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Romain , & de le tenir là derrièreUne tapisserie. Cet ordre est exécu-té ; & dès que Pyrrhus & Fabriciusfurent ensemble , on tire la tapisse-rie , 8c cet animal énorme paroi ttout-à-coup , levant sa trompe surla tête de Fabricius , & jette un criépouvantable. Fabricius se retour-nant tranquillement, sans témoi-gner ni surprise ni crainte , dit àPyrrhus en souriant : Ni votre Orrie m'émut hier , ni votre Eléphant nein étonné aujourd'hui..... Le philoso-phe Cinéas , un des Courtisans duroi d'Epire, soutenoit à la table duprince, & au milieu de la joied’un festin , que le souverain biende l’homme consistoit dans une vie"voluptueuse 8c éloignée des affai-res publiques. II disoit avec plu-fieurs sectateurs d ’Epicure , que laDivinité se suffisant à elle-même ,indifférente par conséquent a cequi se passe ici bas, ne prenoitaucun intérêt aux actions des hom-mes. Vendant que Cinéas parloitencore : O grand Hercule , ( s’écriaFabricius , ) puissent les Samnites &ïyrrhus suivre cette docirine pendantrju'ìls feront la guerre aux Romains !...Pyrrhus -, qui avoit eu d’autres oc-casions de remarquer la sagesse& la prudence d eFabricíus , lui pro-mit qu’après avoir fait fa paix avecles Romains, il lui donneroit lapremiere place parmi ses amis 8ctous ses capitaines , s’il vouloit lesuivre en Epire. « Pyrrhus , ( luirépondit le généreux Romain ,avec safranchiseordinaire ) « vousêtes fans doute un prince illus-tre , un grand guerrier; mais^ vos peuples gémissent dans la^ misete. Quelle témérité de vou-^ loir me mener en Epire ! Dou-tez-vous q ue ( bientôt rangéslo \is ma loi, vos peuples nePréférassent P exemption des tri-ots aux surcharges des impôts,** sûreté à Vincertitude de
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» leurs possessions ? Aujourd’hui» votre favori, demain je serois» votre maître ». ( Voy. aussi l’ar-ticleEpiCURE, vers le milieu.) Fa-bricius fut censeur l’an 277 avantJ. C , avec Emìlius Papus , liommaaussi austere que lui. Le premieravoit pour toute argenterie unepetite saliere dont le pied n’étoitque de corne ; l’autre , un petitplat pour présenter ses offrandesaux Dieux. Les deux censeurs cas-sèrent de concert un sénateur nom-mé Cornélius Rujinus , qui avoit étédeux fois consul 8c dictateur , par-ce qu’il avoit chez lui dix livresd’argent en vaisselle de table. « Ad-» mire qui voudra, dit St Evremotit,» la pauvreté de Fabricius -, je loue» fa prudence, 8c le trouve fort» avisé de n’avoir eu qu’une fa-» liere d’argent pour fe donner le» crédit de chasser du sénat un» homme qui avoit été deux fois» consul, qui avoit triomphé, qui» avoit été dictateur». Ouoi qu’ilen soit de cette réflexion, & desmotifs de Fabricius , cet illustre Ro-main vécut 8c mourut pauvre. IIfe nourrisson des herbes qu’il cul-ttvoit lui-même. II n’avoit jamaisvoulu se servir de vaisselle d’ar-gent. Le sénat fut obligé de marierses filles aux dépens du public.
II. FABRICIUS-Veïento , au-teur Latin fous Néron , vers l’an49 de J. C,, fit des libelles diffa-matoires contre les sénateurs & lespontifes . 8c fut chassé d’Italiepourses crimes. Tacite remarque , que ceFabricius étant préteur, attelpit deschiens aux chariots , au lieu de che-vaux. Ses livres surent brûlés parordre de Néron , comme des satyresatroces.
III. FABRICIUS, ou le FÊvrf. ,-(François) né à Duren, dans leduché de Juliers , fut principal ducollege de Dusseldorp au duché deCleves , & mourut en 1573 dansse