82 COM
Dufreny & Moliere dans leur maniéré depeindre. Parallèle qu’a fait la Bruyère deMoliere avec Térence. L’auteur examineici s’il eft vrai qu’on ne puifl'e plus fairedes comédies de caraâeres.,Utilité de lacomédie morale & décente. Autre divifionde la comédie , relativement aux états.ibid. ( première édition. ) a y b. ( troï-fienie e'dîtion) j66. a, b.
Comédie , ( Art dram.it. ) fa défini-tion. VIII. ( première e'dîtion ) 559. b.( troifieme e'dition ) 567. b. On entendfouvent dire que le but de la comédie eftde tourner en ridicule les folies des hom-mes ; mais cela n’eft vrai ni de la co-médie ancienne , ni de celle d’aujourd'hui.La comédie eft plutôt la repréfentation dece que la vie civile , les caractères, lesmœurs, les aélions , ont d’amufant & de.réjouiffant. Il eft très-rutile fans doute d’ex-pofer les folies des hommes dans leur vraijour ; mais feroit-il moins utile de mettrefous nos yeux des exemples de procédéshonnêtes, des fentimens nobles , de droi-ture , de toutes les vertus civiles, en forteque ces exemples nous touchant, noussttendriflent & fiflènt fur nous uneimpreffion durable ? En conféquence lepremier foin du comique fera d’obferverattentivement les mœurs des hommes detout état, afin de mettre de la vérité & dela force dans les portraits, ibid. ( premièreédition ) ^60. a , b. (troifieme e'dition ) 568.•# , b. 11 fera une étude très - particulièredes hommes ; & pour exciter notre atten-tion , il fera contrafter enfemble les ca-ractères , les devoirs , les pafùons & lesfoliations , &c. Des différentes efpeces decomédies. Une de ces efpeces , c’eft lacomédie de caraâere inépuifable dans lesfujets quelle offre à traiter. Dans ce genrede comédie, il faut faire choix d'œm ac-tion qui place le perfonnage principal dansdes circonftances oppofées à fon caraâere.Il ne faut qu’un feul caraâere principal ,auquel tout le refte foit fubordonné. Leplan d’une telle piece bien conduit, doitinterefler pendant toute la durée de Fac-tion , & les perfonnages fubalternes peu-vent encore y répandre une grande va-d idées, ibid. ( prenùeve édition ) 5 61,4, b. ( troifieme e'dition ) 569, a} Bue
COM
des comédies de caraâere. Seconde cfpece,la comédie des mœurs. Elle met fous lesyeux du Ipectatcur un tableau des ufagesou du genre de vie particulier , que leshommes d’un certain état ou conditionont généralement adoptés. Variété & agré-mens dont elle efc fufceptible. Troifiemeefpece, celle qui s’attacheroit à repréfen-ter une fituation particulière & intéreflante.ibid. (première e'dition ) 562. a, b. ( troi-fieme e'dition ) 57°- a ■> b. La moindre ef-pece de toutes, c’eft la comédie d’intrigue.Elle n’intéreftè que par la fingularité desévénemens & le merveilleux de l’intrigue.Ce genre eft le plus facile de tous : ilexige plus d’imagination que de jugement.En examinant de près le genre de pbéfiedont il s’agit ici, nous trouverons peut-êtreque le prix de la comédie dépend moinsdu fujet, que de la maniéré de le traiter.Il lui faut principalement de la vie, uneame qui penfe & qui ait du fentiment.Or , cette vie fe manifefte par le dialogue,par la maniéré dont les perfonnages.expri-ment ce qui fe palfe en eux , par des im-preffions exactement conformes à la naturedes circonftances. De-là naiffent les prin-cipales réglés que le poète doit fuivre.La première & la plus importante, c’eftque les perfonnages fuivent exactement lanature dans leurs difeours & dans leursaâions. ibid. (première e'dition) s 6 3. a, b.( troifieme e'dition) S 7 1 - b. Chaque dil-cours, chaque mot qui n a pas un rapportfenfible & naturel au caraâere & à lafituation de la perfonne qui parle , blefieun auditeur intelligent : il faut même ,pour fuivre la nature , que Fauteur fur lafeene, s’exprime précifément comme celuiqu’il repréfente a dû s’énoncer. La fécondéréglé à obferver dans la comédie, c’eft quetout y foit inte'refiànt. Ce n’eft pas en imagi-nant quelques feenes épifodiques, qui netiennent point au fujet, ni en donnant auxperfonnages fubalternes des caraâeres bnflefques, pour amufer le fpeâateur P'j rleurs faillies, que l’aâion deviendra inte-reflànte ; mais en mettant fur la feene desperfonnages qui, dans toutes les conjonc-tures & les fituations, fe dift' n g uen . t c ucommun des hommes par leur ration,leur efprit , ou leurs fentimens. ibid.