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que s’eft formée celle de Moïfe. LesPhéniciens ont été les mêmes peuples quel’écriture appelle Cananéens. Etymologiedu mot phénicien, ifcid. 153. a, b. H n’y apoint eu de peuples en occident qui aientporté en plus .''endroits leur commerce& leur induftrie. Commerce qu’ils avoientétabli avec l’Europe groffiero & fauvage.Du mélange qui fe fit de leur langage aveccelle de ces contrées, fe forma le grec , lelatin , le celtique , le carthaginois , &c.Rapport du carthaginois avec la langue deMoïfe. La langue grecque , & la latineencore plus , contiennent une abondancefinguliere de mots phéniciens. Le celti-que eft fur-tout une de ces langues aveclefquelles le Phénicien s’eft allié. Plufieursde nos langues vivantes contiennent suffibeaucoup de mots .phéniciens grécifés &atinifés. ihui. 154. a , b. Ce feroit un ou-vrage auffi curieux qu’utile , que les éty-mologies françoifes tirées de la bible. Cequ’on propofe pour le françois , fe peutégalement propofer pour plufieurs autreslangues de l’Europe. Ainfi fe formeroir ledictionnaire raifonné des langues de l’Eu-rope ancienne & moderne. Obfervationfut la maniéré dont il faudrait recher-cher ces étymologies. Divers exemples dela maniéré dont les Européens ontrenverféles fyilabes des mots phéniciens qu’ils ontadoptés. Utilité qu’on tirerait du didion-naire qui vient d’étre propofé. Raifon deplufieurs cérémonies qui fe répétoient troisfois de fuite chez les anciens. Ibid. 155.a , b. La connoiffiance de la langue phé-nicienne fournit l’étymologie de plufieursmots, & l'explication de plufieurs ufagescommuns parmi nous: exemples.
V. Du génie de la langue hébraïque, defon caratlere , de [a grammaire , & de [espropriétés. C’eft une langue pauvre de mots& riche de fens. Elle eft très-fimple parfa pauvreté, & très-compofée par la mul-tiplicité de fes figures & de fes allufions.Elle eft-tres-expreffive & énergique dansles ouvrages où le cœur & 1 imaginationdominent. Il n’y a point de langue pauvre,& même fauvage , qui ne foit vive , tou-chante , & plus fouvent fublime qu’unelangue riche. La langue hébraïque eft lavraie langue de la poéfie, de la prophétie ,
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& de la révélation ; un feu célefte î’animô& la tranfporte. Tout ce qui compofe lesagrémens & les ornemens du langage , &tout ce qui a formé l’éloquence, n’eft dûqu’à la pauvreté des langues primitives, ibid.iy 6 . a, b} La vivacité du génie orientala fore contribué à donner cet é.lat poéti-que à toutes les parties de la bible qui enont été fufceptibles. Mais la didion durécitatif & des annales eft toujours feche ,aride , concile , & cependant pleine derépétitions monotones. Jeux de mots queles anciens fe permettoient dans le récitdes faits hiftoriques. Leurs étymologiespréfentent auffi des jeux de mots , &fouvent ne font point régulièrement tirées.Obfervations fur l’étymologie du nom deMoïïe, en hébreu nufehén. La fréquencedes allufions qui d’aOorda été l’effet de laftéri lité des mots qui obligeoit à lesramener fouvent, eft devenue enfuitepourles orientaux un objet d’agrément, ibid.1 $ 7 - a i b. C eft à cette force d'agrémentque cous les anciens peuples fe font plus ;on les voit chez les gens du peuple, &chez toutes les nations qui fe forment,ou qui ne fe font pas encore livrées à i é-ftuie. La rime que nous avons confervéen’eft: qu’une de ces anciennes confonnancesfamilières aux premiers psuoles donc nosperes l’ont fans doute héritée. Toutes lesnations orientales ont eu ce ftyle familieren allufions, St ceux d’entr’elles qui ontvoulu écrire en langues européennes, n’ontpas manqué de fe dévoiler par-là : exemple.Une remarque effentielle en faveur desauteurs facrés , c’eft qu’ils n’onc jamaisfacrifié la vérité , comme les autres écri-vains orientaux, aux allufions ôc aux autresagrémens de la didion. Entr’autres exem-ples de cette fage retenue , l’auteur citele troifieme chapitre d.- la Genefe , quicontient l'hiftoire de la chû:e de nos pre-miers parens. ibid. 158. a , b. Les écri-vains orientaux avoient par la nature deleur langue , peu d’autres moyens d’ornerleur didion, que ces confonnances St cesallufions dont nous avons parlé. Détailsfur la pauvreté de la langue hébraïque.De cette difette font forties cependantl’emphafe St l’hyperbole. Richeffe de con-jugaifons de cette langue, ibid. ijy.a^b.