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Tome III.
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de maison, & il ne renouvela ja-mais celui d’une ferme. Cette apa-thie, qui coûtoit tant d efforts auxanciens philosophes, il l’avoit fanseffort. Elle influoit fur toute faconduite, &le rendoit quelquefoisii sensible mêmeauxinjuresdel air.1 U idame de Bouillon allant un ma-tin à Versailles, le vit rêvant souslin arbre du cours : le soir en reve-nant, elle le trouva dans le mêmeendroit & dans la même attitude,quoiqu’il fît assez froid, & qu’ileût plu toute la journée. II avoirquelquefois des distractions qui luiôtoient la mémoire ; il en avoird’autresqui luiôtoient lejugement.H loua beaucoup uu jeune hommequ'il trouva dans une assemblée :— Eh ! c'est votre fils , lui dit-on ;il répondit froidement : Ah f j’enfuis bien aise... II avoir fait un Con-te , dans lequel conduit pansa ma-tière, il mettoit en la bouche d'unmoine une allusion fort indécenteà ces paroles de l’E vangile : Domi-jv t :, quinque talenta tradidifti mihi ,trc... &, par un tour d imaginationdont la Fontaine seul pouvoir êtrecapable , il savoir dédié au docteurAtnauli. II fallut que Racine & Boi-Itau lui fissent sentir combien ladédicace d'un conte licencieux àlin homme grave, & à un hommetel qu 'Arnauld, choquoit le bonsens... Un jour que notre poète dî-noit avec Boileau , Molière & deuxou trois autres de ses amis » il sou-tenoit contre Molière , que les àfarte du théâtre font contre le bonsens. « Est il possible (disoit-il)» qu’on entende des loges les plus« éloignées ce que dit un acteur ,-1 & que celui qui est à ses côtés nesi l’entendepasu? Après avoir sou-tenu son opinion, il se plongeadans fa rêverie ordinaire. 11 fautavouer (dit tout haut Boileau ) quela Fontaine eft un grand coquin-, &ípptmua fur ec ton, fans que le rê-

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veur s’en apperçût. Tout le mondeéclata de rire. Enfin, on le tira deson assoupissement, & on lui ditqu’il devoir moins condamner lesà parte que les autres, puisqu’ilétoit le seul de la compagnie quin’avoit rien entendu de tout cequ’on venoit de dire si près de lui,& contre lui-même. ( Voy. FuRE-TIEKE ). On pourroit citer plu-sieurs autres traits non moins sin-guliers -, mais quelques-uns sontfaux ou exagérés, & les autres setrouvent par-tout. L’espece de stu-pidité que cet homme de génieavoir dans son air, dans son main-tien & dans fa conversation, fitdire à M a d- de la Sablière, un jourqu’elle avoir congédié tous ses do-mestiques : Je n'ai gardé avec motque mes trois bêtes , mon chien , mortchat, & la Fontaine. Cette illustrebienfaictrice du poëte-enfant étantmorte , la duchesse de Malaria ,Saint - Evremont & quelques set'gneurs Anglots voulurent l’attirefen Angleterre ; mais les bienfait*du duc de Bourgogne le retinrenten France, la Fontaine avoir tou-jours vécu dans une grande indo-lence fur la religion, comme su*tout le reste. Une maladie qu’il eu*sur la fin de 1691 , le fit rentre*en lui-même. L’abbé Poujet, depuj*prêtre de l’Oratoire, & alors vicai*re de St-Roch, alla le voir, & ^tomber la conversation sur des m a 'tieres de religion. t< La Fontaiaf>5 -dit Niceron ) qui n’avoit jamUj*5, été impie par principe , lu*

5, avec cette naïveté qui lui etoj55 naturelle : Je me fuis mis, dep u,í55 quelque temps, à lire le Nouveau5, Testament. Je vous assure que c ep35 un fort bon livre ; oui , par ma J° l5, c'est un bon livre . Mais il J a u5 , article fur lequel je m fuis pas rE ^5, du : c'est celui de l*éternité des„ nés. Je ne comprends pas comm3> cette éternité peut s açcpritr a