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en qualité de chrétiens, nous ne fommesquittes de nos dettes qu’après y avoirfarisfait. Obfervons ici que le légiflateurdes Juifs autorifoit future avec les etran-gers , ce qu'ii n’eût certainement pas fait ,là l’ufure eût été condamnée par la loi denature. Ce prêt de lucre étoit permis auxJuifs à l’égard des étrangers, comme prati-queéquitab'e & nécelfaire au foutien de leurcommerce avec eux. Peut-on penfer queDieu eûtautorifé envers l'étranger un procé-dé qui de fa nature eût été inique & barbare ?ibid. 12.8 .a , b. Dieu s’étoit déclaré le pro-tecteur des étrangers qui habicoient aumilieu de fon peuple. Or s’il faut regardercette ufure permife à leur égard commeune pratique injufte & odieufe, il faudraconvenir en même tems qu'en cela Dieul’ervoit bien mal fes protégés. Réfutationdufentiment de ceux qui ont prétendu quele fcenertbisgentlbus multis. Deut. XXVII [.12. n’annonçoit pas un commerce ufurai-re , & qu’il falloir l’entendre des prêtsd’amitié que les Juifs pouvoient faire àdes étrangers, ibid. 129. a, b. Re'ponfe ace qu'on allégué du nouveau tefiament. Ci-tation des pafiages qui paraiiient contrairesà i’ufure. Ces pafiages bien examinés fontun encouragement à la perfeâion évan-gélique , à la douceur, à la patience, àune bientaifance générale , femblable àcelle de notre pere céiefte , mais per-fection à laquelle le commun des hommesne fauroit atteindre. On doit regardercomme précepte , l’amour des ennemisrellraint à une bienveillance affeâueufe;mais cette difpoficion ne nous oblige pasâ leur donner ou prêter de grandes fommesfans difcernement : ce font ici des propo-rtions qui ne font que de confeil, & nulle-ment obligatoires , ibid. 130.4 , b. à moinsqu’on ne prétende que Jefus ~ Chrift, avoulu livrer les bons à la dureté des mé-dians , & ruiner les reflorts de la fociété.Quand Jefus-Chrift fit l’énumération despréceptes au jeune homme qui vouloits’inftruire des voies du falut , il ne lui ditpas un mot de l’ufure. Il n’en dit rien nonplus dans une autre occafïon où il étoitnaturel de s’en expliquer , s’il l’avoit jugéecriminelle ; c’eft lorsqu’il expo'a l’excel-lence de fa morale , 3 'Lttb. V. 33. & 43.
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Obfervarion importante; le feigneur re-garde les prêts ufités entre les pécheurs ,Luc , VI■ 34. comme inutiles pour le fa-lut , mais il ne les déclare point pourcela repréhenfibles. Cet aâe n’eft pas pluscriminel que les bons offices rendus à desamis , à des proches, ou les repas aux-quels nous les invitons. Voyez Matth. V.4 ' 5 . 47. Luc, XIV. 12. Obfervations furces paroles de Jefus - Chrift, peccatorespec-cateribus fœnerantur , ut recipiant aqttalia.Luc VI. 34. ibid. 131. a , b. Raifons quiprouvent que ce prêt des pécheurs , noncondamné du feigneur, étoit lucratifpourle créancier, ibid 132. a , b. Explicationde ces paroles, contenues en S. Luc , VI.Diligite inimicos veftros , benefacité , &nuituum date , nibil inde [perantes , paflàgequ’on allégué contre future , & qu’on en-tend mal. ibid. 133.4, b. &c. Il réfuleede l’explication que l’auteur en donne,qu’il faut , fuivant la morale de Jefus-Chrift, faire du bien autant qu’on le peut,& prêter gratuitement à ceux qui fontdans la peine, même à des ennemis , dequi l’on n’attend pas de reconnoiftànce.Mais il ne fuit pas de-là qu’on manque audevoir de la charité , en prêtant à profitétous ceux qui ne font pas dans la détrefte ,& qui n’empruntent que par des vues d’en-richifTement ou d'élévation, ibid. 134. b .&c. Cette do&rine eft bien confirmée parla pratique des prêts de lucre publique-ment autorifée chez les Juifs au tems deJefus-Chrift. On le voit parle reprocheque le pere de famille fait à fon ferviteur ,de n’avoir pas mis fon argent chez les ban-quiers pour en tirer du moins l’intérêt.Paflage qui fuffiroit tout feul , félon lesobfervations que fait ici l’auteur , pour éta-blir la légitimité del’ufure légale. ibid.itf.b.
Re'ponfe aux pajfages des prophètes & desfaints peres. Il ne faut pas confidérer lesprophètes comme des légifliteurs. La loiétoit publiée avant qu’ils panifient, & ilsn’avoienr pas droit d’y ajouter ; leur droitfe réduifoit à s’appuyer des loix préétablies,pour attaquer des défordres plus communsde leur tems que du nôtre : ce qui eft vraifur-tout du brigandage des ufuriers, ibid.136. a , b- qui exigeoient leurs paiemensavec tant de rigueur, que les emprun-