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Tome III.
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Chez les PP. de l’Oratoire, qu’ìl quit-ta 18 mois après par dégoût. La Fon-taine ignoroit encote à 22 ans sestalents singuliers pour la poésie. Onlut devant lui la belle Ode de Mal-herbe fur l’aiTaffinat de Henri IV,& dès ce moment, il fe reconnutPoète. Un de ses parents, ayant vuses premiers essais, l’encouragea ,& lui fit lire les meilleurs auteurs,anciens & modernes, françois &étrangers. Rabelais , Marot, A’ifrséfirent ses délices : l’un par ses plai-santeries , le second par sa naïveté,Pautre par f es images champêtres.I-’esprit de simplicité, de candeur,de naïveté, qui lui plaisoit tantdans ces écrivains, caractérisa bien-tôt ses ouvrages, & le caractérisoitlui-même. Jamais auteur ne s'estpieux peint dans ses livres. Doux,ingénu, naturel, sincere, crédule,facile, timide, fans ambition, fansfiel, prenant tout en bonne part;il étoit, dit un homme d’esprit,aussi simple que les héros de sesFables. C’étoit un véritable enfant,mais un enfant fans malice. II par-loir peu & parloir mal, à moinsqu’il ne se trouvât avec des amis in-times, ou que la conversation netoulât sur quelque sujet qui pûtéchauffer son génie. Avec un telcaractère, il paroiffcit peu fait pourie joug du mariage ; il se laíffaPourtant marier. On lui fit épousers? ar ‘ e Héricari , fille d une figure, d’un caractère qui lui gagnoientles cœurs, & d’un esprit qui la ren-doit estimable aux yeux même des °n mari. La Fontaine ne lui ttou-Vo >t point cette humeur difficile,tant d’auteurs fe font plu á luiPrêter : il ne composoit aucun ou-j^rage, q u qi ne i a consultât; maiston goût pour la capitale, & sonel ° l gnement pour tout ce qui sen-tott l a gêne , l’arracherentd’auprès_ < ' | i e - ï-a duchesse de Bouillon,

exilée

Château - Thierry , avoir

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connu la Fontaine , Sc lui avoir mê-me sdit-on ) fait faire ses premiersContes. Rappelée à Paris, elle ymena le poète. La Fontaine avoirun de ses parents auprès de Fouc-quet. La maison du surintendant luifut ouverte , & il en obtint unepension, pour laquelle il faisoit àchaque quartier une quittance poé-tique. Après la disgrâce de sonbien-faicteur (dont le poète reconnois-sant déplora les malheurs dans uneElégie touchante), la Fontaine entraen qualité de gentilhomme chezla célébré Henriette d’Angleterre ,i re femme de glonsicur. La mortlui ayant enlevé cette princesse, iltrouva de généreux protecteursdans M. le Prince, dans le princede Conti , le duc de Vendôme & leduc de Bourgogne-, & des protec-trices dans les duchesses de Bouil-lon , d e.Ma\arin, & dans l’ingénieu-se la Sabliers , qui l’appeloit son sa-blier : celle-ci le retira chez elle,& prit soin de sa fortune. On a re-marqué que Louis XIV ne fit pastomber ses bienfaits {ut la Fontaine,comme sur les autres génies qui il-lustrèrent son régné. Ce prince negoûtoit pas assez le genre dans le-quel ce conteur charmant excella :il traitoit les Fables de la Fontaineà-peu-près comme les tableaux deTeniers, La Fontaine , par ses distrac-tions continuelles , par l'on extrê-me simplicité , réjouissoit ses amis;mais il ne pouvoit gueres plaire à.un homme tel que Louis XIV. IIse soucioit d’ailleurs assez peu dese produire à la cour.il étoit atta-ché à Paris par les agréments de lasociété, & par ses liaisons avec lesplus beaux esprits de son siécle. IIalloit néanmoins tous les ans aumois de septembre rendre visite àsa femme. A chaque voyage, ilven-doit une portion de son bien , sanss’embarrasser de veiller fur ce quilui restoit. IIne passa jamais de baijj