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[Tome premier. - Tome second.]
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un tableau frappant & nouveau qui l’ar-rête , l’êmeut, le ravit & l’abforbe. ibid.54.3. a, b. L’imagination n’eft que com-me une des caufes fécondés de l’enthou-fiafme. Le tableau que préfente la raifondoit être nouveau , parce qu’il ne s’agitpoint ici d’une opération froide & com-mune de la mémoire. L’émotion qui faifitl’ame à la vue de ce tab'eau eft en propor-tion de fa vivacité, de fes connoiftànces ,de fa délicateflè. 11 eft dans la nature queFamé n’éprouve point de fentiment , fansformer le deftr prompt & vif de l’expri-mer. Il faut donc qu'à l’afped fubit de cetableau frappant, elle cherche à répandreau dehors l’impreftion vive qu’il fait furelle : & de-là toutes ces produirions deF enthoufiafme & du génie qui font autantde monumensde la gloire de notre nation& de l’humanité. Définition de l’enthou-fiafme. ibid. 544. a , b. Connoiftànces &exercices antérieurs qu’il fuppofe. Deuxfortes d’enthoufiafmes auxquels convient ladéfinition précédente ; favoir , celui quiproduit , & celui qui admire. Cette défi-nition pourra ne pas plaire aux efpritsfroids. Objections auxquelles l’auteur s’at-tend de leur part : on a cru jufqu’ici l’en-thoufiafme une efpece de fureur , l’idéereçue , diront-ils, vaut bien la nouvelle;& quand l’ancienne feroitune erreur , queldéfavantage en réfulteroit - il pour les arts?On refroidit l’efprit, on affoiblit le' géniepar ces recherches incertaines des caufes ,&c. L’auteur leur répond , i°. qu’il n’eftpoint d’erreur dans les arts qu’il ne con-vienne de détruire ; 2. 0 . que celle dont ils’agit ici leur eft infiniment préjudiciable ;g 0 , que c’eft applanir les routes que dechercher & d’établir les premiers princi-pes ; 4 0 . que fi les belles produéfions desarts font l’ouvrage de la raifon , cette dé-couverte élévera l’ame de l’artifte ; 5 0 . queles mots d’imagination , de génie , d’ef-prit, de talent, ne fervent qu’à exprimerles différentes opérations de la raifon ;6 °. que fi l’enthoufiafme n’eft dû qu’à larailon comme caufe première , tous lespréjugés nuifibles à la gloire des beauxarts font pour jamais détruits , & lesjartiftes triomphent, ibid. Ç4Ç. a , b. Lesjp uyrages du dernier fie cl e , font regardés

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maintenant , comme des chefs - d’œuvrede la raifon : tel fera le fort de tous cesmonumens glorieux aux arts & à la patrie^qui s’élèvent fous nos yeux. Comment ladéfinition donnée ei-deffus de l’enthou-,fiafme convient an muficien & à l’orateur.Mettre en doute l’enthoufiafme de l'orateur*c’eft vouloir faire douter de l’exiftence del’éloquence même. Sans enthoufiafme pointde création, & fans création les artiftes Scles arts rampent dans la foule des chofescommunes. Faux enthoufiafme , qui abufecelui qui l’éprouve, ibid. 546. 4, b. Il n’eftpoint d’enthoufiafme fans génie & fans ta-lent. L’enthoufiafme plonge les hommesqui en font fufceptibles , dans un oubli pref-que continuel de ce qui eft étranger à leurart ; ce qui rend fouvent leur conduite peureftèmblante avec ce que nous regardonscomme les maniérés d’être adoptées dansla fociété. On rencontre communémentdans les vrais talens , une bonne foi com-me naturelle, unefranchife de caradere,& fur-tout l’antipathie la plus décidéepour tout ce qui a l’air d’intrigue & decabale. Quelle eft la forte de gloire qu’onpeut acquérir par ces derniers moyens.Quelle eft celle qui eft réfervée à l’hom-me de génie. Il eft de la nature de l’en-thoufiafme de fe communiquer & de fbreproduire : exemple tiré de ce qui fe pafliîau théâtre à la repréfentation d’un excel-lent ouvrage. Analogie qui fe trouve en-tre ce que nous pouvons produire , & ceque nous avons acquis, ibid. Î47. 4 , b.Plus l’homme de génie acquiert deconnoifrfances , plus fes momens d’enthoufiafmefont fréquens > & les tableaux que la raifonlui préfehte , hardis, nobles , extraor-dinaires. Moyen de développer , étendre ,nourrir, réchauffer le génie. Effets de l’en-thoufiafme. ibid, 548. a. Foyez, l’articleÉCLECTISME.

Enthoufi.ifme , confidére comme 1 effet

de l'imagination. XVIII. 373- ^ // & c *Caradere de l’état d’enthoufiafme : défautsdont il eft la caufe. XI. 681. 4. Ii fembleque l’artifle devrait concevoir l’enthou-fiafme avec d’autant _ plus de force & defacilité , que fon génie eft moins contraintpar les réglés : cependant il n’en eft pasainfi : exemples. XV. Ç49. 4. Enthoufiafme

poétique,