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des morceaux dont quelques tinsferoient honneur à un bon poète.Mais c’est fur tout dans son PoèmeJur l’Art de la Guerre , qu’il fautchercher principalement son génie.On voit qu'ii poiïede à fond samatière, £c que s’il ne l'orne pastoujours, il la rend intéressante,8c par les exemples qu’il cite, 8cpar les leçons qu’il donne. SesMémoires de Brandebourg font re-marquables par la vérité des faits ,par le coloris des portraits , par lajustesse des réflexions, par la force8c le nerf cu style. On peut faire ,à quelques égards , le même élogede l’ Anti-Machiavel > imprimé sépa-rément in - 8°. Cette réfutationd’un écrivain dangereux est pleined’tsprit, & sur-tout de sentimentsde justice & d’humanité. Elle auroitfait encore plus d’honneur au roide Prusse , fi les malheureusescirconstances de la guerre nc l’a-voient forcé quelquefois à démen-tir des principes établis avec tantde solidité 8c d’éloquence. Nousmettrons encore au nombre de sesOuvrages le Code qui porte sonnom. Ce livre, imprimé en 2 vol.in- 12 , est un corps de droit, fondéfur la raison 8c sur la constitutiondes états pour lesquels il a été fait.Frédéric, en prenant ce que le droitRomain a de bon , l’a disposé dansUn ordre naturel ; a retranché leslots étrangères , abrégé les procé-dures , enlevé des prétextes à lachicane , & a établi pour ses sujetsUn droit certain 8c universel. Aprèsa voir peint dans le roi de Prusseto ut ce qui a éclaté aux yeux dupublic , il doit être permis d’entrerd.ins quelques détails particuliers,que fa réputation 8c la curiositéUniverselle justifient. II étoit d’uaelatlle au - dessous de la moyenne.Son regard annonçoit de la péné-tration & de l’esprit. II avoir desPeux bleux Ôc très-vifs, quoi qu’il
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fit myope. Ses traits, qui étoientagréables dans fa jeunesse , acqué-roient un degré singulier d’expres-fion 8c de vivacité lorsqu’il parloir.Sa figure avoir un peu changé avecl'âge ; 8c son corps ayant essuyé lesassauts de la goutte, les travaux descamps, les études du cabinet, iln’cst pas étonnant que fur le retourde l’âge il fût courbé, & que fatête penchât constamment d’uncôté. Peu de voix étoient aussiagréables 8c aussi sonores dans laconversation que la sienne : ilparloir beaucoup & facilement.Ceux qui I’écoutoient,regrettoientqu’il ne parlât pas davantage.Ayant beaucoup étudié les livresSc les hommes, fes observationsétoient presque toujours justes &souvent brillantes. Lorsque Vol-taire se fut fixé en Prusse, le mo-narque 8c le poète avoient chaquesoir un entretien secret. La poli-tique, la religion, les arts, Icslettres , les progrès de l’esprithumain en étoient l’objet tour-à-tour. Peuples, rois , ministres,femmes en faveur , généraux d’ar-mées , philosophes, poètes, ora-teurs , tout étoit jugé dans cesconversations particulières. Lesarrêts prononcés à ce tribunalétoient consignés dans un mémorialqui fera long- temps un secret pourle public avide 8c curieux. CommeVoltaire , Frédéric avoir la répartievive 8c prompte. On rapporte delui plusieurs réponses pleines defeus & de sel. Une princesse luiprésenta deux sujets ; l’un étoit unjeune homme sage, & dont lestalents pouvoient faire la fortune ;l'autre, un homme mûr, excellentpour le conseil. Le premier n’a pasbesoin de moi, répondit-il , & jc n’aipas bejoin du second. Un de sessecrétaires , aussi âgé que lui, futfrappé d’apoplexie en présence deFrédéric , alors attaqué de la maladie