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Tome III.
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tiale par un de ses valets-de-cham-bre déguisé. Le pere de Madame detresne le poursuivit vivement ;mais fa famille obtint de M. duTilley , qu’en célébrant le mariagedans les formes, il auroit lieu. Lamésintelligence ne tarda pas à lemettre dans le ménage ; le marquisde Frejne, résolu de fe défaire de fafemme , la conduisit dans l’état deGênes, pour y trouver un vaisseauqui parfit pour Constantinople. IIavoit dessein de l’y embarquer, &de la faire vendre comme esclave :renfermée dans un sérail , on n’eneût plus entendu parler. La mar-quise , qui s’en doutoit, confia sescraintes au voitutier , qui lui pro-cura le moyen de se sauver dansles états du duc de Savoie. Le mar-quis ne tarda pas à la joindre , &ses violences donnerent des protec-teurs à fa femme. Alors il changeade ton , & parvint à persuader de!a droiture de ses intentions. Safemme lui fut remise, à conditiond’en répondre au roi de France &au duc de Savoie, Pour prévenirune demande en séparation, il ima-gina de faire écrire par sa femme 24Lettres , plus libres les unes que lesautres, comme íì elle les eût adres-sées à ses amants ; mais pendant unmoment d’absence de son mari, quiétoit allé parler à quelqu’un , elleen cacha deux feuillets, ce dontson mari ne s’apperqut pas. Reve-nue en France , elle forma fa de-mande en séparation , & l’obtint,par sentence du 17 mars 1675 , &par arrêts des 30 août 1675 & 22août 1682. Gatlen de Comtils a bâtifur cette aventure un Roman en unvol. in-12 , qui a eu du succès,quoique assez mal écrit.

II. FRESNE > ( Jean du ) un desfrerss du savant du Cange , naquitcomme lui à Amiens,Sc fut un avo-cat distingué au parsèment de Paris.On a de lui un Commentaire fur la

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Coutume d 1 Amiens , dans le Coutu-mier de Picardie, 2 vol. in sol. L'estcet habile jurisconsulte qui com-mença le Journal des' Audiences ,continué par d’autres avocats, Pa-ris, 175 5, 7 vol. in-fol.

III. FRESNE , ( Abraham-AlexisQuinault du ) naquit d’une familleattachée au théâtre depuis loag-temps, & qui a fourni d’exccllentssujets à la fcene françoise. Son pereavoit débuté avec succès en 169 5 ,Sc s’étoit retiré en 1717. Dul'resneétoit extrêmement jeune , quandilparut pour la ptemiere fois fur lethéâtre. II débuta le 7 octobre1712, par le rôle à'Qreftc, danscette admirable piece A’Lledre, oùCrcbillon a déployé son génie véri-tablement tragique. Une taille no-ble Sc haute, des yeux éloquents,un organe enchanteur, n’etoientpas les seuls avantages qui contri-buèrent aux succès & à la gloirede du Frtsne : les leçons de Ponteuil,8 c fa propre intelligence , acheve-rent de perfectionner en lui ce quela nature avoit commencé. Depuisla retraite du célébré Baron , le vraigoût de la déclamation s’étoit ab-solument perdu au théâtre ; duFrefite le rétablit. II étoit, ainsi queBaron ,d’un caractère extrêmementhautain. II disoit modestement, enparlant de lui : On me croît heureux:erreur populaire ! Je préférerois à monétat celui d , un Gentilhomme , quimange tranquillement dou\e mille liv.de rente dans son vieux château... DuFrcsr.e jòuoit le Glorieux d’aprèsnature. Defiouches avoit eu le bonesprit de punir, à la fin de sa piece,le comte de Tufiîeres ; mais le co-médien , qui n’ctoit pas fait , di-soit-ìl, pour être maltraité, contrai-gnit sauteur à gâter le dénoue-ment... II ne tint pas à lui que lechef-d’œuvre d u célébré Piton , laMêtromanie , ( louée, dit un hommed’esprit, par ceux qui ne louent

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