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[Tome cinquième. - Tome sixième.]
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& jetter dans la crainte un homme cou-rageux. Les excès des paffions où le poètefait tomber fon héros, tout ce qu’il luifait dire afin de bien perfuader les fpec-tateurs que l’intérêt de ce perfonnage eftdans l’agitation la plus affreufe, ne fercqu’à le dégrader davantage. ib<d. 837. a,b. Examen de la queflion li l’amour eftl’eflence de la tragédie. Les héros de nostragédies doivent être pris dans des temséloignés d’une certaine diftance du nôtre.ibid. 838. a , b. &c.

Tragédie , ( Belles-Lettres , Poéjîe )du principe de la tragédie : ce n’eft pointdans la joie fecrete d’être à l’abri des mauxdont on eft témoin , qu’il confifte, maisdans le plaifir d’être ému & de l’être vi-vement , fans aucun des périls dont nousavertit la douleur. Ce plaifir naît de l’at-trait naturel qui nous porte à exercertoutes nos facultés , & du corps & de l’â-me , c’eft-à-dire , à nous éprouver vivans,intelligens , agiflàns & fenfibles. XXXIII.839, a , b. Le vrai, le grand pathétique.eftcelui de la terreur & de la pitié : ces deux■fentimens ont l’avantage de fuivre le pro-grès des événemens, de croître à mefureque le péril augmente , jufqu’au termede l’adion, Eftence de la tragédie. Dufujer. Deux fyftêmes de tragédie : fyftê-me ancien. Sur le théâtre ancien , le mal-heur du perfonnage intéreftant étoit pref-que toujours l’effet d’une caufe étrangère.ibid. 84,0. a f b. Nous avons vu revivre cegenre de tragédie , avec tout ce qu’il eutjamais de plus touchanr Sa de plus terri-ble. Cependant comme cette fource n’é-toit pas inépuifable , Ôt que de nouvellescirconftances indiqnoient de nouveauxmoyens, le génie à tenté de s’ouvrir uneaune carrière. Syftême moderne. Il con-fifte à préfenter le tableau, non pas descalamités de l’homme e r c!ave de la def-tinée , mais des malheurs & des crimesde l’homme efclave de fes paffions. Sub-divifton des deux fyftêmes. Chez les Grecsil y avoir quatre fortes de tragédies ; l’unepathétique , l’autre morale , & l’une &

! autre fimple ou implexe. Quand les mo-dernes ont employé le fyftême des paflï ons,tantôt ils 1 ont réduit à fa fimpiicité , &tantôt ils font combiné avec celui de la

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deftinée : de là les divers genres de la tra-gédie nouvelle, ibld. 84t. a, b. &c. Avan-tages du fyftême ancien. i°. Il étoit pluspathétique, tbii■ 842. b. 2 0 . Plus facile àmanier, ibid. 843. .»,/». 3Plus favorable! à la grandeur du théâtre des anciens, & àla pompe folemnelle des fpeciacîes qu’ony donnoic. 4 W . Ce fyftème remphfoit mieuxl’objet religieux, politique & moral quel’on fe propofoit alors, ib'd. 844. a , b.Pourquoi les modernes s’en font éloignés.Avantages du nouveau fyftême Le fyftê-me religieux des Grecs ne pouvoir con-venir qu’aux fujets qu’il avoir conf'acrés.Il n’eut donc jamais fallu fo tir de leurhiftoire fabuleufe ; & dans ce cercle , legénie tragique fe fût trouvé trop à l’étroit.ib!d. 845. a, b. Les avantages du nouveaufyftême font, i°. d’êrre plus fécond ; 2°.plus univerfel, puifque le fyftême des paf-fions eft de tous les pays & de tous lesficelés ; 3 0 . plus moral ; ibid. 84 6 . a , b.&c. 4 0 . plus propre à la forme de nosthéâtres ; ibid. 847. b. f°. plus fiifceptibleenfin de tout le charme de la repréfen-tation. ibid. 848. a , b. Des mœurs & descaractères. C’eft une conf quence du fyf-tême ancien, qu’Ariftote ait fubordonnéles mœurs à l’aélion , & ne les ait pasmême regardées comme néceft'aires à latragédie. Mais lorfqu’il a fallu que les hom-mes entr’eux fe fiffent leurs deftins eux-mêmes , leurs cara&eres & leurs mœursont été les reftorts de l’aâion théâtrale-Dans la tragédie il y a deux fortes de ca-rafteres ; les uns dévoués à la haine desfpeâateu rs ; & dans ceux-là le naturel >l’habituel, î’aftuel, tout peut êtrevais ; ils ne fauroient infpirer la pit*^.*quelque malheureux qu’ils foient j m a . lSils infplreront la terreur , foit en fa^ffânt trembler pour l’innocent dont ilsdirent la perte , foit en f.ûfant craindre

de leur reiïèmbier : les quatre raraéfer

auxquels on veut concilier la bienvei. ace & la commifération , doivent avoir ufonds de bonté ; ils peuvent être errny 0 ®.*jamais vicieux ni méchans. Qualités t "fentielles du caraclere intéreftant849. a , b. Les pallions que nous luinons , on nous accufe de les rendre -niables ; & ij eft vrai que nous les P 31 "^, Jg