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eft la véritable langue divine , celle dontDieu fe fert pour nous parler. S’il étoitpermis de bazarder quelque conjeduresfur l’origine de la langue hébraïque , nouspenferioris d'après fa pauvreté , qu’ellen’a commencé qu’après les premiers âgesdu monde renouvelle. Le fort des languesa été toujours tel à-peu-près que celuides nations qui les ont parlées. Les coupsde la providence qui ont autrefois frappéla terre, doivent avoir enféveli les languesdans la ruine commune, ibid. 147. a , b.Amfi la langue hébraïque eft tout au plusune des premières qui ait été formée ,lorfque les nations en corps ont commencéà reparoître. Obfervations fur la preuveque les Juifs donnent de l’antériorité _ deleur langage , tirées des noms des premiershommes , dont l’interprétation ne peutfe trouver que chez eux. Il eft fort incer-tain quel nom de peuple la langue hébraï-que a pu porter dans Ion origine. Cettelangue , telle que nous l’avons dans labible , ne doit pas remonter plus d’unfiecle avant les écrits de Moïfe ; le Chal-déen d’Abraham en aura été le principe;il fera enfuite fondu avec le Cananéen:ibid. 148. a, b. la langue de la baffe Egyptea contribué de fon côté à l’alterer & àl’enrichir , ainfi que la tangue Arabe. Peude changemens que l’hébreu avoit éprouvésdepuis Moïfe jufqu’à Daniel Lorfqu’enparlant des Chaldéens , des Cananéens ,des Egyptiens, des Amalécites, des Am-monites j &c. l’écriture nous dit que telou tel peuple parloir un langage inconnu,cela ne peut lignifier qu’une dialeéle diffé-rente , qu’un autre accent & qu’une autreprononciation. Pourquoi le langage d’A-brahatn ou le chaldéen étoit celui de laplupart des contrées de l’Afie. Celle detoutes les dialeétes chaldéennes avec la-quelle la langue d’Abraham a contractéle plus d’affinité , a été fans contredit ladialecte cananéenne ou phénicienne, ibid,149. a , b. La langue deslfraélites, fixéepar les ouvrages de Moïfe , n’a plus étéfujette à aucune variation , comme on levoit par les ouvrages des prophètes qui luiont fuccédé jufqu’i la captivité de Bahy-lone. On croit communément que lesHébreux perdirent l’ufage de leur langue
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durant les 70 années de leur captivité.Un oubli auffi prompt étant peu vraifem-blable , l’auteur penfe qu’ils l’avoient déjàoubliée & négligée long-tems avant cettèépoque. Obfervations fur lefquelles cefentimenteft appuyé, ibid. 150. a> b. Ré-ponfe de l’auteur à la difficulté tirée dece que les prophètes ont écrit , jufqu’autems de la captivité dans la même lan-gue que celle de Moïfe. Si le caraffereparticulier de chaque écrivain ne fe fai-foit connoître dans chaque livre , on pen-feroit que tous ces ouvrages n’ont été qued’un feul tems & d’une feule plume : noteremarquable fur ce fujet, tirée de Leusden.Tous les fages de l’antiquité ont eu foin ,comme les prêtres & les prophètes Hé-breux , de fe fervir dans leurs annales ,d’une langue particulière & facrée. Nou-velles confidérations qui montrent que lalangue de Moïfe a dû fe corrompre parmile peuple Juif avant le tems de fa capti-vité. ibid. l’y!, a, b. Jamais livres n’ontcouru plus de rifques de fe perdre > queles livres facrés , & il n’en eft point furqui la providence ait plus veillé. Ce futvraifemblablement par le feul canal desfavans , des prêtres & des prophètes, quela langue & les ouvrages de Moïfe fefont confervés : ce langage devint poureux un langage facré. En quel tems il eftprobable que la langue de Moïfe a cefféd’ëtre en ufage parmi les Hébreux. L’au-teur obferve que déjà fous les juges , lesnoms propres des Juifs avoient perdu cecaraâere antique, & cette fimplicité desâges antérieurs ; d’où il conclut que lalangue s’étoit déjà altérée. Quelle a été lalangue d’Ifraël après celle de fon Iégifla-teur , & avant le chaldéen d’Efdras & deDaniel, ibid. 1^2. a , b. La langue deBabylone , devenue celle de Judée , futaufiî fujette à de femblables révolutions.Quelle eft aujourd’hui la langue vulgairedes Juifs. Connoiffance qu’ils fe piquentd’acquérir de la langue de Moïle, Com*1 ment ils la parlent. Voyez, 160. b.
IV. Des révolutions de la langue hébraï-que chez, les dfférens peuples ou elle paraîtavoir été' portée par les Phéniciens. C’eft1 du mélange de la langue d’Abfafcamavec celle des Cananéens ©w Phéniciens t