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[Tome troisième. - Tome quatrième.]
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Les oppofitions dans nos penfees ne plai-fenc, ni lorfqu elles font trop aifées, niîorfqu’elles font trop recherchées. Unedes chofes qui nous plaît le plus, c’eft lenaïf : pourquoi il eft fr difficile à attraper.La mufique qui fe chante le plus facile-ment eft la plus difficile à compofer. Lebas eft le fublime du peuple : les idées quife préfentent aux gens d’efprit, font ounaïves, ou nobles , ou fublimes. Lorf-qu’une idée nous eft montrée avec des cir-conftances qui l’aggrandifîent, cela nousparoît noble. Réflexions fur les compa-raifons. Ibid. 350. a , b. Noblefte que Mi-chel-Ange donne à tous fes fujets. Autreexemple de noblefte dans un tableau deJules-Romain. Ici finit le fragment de M.de Montefiquieu. ibid. 351. a.

Réflexions fur l’ufiage & fur l’abus de lapbilofiopbie dans les matières de goût. L’ef-prit phiiofophique a mis dans les fciences,des bornes à la manie de tout expliquer :dans les belles-lettres, il a entrepris d’a-nalyfer nos plaifirs & de fou mettre à l’exa-men tout ce qui eft l’objet du goût. Elogede cette hardiefle des nouveaux littéra-teurs. Un des avantages de la phiîofophieappliquée aux matières du goût, eft denous guérir de la fuperftition littéraire ;XVI. 351. b. mais l’analyfe métaphy-üque de ce qui eft l’objet du fentiment,ne peut-elle pas émoufler le plaifir, don-ner des entraves au génie ? Examen deces queftions. Deux fortes de beautés dansles ouvrages de l’art ; les unes frappantes& fublimes, faiftfient également tous lesefprits; les autres plus fines & plus dé-licates , ne font faites que pbur le petitnombre, & font proprement l’objet dugoût. Si le goût n’eft pas arbitraire , ileft donc fondé fur des principes incon-teftables, & il ne doit point y avoir d’ou-vrages de l’art dont on ne puifle jugeren y appliquant ces principes: ainfi l’ef-prit phiiofophique doit nous porter à la dif-euffion : mais cette difeuffion doit avoir unterme, & l’on doit fe borner à un petitnombre d’obfervations incontcftables furnotre maniéré de fentir. Il ne fuffit pasd’avoir l’efprit jufte, l’ame délicate & fen-fible ; il faut ne manquer d’aucun des fensquicompofentle go ût. ibid. 352. a,b.Com-

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mentle vrai philofophe jugera du plaifir quédonne la poéfie ; il n’accordera fur cepoint, ni tout à la nature, ni tout à l’o-pinion ; il ne confondra point le plaifird’habitude avec celui qui eft purementarbitraire & d’opinion U eft des plaifirsqui , n’ayant d’abord éprouvé de notrepart que de l’indifférence , n’en font en-fuite devenus que plus vifs, lorfque l’ef-prit eft parvenu à en démêler tout ce quien fait le prix. Un littérateur philofophene craint pas que le foin de fatisfaire l’o-reille, difpe ife de l’obligation encore plusde penfer. Rien ne lui infpire plus de dé-goût que des idées communes expriméesavec recherche. Parmi les beautés d’ima-ge , celles qu’il préféré , font les beautésde fentiment. Il ne fuffit pas à un phi-lofophe d’avoir tous les fens qui compo-fent le goût ; il eft encore néceftaire quel’exercice des fens n’ait pas été trop con-centré dans un feul objet. Mallebranchene pouvoir lire fans ennui les meilleursvers , quoiqu’on remarque dans fon ftyleles grandes qualités du poète. ibid. 353. a ,b. L’analyfe phiiofophique confifte à fa-voir diftinguer les différentes fources duplaifir que nous fait éprouver tin ouvrage,& à difeerner les endroits dont nous avonsété vraiment affeflés , d’avec ceux qui n’é-toient deftinés qu’à fervir d’ombre ou derepos. Danger d’établir des principes furune impreftion confufe & machinale. Ré-flexions fur la maniéré dont M. de laMotte a prouvé que les vers n’étoient pasefl’entiels aux pièces de théâtre. • Raifonpour laquelle la difpute fur le mérite desanciens ne fera jamais terminée. Autreefpece d’erreur dont le philofophe doit fegarantir : elle confifte à tranfporter auxobjets du goût , des principes vrais eneux-mêmes, mais qui n’ont point d’appli-cation à ces objets, ibtd. 3^4. a , b. C’eftfaire une double.injure aux belles-lettres& à la phiîofophie, que de croire qu’ellespuiftent réciproquement fe nuire ou s’ex-clure. Le véritable efprit phiiofophique eftle plus ferme appui du bon goût. Réfle-xions qui montrent que la difeuffion &l’analyfe ne fauroient émoufler le-fenti-ment ou refroidir le génie dans ceux quipofîèdent d’ailleurs ces précieux dons de