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Tome III.
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la venu , & croyoient, commelui, que le iuste seul peut vivresans trouble. Les uns & les au-tres disoientque le plaisir RENDheureux; proposition équivoque,qui mit aux prises dans le der-nier siécle Arnauld & Malebrar.chc.Ce n’est donc qu’en déterminantle sens que les disciples d’E pícure& Epicure Jui-même attachoient àcette proposition , qu on peut lesabsoudre ou les condamner. IIfaut avouer cependant que par-tout où l'Epicurisme pénétra , soitqu’ií fût mal interprété , soit qu ilentrât dans des têtes mal disposées,OU dans des coeurs corrompus , ilfît beaucoup de mal. Cette doc-trine ayant passé d’ Ather.es à Rome,

& ayant été adoptée par les gensde lettres & par les hommes d e-tat, lorsque Lucrèce l’eut mise enbeaux vers, elle gâta l’esprit &le cœur des Romains, ainsi que1 observe Montesquieu. Elle étei-gnit parmi eux le courage , l’a-mour de la patrie, la grandeurd’ame. Le vil intérêt, la soif del’or, le luxe, la débauche péné-trèrent à sa suite dans tons les or-dres de la république. Aussi Fa-bridus ayant entendu Cyneas dis-courir en plein sénat sur la moraled’£p;eiíre, demandoit aux Dieux,que tous les ennemis de Rome pus.sent adopter ses principes. L'Epicu-risme contribua certainement à ladécadence deV’empire; mais, né-gligé ou ignoré dans les siéclesde barbarie , il ne put faire ni bienmal. 11 ne sortit de L’oubli quedans le dernier siecle, par les foinscélébré Gassendi , qui, inter-prétant les sentiments A’Epicured une maniéré favorable , illustra^ doctrine du philosophe Grec par■no £critS ®c par ses mœurs. 11 eutj, Ur difcip\ es s Chapelle , Molière ,tmier y qui adoptèrent un. Epieu. -

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risme plus commode que celui deleur maître. Leurs exemples & leursleçons soumirent à la philosophieA'Epi cure plusieurs hommes dïstin—ornés nui unilToient Théroïsme

gués , qui unissoientavec la mollesse, & le goût de laphilosophie avec celui du plaisir.Ces hommes singuliers formerentdifférentes écoles d’E-

parmi nouspicurisme moral ou littéraire. Laplus ancienne tenoit ses assembléesdans la maison de Ninon de Len-clos. C'est là que cette nouvelleLeontium raffembloit tout ce quela cour 8t la ville avoient d'hom-mes polis , éclairés 8t voluptueux.La comtesse de la Su^e, h- com-tesse d 'Olonne, Saint - Ev-emont ,qui porta l'Epicurisme à Londres( où il eut pour disciple; le fameuxcomte de Gramont , le p o'è.e TFal-Icr, la duchesse de Malaria ), sontles noms les plus célébrés de cetteécole..,. A celle-ci succéda celle duTemple, qui compta au nombrede ceux qui la composoient, lesprinces de Vendôme, Chaulicu, lechevalier de Bouillon , le marquisde la Fart, Rousseau, l’abbé Cour-tin , Campijiron , la Fosse , Pala-prat, le baron de Prétend , persde l'illustre marquise du Chafielet,Ferrand , Périgni, le marquis deDangeau , le duc de Nerers , le ma-réchal de Catinat , le comte deFiefque , &c. &c. L’école de Sceaux,plus décente que colle du Tem-ple , rassembla tout ce qui restoitde ces sectateurs du luxe, de lapolitesse & des lettres. Malcsieu ,l’abbé Genefl , la Mothe , Fontenelle ,Voltaire » donnerent de l’éclat àcecasile de la philosophie & des beauxarts.... Devons-nous parler d’unepetite société épicurienne, moinsfastueuse , mais auffi délicate queles deux précédentes , qui se for-ma vers 1730? Moitié littéraire,moitié bachique , elle réuniffoit

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