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donne aux deux termes de cette relationtoute la réalité que la confcience affureau fentiment du moi. Ces objets nous inté-reftentpar les fenfations de plailir & de dou-leur qu’ils nous caufent. ibid. b. Nous cher-chons à nous approcher des uns & à nouséloigner des autres. Les objets abfens en-trent , comme les préfens, dans le fyftêmegénéral de nos defirs , de nos craintes, & desmotifs de nos aâions. Comment fe formecette nouvelle chaîne de rapports par lefquelsles êtres fe lient à la confcience du moi,non-feulement par la perception fimul-tanée , mais par la mémoire. De la per-ception de ces rapports, il fuit que l’hom-me eli forcé de ne plus confondre les êtresmême avec fes fenfations , & qu’il ap-prend à diftinguer les uns des autres lesobjets préfens & les objets abfens. Le moiétant toujours un des termes de ces rap-ports , la réalité de tous les autres nouseft certifiée par la confcience de ce moi.ibid. 562. a , b. Le terme d ’exifience ou depreftnce . fert à exprimer le fondement dela relation qui fe forme entre l’être apper-cevant & l’être apperçu. Nous reconnoif-fons entre nous & les objets abfens quel’imagination nous peint, les mêmes rap-ports de diftance & d'action mutuelle quenous obfervons entre les objets aêhielsde la fenfation. Le fondement de ces rap-ports peut être encore défigné par le nomcommun d 'exifier.ee. Ce n’eft que fur ce fon-dement que tombent véritablement, & lenom d ’exijience , & notre affirmation ,iorfque nous difons qu’une choie exifte.Ce fondement commun ne peut êtreconnu immédiatement, & ne nous eft indi-qué que par les rapports différens qui lefuppofent. La diftinêlion entre les objets& nous une fois reconnue , notre pre-mier mouvement a été de prêter à ces’objets tout ce que la confcience nousrapporte de nous - mêmes ; ibid. 563. a,b. enfiute l’obfervation nous en a fait re-trancher ce que nous leur avions d’abordaccordé de trop. Les relations de diftance& d’aefivité des objets à nous , n’étantpréfentées que par la fenfation elle-même,on ne dut y attacher le concept de l’exif-tence que lorfqu’on reconnut les objetsabfens : ce fut alors que le rapport de fen-Tcmç JIT.
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fation achielle ne fut plus que le figne dela préfence , c’efi-à-dire , d’un cas parti-culier compris fous le concept générald’exiftence. Comment les hommes vin-rent à diftinguer les objets exiftans desobjets fimpiement apparens , & la réalitéde l’illufion. L’illufion une fois conftatée,il fallut féparer la fenfation du conceptde î’exiftence, & même de celui de pré-fence , & ne la regarder plus que commeun figne de l’une & de l’autre qui pour-roit quelquefois tromper, ibid. 564. a , b.L’efprit dut s’accoutumer à féparer tota-lement la fenfation de la notion d’exiften-ce , & il vint même à la f.parer aufli dela notion de préfence ; enforte que lemot prejencc s’étend à tout objet renfer-mé dans les limites où les fens peuventaâuellement appercevoir , foit qu’il foitapperçu ou non. Comment les hommes ontacquis les notions de deftruclion ,de mort,d’anéantiffèment. La mémoire , en nousrappellant l’image des objets pafîes, nousrappelle en même tems le rapport qu’ilsavoient avec nous dans un tems , & nousdifons que ces objets ont été. L’imagi-nation concluant du mouvement paffe &du lieu préfent, de nouveaux rapports dediftance qui ne font pas encore, nous fem-mes forcés de détacher la notion d’exif-tence de tout rapport avec nous , & dene plus confidérer , pour attribuer i’exif-tence aux objets , que leur enchaînementavec le fyftême général des êtres, ibid. 565 -a , b. De la notion de poflibilité , com»ment nous l’acquérons. Différence entrel’exiftence & l’aftnalité. La notion d’exif-tence développée jufqu’ici eft celle qui eftdans l’efprit de la plupart des hommes.Nous ne l’avons pas fuivie jufqu’à ce pointd’abftra&ion où la philofophie l’a portée ;mais pour y parvenir, nous n’avons qu’àfaire quelques pas encore dans la route oùnous venons de marcher. Nous pouvonsétendre cette notion d’exiftence à denouveaux objets en la refiërrant par denouvelles abftrn&ions qui excluent touterelation avec nous de diftance & d’acti-vité. Qui nous a dit qu’il ne peut pas yavoir d’autres fyftëmes dettes qui n’ontpas même entre eux de rapport de diftan-ce, & qui n’exiftent point dans l’efpace ?