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[Tome troisième. - Tome quatrième.]
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tîiefe. Ptaifons qui doivent nous engager ànous en tenir au récit de Moïfe for lamultiplication des langues. Il y a lieu depréfumer que Dieu opéra fubitement dansîa langue primitive des changemens analo-gues à ceux que les caufes naturelles yauroient amenés par la fuite, ibid. 57 *- a >b. Réponfe à cette objection : fi la confu-fion des langues jette la divifion entre leshommes , n’eft- elle pas contraire à la pre-mière intention du créateur & au bonheurde l’humanité ?

Article IH. Andyfe & comparaifon deslanguis. Toutes les âmes humaines , fil’on en croit l’école cartéfienne, font ab-folument de même nature : les différen-ces qu’on y apperçoit tiennent à des cau-fes extérieures. Il en ett à-peu-près demême des corps humains, ibid. $72,. a, b.Ainfi l’auteur diftingue dans les langues ,l’efprit & le corps, les penfées & les fonsarticulés de la voix, pour y démêler cequ’elles ont néceffairement de commun ,& ce qu'elles ont de propre fous chacunde ces deux points de vue , & le mettreen état d'établir des principes raifonnablesfur la génération des langues, lur leurmélange, leur affinité & leur mérite ref-pethf.

$>. I. Toutes les langues» quelquediver-fifi.es qu’elles foient, doivent admettredans les mots la même claffification. Cesmots doivent exprimer les êtres dont lesidées peuvent être les objets de nos penfées,ou les relations générales de ces êtres en-tr’eux. Les mors du prera er genre fontdéclinables : ceux du fécond font indéciinables. Les mots déclinables ont une ligni-fication définie ou indéfinie: les indécli-nables fe divifent en trois efpeces, lesprépoutions , les adverbes & les conjonc-tions. Entre les idées partielles d’une mêmepenfée, il y a une fucceffion fondée lurleurs relations réfultantes du rapport qu’el-les ont toutes à cette penfée. ibid. 573, a ,b. L'auteur donne à cette fucceffion le nomd’ordre analytique. Il n’y a que l’analyfede la penfée qui puifîè être l’objet naturel& immédiat d-- l’image fenfible que la pa-role doit produire uans toutes les langues ;& il n’y a que l’ordre analytique qui puifîerégler l’ordre & la proportion de cette

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image fucceffive & fugitive. L’ordre ana-lytique eft le lien univerfel de la commu-nicabilité de toutes les langues & du com-merce des penfées qui eft l’ame de la fo-ciété. C’eft donc le terme où il faut réduiretoutes les phrafes d’une langue étrangèredans l’intelligence de laquelle on veutfaire des progrès. Il y a donc dans toutesles langues îa lucceffion analytique desidées partielles, & les mêmes efpeces demots. i°. Des différences entre les languespar rapport à l’ordre analytique. Deuxmoyens par lefquels l’ordre analytiquepeut être rendu fenfible dans l’énoncia-tion vocale de la penfée : fource de ladivifion des langues en deux efpeces, leslangues analogues, ibid 574. a, b. & leslangues traufpofitives. Les noms , les pro-noms & les adjfcd'is déclinables dans leslangues tranfpofitives , ne fe déclinentpoint dans les langues analogues. Obferva-tion fur le caradere tranfpofitif de la lan-gue allemande. Diftindion des languestranfpofitives en 'ilbres & en uniformes, ibid.

"J75. a, b. Examen de cette queftion ; lapremière langue que les hommes ont par-lée étoit-elle tranfpofitive ou analogue ?La langue hébraïque, la plus ancienne detoutes celles que nous connoiffons , eft af-treinte à une marche analogue. Les lan-gues modernes qui ont adopté la conftruc-tion analytique, tiennent à la langue pri-mitive de bien plus près que n’y tenoientle grec & le latin. Origine du françois :cette langue , l’efpagnoî & l’anglois, liéspar le ceidque avec l’hébreu. Origine dela langue italienne, ibid. 5 76. a , b. Com-ment cette langue analogue a pu fe for-mer du latin qui eft une langue tranfpo-fitive. Suppofé la conftru&lon analogueufitée dans îa langue primitive, il n’eftplus poffible d’exp iquer l’origine des lan-gues tranfpofitives fans remonter jufqu’ila divifion miraculeufe arrivée à Babel.1°. Des différences dans les mots, fécondcaradere diftindif du génie des langues.Certaines idées ne font exprimées.par au-cun terme dans une langue, q îoiqu’ellesaient dans une autre des fignes propres &très-énergiques. Une autre différence vientde la tournure propre de î’efprit natio-nal de chaque langue, qui fait envifag.ee