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que ses Prophéties font fort obscu-res , sur-tout su commencement &à la fin. C’est sans cloute la raisonpour laquelle les Juifs ne vouloientpas qu’on les lût avant l’âge de 30ans. Elles font au nombre de xxn,& disposées suivant l’ordre destemps qu’il les a eues. Prado &Villalpande, Jésuites, ont fait delongs & savants commentairespour les éclaircir. Son style, sui-vant St Jérôme , tient un milieuentre l’éloquent & le grossier. II estrempli de sentences, de comparai-sons, de visions énigmatiques. Ceprophète paroît très-versé dans leschoses profanes.
II. EZÉCHIEL, Juif, poèteGrec, floristoit après le milieu dul' r liecle de stère Chrétienne; ouselon Huet, un liecle, & selon Sixtede Sienne , 40 ans avant J. C. D’uneTragédie qu’il avoit faite fur la sor-tie des Hébreux hors de l’Egypte, ilne reste plus que des fragments, queFrédéric M or cl a traduits en prose &envers latins. Ils parurent à Paris ,en 1598, in-8°. On les trouve aussidans le Corpus Poetarum Gratcorum,Genève, 1606 & 1614, 2vol.in-f°.
EZZELIN ou Ecelin , tyranoriginaire d’Allemagne , mais né àOnéra dans la Marche Trévisane enItalie, se montra si pervers dès sonenfance , qu’on disoit de son tempsqu il avoit été engendré par le démon.Après avoir été quelque temps à latête des Gibelins, il quitta ce partipour régner despotiquement surVérone , Padoue & sur quelquesautres villes d’Italie dont il s’étoitemparé. Les papes Grégoire IX,Innocent IF & Alexandre IV , lan-cèrent inutilement fur ce scélératles foudres du Vatican. On prêchala croisade contre lui. Toutes lesvilles de la Marche Trévisane, &les princes de Lombardie, se liguè-rent pour en délivrer l’Italie. II futfris devant Milan qu’il alloit atta-
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quer. On le mena à Socino, oà îímourut désespéré en 1259, aprèsavoir exercé pendant 40 ans la ty-rannie la plus barbare & la plusodieuse. La ville de Padoue ayanttenté plusieurs fois de secouer I ejoug, Et^elin fit mourir plus d’onz®mille citoyens de toute condition.Ce monstre étoit superstitieux,malgré sa cruauté : il n’entrepre-noit rien, fans avoir consulté qua-tre astrologues. II avoit mis dansson parti le frété Jean de Vicence ,Dominicain , célébré enthousiaste »qui se vantoit dans ses sermons deparler familièrement avec J. C., 1 ®Ste Vierge & les Anges, & qui s’at-tribuoit le don des miracles.peuple étoit fi persuadé de ses ver-tus & de ses prodiges, que lorsqu’i}paroiffoit en public, il étoit sui v *d’uneu multitude infinie, avec des
croix, des bannières & des encen-soirs. Grégoire IX, informé de fessuccès , le pria de pacifier les ville*d’Italie , qui étoient en guerre le 5unes contre les autres. II indiqu 3une affemblée générale dans un®plaine auprès de Vérone, & fit juresla paix aux comtes, évêques, pode 1 'tats & députés des villes. Ensuite o<*le déclara maître de Vicence.de I *'rone & de plusieurs autres forte'restes. II commença son adnún"'tration par faire brûler soixa® tehérétiques, hommes & femme*>choisis parmi les personnes les P* u *distinguées. Cet enthousiaste P er V;bientôt son crédit ; il fut ck®^par les Vicentins, & se reot®Bologne , où il mourut dans 1 obcurité. Ce fut lui qui ordonna au ,Padouans d’admettre Enclin p 3 *® 1leurs concitoyens, & qui p ar ’dit M. Lmidi, leur fit présent ^des plus affreux tyrans dont P 3 *l’histoire. Voye^ fa Vie écrite oitalien par le pere Gérard, ’in-8"; Lc traduite en françois p -Fr, Curtaud, Paris, 1 644 » ÌU' 13 ’