toit, que rien n’a pu sertir dunéant , & que rien n’y peut ren-trer. II n’admettoit que deux êtres ,tous deux nécessaires , éternels,infinis - , le vide, c’est-à-dire unespace pénctrable à tous les corps ,Lt un amas de petits corps indi-visibles , quoique étendus , simples& diversement figurés , qui, parleur pesanteur naturelle, se pré-cipitoient dans le vide , & s’y mê-loient. Comme leur mélange au-roit été impossible, s’ils fussenttombés en lignes perpendiculaires ,il leur supposoit un mouvementde déclinaison qui leur faisoìt dé-crire des lignes courbes. Par lemoyen de ce mouvement, ils secroisoient & s’entrechoqueient di-versement , suivant la variété deleurs figures. Des combinaisonsfans nombre de ces atomes , rc-sultoient des corps de toute es-pece. Et quoiqu’en eux-mêmes ilsn’eussent rien d’effentiel que la fi-gure & la pesanteur, leur mélangeproduisoit dans les corps des qua-lités sensibles , telles que la cou-leur , le son, l’odeur & routesles modifications qui distinguentles êtres matériels. Ainsi , le con-cours de ces atomes éternels avoirtour fait éclore , & tout se de-truisoit par leur désunion. De làlei mondes innombrables, ouvra-

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ges d’un hasard aveugle , qui naííVsoient & périffoient sans cesse. Ldmonde a commencé , il doit finir ;& de ses débris il s’en formera unautre. II s’ensuivoit de ce système,qu’-.l n’y avoir point de distinctionentre l’espece humaine & toutes lesautres.L hommen’éroitdoncqu’uneportion de matière que le hasardavoir organisée. Son ame n’etoitdistinguée du corps qu’en ce qu’elleéroit composée d’atômes plus dé-liés. L’esprit étoit par conséquentcorporel & dans une entiere dé-pendance des sens, seuls juges detous les objets , & dont le rap-port étoit le seul moyen de dé-couvrir la vérité. Mais les corpsn’agiffoient pas immédiatement furles sens. Si ne les frappoient quepar des images intermédiaires, qui,se détachant continuellement descorps, voltigeoient dans Pair, Yconservoient leurs formes & jus"qu’au moindre trait des corps dontelles étoient des émanations. De laEpicure concluoit que nos sens nefont que des cspeces de réservoirs oules images des objets s’introduisefltsans notre participation ; que Pam®en est frappée même pendant 1®sommeil, d’où lui vient le sent 1 "ment qu’elle partage avec la m a "titre dont elle remue les organes-Ces différentes opinions ttouve-rent beaucoup de contradicteurs,& Cicéron dit : In phypeis Kpicnrustoius nlienus cft : » Epicure n’en tend

» rien en physique». Huant àmorale, on divisa les partisan*á'ípicure en deux classes , les R’~gides & les Relâchés. La différenceétoit auísi grande entr’eux, qu’en"tre un vrai sage , & un fou q u *en usurpe le nom. Les Epicurienslibertins expliquoicnt trè--mal esentiments d'Epicure , & en faisoien^le précepteur du vice & ch? I 3 . ebauchc. Les véritables Epicurienn’admettcient aucun bonheur í“ n