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Tome III.
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ionner. II professa pendant quel-que temps, avec succès, au coliegede Louis le Grand. Les Peres Jíru-tuoi & Bougeant le dirigèrent dansses études, & lui inspirèrent le goûtde la belle littérature. Quelquesmécontentements Payant obligé desortir des Jésuites en 1739, il aidad’abord Pabbé des Fontaines dansla composition de ses feuilles, &donna ensuite un petit journal,sous le titre de Lettre de Mad‘ laComtejfe , in-12, 1746. Cette com-tesse étoit l’interprete de la raison& du bon goût, & elle s’exprimoitavec autant d’esprit que de sel.Comme la réputation de plusieursbeaux esprits n’étoit pas ménagéedans ces feuilles, ils eurent le cré-dit de les faire supprimer. Elles re-parurent en 1749 , fous un autretitre. C’est au commencement decette année que Fréron publia sesLettres fur quelques Ecrits de ce temps.qui, renfermant une critique aussivive que piquante, ne plurent pasdavantage à un grand nombre d’é-crivains , que celles de la Comtejfe.Elles furent quelquefois interrom-pues; & ce fut presque toujours auregret du public, qui aime à s’a-muser des critiques & de ceux quien font l’objet. Le roi Stanislas,qui aimoit fauteur & qui l’hono-roit de fa protection & de ses pré-sents , s’intéreffa toujours à déga-ger des entraves un ouvrage qu’illtsoit avec plaisir. Après avoir pu-blié 13 vol. de ce journal, fau-teur le fit paroltre, en 1754, fousle titre à*Année Littéraire , & il ena publié régulièrement 8 vol. parannée, à l’exception de 1754, qu’ilif en donna que 7, jusqu’à sa mortarrivée en mars l'jyá, dans fa 57 eannée. Beaucoup d’esprit naturel,de la gaîté, un goût sûr, un tactfin , le talent de présenter les dé-fauts d’un ouvrage avec agrément ;Vattachement aux anciens princi-

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pes ; lé zele contre la fausse phi»losophie , fassectation & le néo-logisme : telles furent les qualitésde ce redoutable journaliste. Dela partialité, une malignité quel-quefois trop marquée, de la pré-cipitation dans les jugements, unediction quelquefois précieuse ,quoique assez pure: tels furent sesdéfauts. II avoir des moeurs dou-ces , & fa société étoit facile & en-jouée; mais le ressentiment des in-justices le rendit quelquefois in-juste. Son ennemi le plus dange-reux & le plus envenimé fut Vol-taire, qui le produisit, en 1760, furle théâtre dans son Ecossaise , pieceremplie de personnalités révoltan-tes, & qui ne cessa de f accablerd’injures. Cependant ce poète cé-lébré le regardoit comme un hom-me de beaucoup de goût. Un sei-gneur de la cour de Turin l’ayanrprié de lui indiquer quelqu’un àParis, avec lcquei il pût prendreune idée de tous les écrits qui pa-roissent en France : Adrejfe\ - vous(lui dit Voltaire ) à ce coquin deFréron ; U n’y a que lui qui puissefaire ce que vous demande j. Ce sei-gneur témoigna beaucoup d’éton-nement. Ma foi, oui, (reprit Vol-taire ) : c ’efl le seul homme qui ait ditgoût', je fuis forcé d'en convenir, quoi-que je ne F aime pas , & que j’aic debonnes raisons pour le détejler. C’estFréron lui même qui rapporte cetteanecdote. Ce journaliste, éleve del’abbé des Fontaines , n’avoit cessédans ses feuilles de représenter Vol-taire. comme un Plagiaire habile ;comme un poète brillant, mais in-férieur aux Corneille , aux Bvlkau ,aux Racine ; comme un historienélégant, mais inexact ; enfin com-me le tyran, plutôt que comme leroi de la littérature. Voltaire fei-gnit long temps d’ignorer les traitsdont on le perçoit. Mais f extraittrès-critique de fa comédie de la

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