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& sous les agréments de la fable,cachoient des moralités utiles &des leçons importantes. Le bruitde fa sagesse se répandit dans laGrece & dans les pays circonvoi-íìns. Crésus , roi de Lydie, l’appelaà fa cour , & se l’attacha par desbienfaits pour le reste de fa vie.Ejope s’y trouva avec Salon , n’ybrilla pas moins que lui, & y plutdavantage. Solon, austere au milieud’une cour corrompue, philosopheavec des courtisans, choqua Crésuspar une morale importune : il futrenvoyé. Esope, qui connoiffoitn fond les hommes & les grands ,lui dit : Solon , n’approchons pointtics Rois , ou difons-leur des chosesagréables. -+■ Point du tout , réponditle sévere philosophe , ne leur disonsrien , ou difons-leur de bonnes choses...Esope quitta, de temps en temps lacour de Lydie pour voyager dansla Grece. Athènes venoit d’êtremise en esclavage par le tyranPyfijlratt, & ne supportoit le jougque fort impatiemment. Le fabu-liste , témoin des murmures desAthéniens , leur raconta la fabledes Grenouilles qui demanderent unroi à Jupiter. Esope parcourut laPerse , l’Egypte , 8t sema par-toutson ingénieuse morale. Les rois deBabylone 8c de Memphis se firentun honneur de l’accueillir d’unemaniéré distinguée. De retour à lacour de Crésus , ce prince l’en-vova à Delphes pour y sacrifier àApollon. 11 déplut aux Delphienspar ses reproches, & sur-tout parsa fable des Bâtons flottants , qui deloin paroiffent quelque chose, 8cqui de près ne font rien. Cettecomparaison injurieuse les irritatellement, qu’ils le précipitèrentd un rocher. Esope > tout philoso-'v 15 qu’il étoit, ne savoir pas que,S 1 // iut m énager les rois , il faut1 ne pas choquer les peuples,oute la Grece prit part à cette
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mort-, Athènes rendit hommage aumérite de l’esclave Phrygien , enlui élevant une statue magnifique.
On rapporte une réponse fort sen-sée A’Esope à Ckilon , l’un des septsages de la Grece. Ce philosophedemandoit au fabuliste, quelle étoitl’occupation de Jupiter : — d’abaif-fer les choses élevées , (lui réponditEsope) & d'élever les choses basses .Cette réponse est l’abrégé de la viehumaine, & le tableau en petit dece qui arrive aux hommes 8c auxempires... Le moine Planudcs , au-teur d’unmauvais roman fur Esope,le peint avec les traits les plusdifformes ; il lui refuse même lelibre usage de ia parole. Le savaneMesiriac a affez bien prouvé, dansla Vie qu’il a donnée de ce philo-sophe , que ce portrait n’est pointcelui qu’ont fait les anciens, denotre fabuliste. Plamtdes auroitbien pu le copier fur luá-même:on aime à fe consoler par desexemples illustres. C’est à ce moineGrec que nous devons le recueildes Eables d’EJope, tel que nousPavons. II est clair qu’il a entafféfous le nom du fabuliste Phrygien,beaucoup d’Apologues plusanciensou plus modernes que les siens.Les meilleures éditions font cellesde Plantin , 1565 , in - 26 ; desAides, avec d’autres fabulistes,1505 , in-fol. 8c Francfort 1610,in-8° ; enfin d’Oxford 1718 , m-8°.Esope avoir écrit ses Fables enprose. Socrate en mit quelques-unesen vers pendant fa prison ; maiscette v erfion n’est pas v en ue ju squ'ànous. Ce philosophe saisoit ungrand cas des productions de l’es-clave de Xanthus. Platon , sondisciple , qui a banni de sa répu-blique Homère & les autres poètes,comme les corrupteurs du genrehumain , y admet Esope commeleur précepteur. Quelques - unscroient que Lacbnun , fi célébré