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Tome III.
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qui l’a emporté ; Voilà, dit tran-quillement ce prince , voilà monprécurseur. Le prince royal, actuel-lement roi, s’empressa , au retourde ses revues , d’aller présenter àson oncle des notes fur tout ce qu’ilavoit vu. II baisa les mains deFrédéric, qui lui dit avec attendris-sement : Je voue J'ais bien attendre ;mais je souhaite que vous faspe\ autantattendre votre successeur. Puis regar-dant le prince avec plus d’intcrêcencore , il ajouta : Vous ne sere\jamais mon maître ; mais , dans peu ,rous sere\ mon égal. Son médecinlui ayant témoigné le regret devoirque son avt eût si peu de ressourcescontre ses maux ; C s sjl moi qui aitort , dit le monarque, & non lamédecine ; mon corps cfl. usé , ìlsautque jc finisse , & je ne me plains nide vous, ni d'elle. Ses habillements,qu’il varioit peu , étoient fort sim-ples : il s’habilloit le matin en selevant -, St cette toilette précipitée,qui ne prenoitque peu de minutes,lui servoit pour le reste du jour.Tous ses moments , depuis cinqheures du matin jusqu’à dix heuresdu soir, étoient régulièrement &uniformément remplis par les affai-res , les belles-lettres & les arts.Son premier foin étoit de lire , lematin , tous les papiers qui luiétoient adressés de toutes les partiesde ses états ; car le moindre de sessujets pouvoit lui écrire Sc compterfur une réponse. Chaque requête,chaque proposition à faire, chaquegrâce à demander , dévoient êtrepar écrit. Un simple mot, mis à lamarge avec un crayon , indiquoitla réponse qui devoir être faite parses secrétaires. Cette méthode ,plus expéditive que la discussionverbale , donnoit au roi le tempsd’examiner plus d’affaires & depeser la justice des grâces à accor-der ou à refuser : aussi, étoit-ilmoins surpris par ses ministres ou

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par les courtisans que d’autre*princes ; & rarement accordoit-ilce qu’il auroit fallu refuser. Versles onze heures , le roi en bottes,(car il ne les quittoit jamais) faiseurdans son jardin la revue de sonrégiment des gardes , & à la mêmeheure, tous les colonels en saisissentautant dans toutes les provinces.II dînoit précisément à midi, 8tinvitoit ordinairement huit ou neufofficiers. A table, il n’y avoit pointd’étiquette ; il vouloir que tout lemonde y parût avec égalité , afinque la conversation fût plus libre:liberté inconn. aux festins royaux,& que les convives du roi de Prusseo soient peu goûter , quoiqu’iltâchât de les y encourager par desplaisanteries & des bons - mots.Deux heures après le repas, Frédéricse retiroit seul dans son cabinetpour faire des vers , ou pourcomposer quelque ouvrage delittérature ou de philosophie. L'npetit concert commençoit à sep cheur es ; il y jouoit de la siutteaussi bien que ie meilleur artiste,& faisoit souvent exécuter auxconcertants des pieces de musiquequ’il avoit composées. Le concertétoit suivi d'un souper , où le rotn’admettoit guere que des gens-de-lettres 8t des philosophes, & oùles matières traitées étoient analo-gues au goût du prince & desconvives. Frédéric les traitoit engénéral avec bonté ; & quoiqu’onlui ait reproché ouelques proposdurs & désobligeants à certainslittérateurs, il leur tint plus sou-vent encore des propos honnêtes,encourageants St flatteurs. Ce roi,peint comme un homme si dur purdes gazetiers , 8c qui le fut en effetquelquefois , montra aussi dansplusieurs occasions de l’induigence.Un de ses officiers ayant fait unlibelle atroce contre lui , parcequ’il cherchoit une ressource paf-